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BELLÉROPHON

l'extrait de belladone incorporé dans un corps gras, c'est-à-dire sous forme de pommade.

Quand on emploie la belladone comme préservatif de la scarlatine , il convient d'en continuer l'usage pendant neuf ou dix jours.

D r . IUcle.

bellérophon. (Mythologie.) Beilérophon est non pas le nom, mais le surnom d'un héros corinthien, qui s'appelait Hipponoùs ou , selon d'autres, Léophontès. 11 était fils de Glaucus et d'Eurymède,ou, d'après une autre version.de Neptune et d'Eurynome (1), et petit-fils de Sisyphe. Ayant tué un Corinthien illustre appelé Belléros, il fut surnommé le meurtrier de Belléros ( Bellérophon ), et cette appellation par laquelle il fut désigné dans la suite jeta de l'incertitude sur son nom véritable. Selon d'autres traditions pourtant, il aurait tué non Belléros, mais Déliadès, son propre frère, ou Pirène, ou Alcimène (2).

Quelle que fût la victime , le meurtre devait être expié par l'exil, et Bellérophon se retira à Tirynthe, ou peut-être à Argos, auprès de Prœtus. Là il rejeta l'amour d'Antée ou Sthénébéc, femme de Prœtus, et celle-ci s'en vengea en l'accusant faussement d'avoir voulu la séduire, et en demandant sa mort. Prœtus ne voulut pas tremper lui-même ses mains dans le sang de son hôte; mais il l'envoya à son beau-père Jobatès , roi de Lycie , en le chargeant de remettre à celui-ci des tablettes fermées : ces tablettes contenaient la prière, adressée à Jobatès, de faire périr le porteur. Jobatès fit d'abord à l'étranger l'accueil le plus hospitalier; il n'ouvrit les tablettes que le dixième jour après son arrivée. Alors, pour se conformer aux iutentions de son gendre, il envoya Bellérophon combattre la Chimère, monstre affreux qui pprtait partout le ravage et la mort. La Chimère, qu'Homère nous représente avec la tête d'un lion , la queue d'un dragon, le corps d'une chèvre (3), était, selon Hésiode, fille de Typhon et d'Ëchidna. Jobatès espérait que Bellérophon trouverait la mort dans ce combat ; mais son attente fut trompée : le héros tua la Chimère. Il sortit non moins heureusement de deux autres épreuves que lui imposa Jobatès , en l'envoyant combattre les Solymes et eusuite les Amazones. Enfin, en désespoir de cause, le beau-père de Prœtus tendit à son hôte une formidable embûche, et le fit assaillir par une nombreuse troupe de Lyciens ; mais Bellérophon les tua tous. Alors Jobatès vit bien que l'invincible héros était du sang des dieux. Il partagea sa royauté avec lui, et lui donna en mariage sa fille, nommée Philonoé, ou Anti-

(1) Pind., ai.. XIII, 6c - Hyg., F., 157.

(%) Apotlod., Il, 111, 1.

(3) Hom., //., VI, 180ss« j XVI, 358. - Cf, Ov., .V<*< « |X, «p.

BELLÉROPHOrs

clée ou Cassandre. De celte union naquirent I sandre, Hippotociius et Laodamie. Tel est le récit d'Homère , qui finit brusquement cette histoire en ces termes : « Mats comme il était devenu pour les dieux un objet de haine, il errait seul à travers les champs Aléens, dévoraut son propre cœur et fuyant la trace des humains (t). » Plus tard, d'autres traditions vinrent compléter la Table homérique. Ainsi ce fut monte sur Pégase que Bellérophon combattit la Chimère : les dieux, venant à son secours, lui avaient envoyé le cheval ailé. Le héros attacha une masse de plomb à la pointe de sa lance, vola vers la Chimère, et poussa son arme dans la gueule du monstre, qui vomissait des flammes ; ce feu liquéfia le plomb , qui pénétra dans les entrailles de la Chimère et la tua (2). Suivant Pausanias (3), ce Tut Minerve (Athéné Chalinitis) qui dompta Pégase, lui mit un frein, et le donna à Bellérophon; suivant un autre récit, Bellérophon,, ayant tenté vainement de s'emparer de Pégase , demanda conseil au devin Polydorcde Corinthe. Celuici lui ordonna de dormir dans le temple de Minerve. Le héros obéit, et vit en songe Minerve, qui lui dit : « Tu dors, 6 roi descendant d'iEolus. Allons, prends le frein qui dompte les coursiers, et sacrilie un taureau au poil brillant à ton père Neptune, le dompteur de chevaux. » A son réveil, le héros trouva en effet le frein près de lui, et se rendit en toute hâte près du devin , qui lui ordonna de sacrifier a Neptune et d'élever un autel à Minerve Hippia. Cela fait, il rencontra Pégase buvant à la source de Pirène sur l'Acro-Corinthe , lui mit le frein, et s'éJevant dans les airs, il accomplit l'ordre de Jobatès (4). Après ses victoires , Bellérophon devint assez présomptueux pour espérer qu'il parviendrait, à l'aide de Pégase, jusqu'au séjour des dieux. Jupiter, irrité, envoya un taon dont les piqûres rendirent Pégase furieux , et, dans sa fureur, le cheval ailé précipita son cavalier. Celui-ci fut brisé dans sa chute , ou, selon d'autres, aveuglé (5). Plutarque rapporte une tradition entièrement différente de celles qui précèdent. Bellérophon , voyant que les travaux qu'il avait accomplis par l'ordre de Jobatès étaient payés d'ingratitude, s'avança dans la mer, et supplia Neptune de frapper le pays de stérilité. Neptune l'exauça; et quand le héros regagna la terre , une énorme vague se souleva derrière lui , et le suivit submergeant la contrée. Les hommes essayèrent en vain

(1) Hoid.. /*., VI., tW-MO. - Eastath. ad loc.

(5) Tietz., Lvc, 17.

(8) Ed. Clavier, 1. 1, p. m.

(4) I'tnd..O/.,Xll!,6i (90) stq. — Strab., p. 37».

(6) ;Pind., Isthm., VU, u (6*). - Sckol. Ot. t XIII, m.-Hor.,CW., IV, XI,*.

d'arrêter Bellérophon, qui resta sourd a leurs prières ; mais les femmes vinrent le supplier a leur tour ; devant elles il recula , et le flot dévastateur recula avec lui (1).

Devant la ville de Corinthe, dans un bois de cyprès appelé le Cranium, se voyait une enceinte consacrée à Bellérophon (2). Parmi les fontaines de Corinthe, il y en avait une qui représentait Bellérophon monté sur Pégase : l'eau sortait du sabot du cheval (3). Le combat de Bellérophon avec la Chimère était représenté sur le trône d'Esculape à Epidaure (4), sur le trône d'Apollon Amycléen (5) , à l'entrée du temple de Delphes (6). Des médailles, des pierres gravées , des vases représentent encore Bellérophon combattant la Chimère , recevant la commission de Prœtus, mettant un frein à Pégase, traversant les airs sur le cheval ailé , ou enfui tombant de sa périlleuse monture (7). Le mythe de Bellérophon comprend deux parties distinctes. Par la seconde, qui a la Lycie pour théâtre, il lient aux religions de l'Asie, et se rattache au Chrysor ou Chrysaor phénicien. Par la première , dont la scène est à Corinthe , il forme la contre-partie du mythe argien de Persée , avec lequel il a de nombreux points de ressemblance : le meurtre, l'expiation, Pégase, les combats contre les monstres. Aussi peut-on chercher pour les deux mythes des explications analogues, et reconnaître dans Bellérophon, comme dans Persée, la personnification de l'humidité fécondée par l'action bienfaisante du soleil. Tout s'accorde pour le rattacher aux divinités des eaux : sa naissance : il était lils de Neptune ou de Glaucus,deux dieux marins; ses voyages sur Pégase, qui fait jaillir les fontaines en frappaut du pied la terre; Pégase, que son nom place évidemment parmi les symboles des eaux; sa chute, qui pourrait fort bien être une allégorie rappelant les vapeurs qui montent de la terre vers le ciel et retombent condensées ; enfin la tradition rapportée par Plutarque, qui nous montre le vainqueur de la Chimère comme l'auteur des exhalaisons humides, malsaines, corruptrices, qui s'élèvent de la terre. Quant au combat livré à la Chimère, on Fa expliqué en disant qu'il faut entendre par ce monstre une montagne d'où s'échappaient des vapeurs volcaniques, qui en éloignaient les hommes et la laissaient livrée aux bétes féroces, montagne que Bellérophon sut rendre habitable. linlin

(1) Plut., De Mut. Firt.,%. VIII, p. «7*. HoUen. (J) Pau»., 1. 1, p. 886.

(S) Id., 1. 1, p. SU.

(*) Jd., t. I. p. BIS.

(5) ld., t. Il, p. iss.

(6) fiurip., Ion., SOS.

(7) Vos»., Mylh. Br., t. I, p. M cl suiv. - Frtfrct, Me m. de VAcad. de* Inscriptions, t. VU, p. 83 et

BELLÊROPHON

— BFXLONE

la solitude dans laquelle, selon Homère, Bel- . lérophon finit sa triste vie , n'exprime-t-elle pas la décadence où était tombé ce culte, abandonné pour le mythe argien de Persée , empreint d'un caractère moins local et plus largement national (l)?

bellinzonb. ( Géographie et Histoire.) Battiona; en allemand Bellenz. Ville de la confédération Suisse, dans le canton du Tessin. C'est un chef-lieu de district et de cercle, et une des trois capitales alternatives du canton dont elle fait partie. Elle a une population de 1,450 habitants. Cette ville, bâtie sur remplacement que les Romains appelaient Campi Canini, et où 6e trouvait en 580 le château de Bilisio, existait au temps des républiques italiennes, puisque dès 1242 elle était conquise par Otto Visconti , prince milanais. En 1335 elle fut rendue à la famille Rusca de Côme, qui prétendait y avoir des droits. Dans le quinzième siècle elle tut cédée au duc Philippe-Marie Visconti, après la fameuse bataille de Bellinzone, fatale aux confédérés suisses. En 1459 les habitants d'Uri parvinrent à s'emparer de Bellinzone , et la gardèrent pendant quinze ans. En 1499 elle se soumit librement aux cantons d'Uri, de Schwitx et d'Unterwald. Elle passa ensuite entre les mains des Suisses et des Français, et demeura définitivement acquise aux trois cantons après la bataille de Marignan. Jusqu'en 1798 elle fut la résidence d'un bailli, que les cantons y envoyaient tour à tour. Bellinzone, appuyée sur deux collines qui barrent la vallée du Tessin, est la porte qui de la Suisse donne entrée dans l'Italie. On y parle italien. Le district dont elle est le chef-lieu tient déjà de la péninsule par son climat et sa culture : on y récolte des citrons dans quelques anfractuosilés bien abritées, eton y fait jusqu'à deux mois* sons par an. La ville est bâtie sur deux rochers, séparés par le Tessin et par la route du Saint-Gothard à Milan ; des murs descendent, des trois châteaux qui la dominent, jusqu'aux bords du fleuve , et ses trois portes ouvrent ou ferment la communication entre les deux pays. Cette siluatioului donne, même en temps de paix, une certaine importance, grâce au commerce de transit qui passe par le Saint- Gothard, le Luckmanier et le Bernardin, commerce dont elle est nécessairement l'entrepôt. Il s'y tient une foire en automne pour les bestiaux et les chevaux. 11 s'y fait aussi un commerce assez considérable d'acqua cedra, sorle de boisson rafraîchissante faite de sirop de fleur d'oranger et d'écorce d'orange. Bellinzone, avec sa position pittoresque, sa végétation luxuriante, ses rues en arcades,

(i) p'oy. une note de M. A. Maury dans la III* partie du tome III des Religumi d« V Antiquité par Cmuer, traduites, refondues et développée* pas Guigoiaat

ses trois châteaux du quinzième siècle, sa belle église collégiale , où se voient quelques tableaux d'une certaine valeur artistique, offre déjà au touriste qui quitte la Suisse pour l'Italie un avant-goùt de la patrie des arts, dont il entend déjà parler la langue mélodieuse.

On voit près de là , du côté de Molignasco, une digue construite par les Français, sous le règne de François I er , digue qui sert à prévenir les inondations du Tessin , de la Moésa et du Calanchetto.

bellone. ( Mythologie. ) En latin Bellona, en grec Enyo. Déesse de la guerre, qu'Homèrcappelle la destructrice des villes, et qu'il représente comme accompagnant Mars à travers les combats (1). A Thèbes et à Orchomèoe , son culte était lié à ceux de Jupiter, de Déméter et d'Alhéné, dans des fêtes communes appelées Homoloia : ce nom venait de celui d'ilomoloïs, prêtresse de Bellone, douée de la science prophétique, à laquelle le maître des djeux devajt son surnom de Jupiter Homoloïos (2). Il y avait dans le temple de Mars, à Athènes, une statue d'Enyo, qui était l'ouvrage des fils de Praxitèle (3). Dans Hésiode (4), Enyo est nommée au nombre des Grées, filles de Phorcus cl de Céto. Chez les Romains, Bellone était regardée comme la soeur, l'épouse on la fille de Mars. Elle conduisait son char, accompagnée de la Discorde, de la Terreur, de la Fuite; elle excitait ses deux coursiers, Pavor et Formido ( l'effroi et l'épouvante ), soit avec un fouet sanglant, soit avec la pointe de sa lance. Elle était encore représentée tenant un fléau, une verge, une torche, ou sonnant de la trompette (b).

Elle avait à Rome un temple, bâti par Appiifc Claudius Cajcus,et situé près de la porte Carmentale. Là, ses prêtres, Bellonarii, célébraient son culte par des rites sanglants, auxquels des prêtresses prenaient part (6); ces fêtes revenaient à certain jour, qu'on appelait jour du sang, dies sanguinis. Les prêtres de Bellone, choisis parmi les gladiateurs (7), étaient peu considérés à Rome; mais il n'en était pas de même dans certaines province, et notamment en Cappadoce, où ils exerçaient une autorité presque souveraine (8).

Le temple de Bellone à Rome servait à certains usages spéciaux. C'était là que le sénat s'assemblait dans quelques circons-

(1) W., V, 888, m. - EuUath., p. 1(0, 84, (l) Millier, Orctiom., p. 133.

(3> Pans., t. I, p. 51, éd. Clavier.

(4) Theoç., m.

(5) Vlrg., £n., VIII, 708. - Horat, Sat.. II, III, « 3 - SU. IL. V, MO auq ; IV, 488. - Lucan.. VII, M»

(6) Lucan., 1, 866. - Lactant., Itiitit., I., II. — J n»en, Sat., IV, 1*8 ; VI. 611. - Mart.. XII, LVU, il. - T» . VII, 50.

(7) Ju*., Sat., VI, 108 asq.

W Hlrt., B. Al., M. - Clc, Ai Fam. y XV, 4.- Strab., p. 688.

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