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BÉTIQUE

Elle comprenait à peu près le territoire actuellement occupé par les capitaineries générales du royaume de Grenade et d'Andalousie.

Sillonnée par la chaîne de montagnes qui s'appelle aujourd'hui la Sierra-Nevada, elle était arrosée par l'Anas (aujourd'hui la Guadiana), qui formait sa limite à l'ouest et au nord, et le Bétis (aujourd'hui le Guadalqnivir ) , qui la traversait de l'est à l'ouest, et du nom duquel elle tirait son uom. La Bélique était habitée, au nord, par les Turdules; au nord-ouest, par les Béturicns, qui occupaient un canton moutueux, rocailleux, couvert de châteaux forts ; à l'ouest et au sud , par les Turdétains, qui courraient les deux rives du Bétis, peuple qui possédait d'antiques monuments de poésie et d'histoire; au sud, par les Bastules carthaginois ; à l'est, par les liastitains. Ce beau pays, d'une merveilleuse fertilité, où croissaient des oliviers qui donnaient une huile excellente , riche en mines d'or, nourrissant des troupeaux couverts d'une toison douce et brillaute, avait attiré de bonue heure les navigateurs étrangers. Aussi plusieurs cités , parmi celles qui s'élevaient sur son territoire , étaient des colonies phéniciennes ou carthaginoises. Les principales de ses villes étaient : Italica (Séville vieille), située sur la rive droite du Bétis; elle vit naître dans ses murs les empereurs Trajan et Adrien. Hispalis (Séville), placée sur la rive gauche, faisait un grand commerce, et voyait les navires remonter le fleuve jusque sous ses murs. Tartessus , un des premiers établissements des Phéniciens, était dans le delta de l'embouchure du Bétis; l'imagination des Grecs, exaltée par les récits des voyageurs sur cette délicieuse contrée, avait placé là un fabuleux séjour de la félicité. Gadeir ou Gades ( Cadix ), sur une lie voisine du continent, devint plus tard le grand entrepôt du commerce; c'est de là que les navigateurs phéniciens allaient trafiquer au nord et au sud sur la mer Atlantique; ou vantait la richesse de son temple d'Hercule et la grâce lascive des danseuses qu'elle fournissait à Rome. Tarteia, au nord de la baie de Gibraltar, était encore une importante ville de commerce. Tingctera, dans le voisinage de Mellaria( Tari ffa), avait été la patrie du géographe Pomponius Mêla. Corduba (Cordoue), ville considérable, qui fut sous les Romains la capitale de la Bétique, avait donné te jour aux deux Sénèque et à Lucain. Munda, ville forte chez les Bastules carthaginois, joua un rôle important dans les guerres qui désolèren t le pays. Enfin Malaca fui encore un des principaux entrepôts de ce commerce que la Bélique faisait principalement avec l'Afrique seplen- ; li ionalc et avec Carthage, peuplées comme elle par des colonies phéniciennes.

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