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BOUFFON — BOUR

Richelieu s'amusait-il souvent à le voir imiter l'accent et les manières du duc d'Épernon, qui dès lors chercha l'occasion de se venger du cardinal. L'Angely, enfin, fut le dernier bouffon pensionné, et vécut à la cour de Louis XIV. 11 ne fut rien moins qu'insensé, et sut se rassembler une fortune considérable en amusant les uns et en se faisant craindre des autres. Boileau , dans sa première satire , loi a consacré quelques vers :

Un poète a la cour fut Jadis à la mode :

Mate des fous aujourd'hui c'est le plus Incommode, Et l'esprit le plus beau, Fauteur le plus poil M'y parviendra jamais au sort de L'Angell.

Il est resté longtemps dans quelques provinces de France des traces de l'antique mode des fous en titre d'office. En Flandre, par exemple, les villes, les villages même, avaient jadis leur bouffon attitré, qui devait paratlre dans toutes les fêtes locales. Sa charge avait des droits, et devait être exercée par le premier valet des échevins.

« De mes jours, dit l'abbé d'Artigny dans ses Mémoires, le fou de la ville de Lille était un banquier fort à son aise, qui avait un fils chanoine de Saint-Pierre, qui est la principale église de la ville. Il était obligé de faire par lui-même les fonctions de sa charge à la procession. Le peuple ne croirait pas que la fêle fût complète si le fou n'y paraissait pas avec tous ses attributs.

« Chaque village de la Flandre avait naguère et a maintenant encore, presque partout, sa confrérie d'archers et d'arbalétriers. Ces compagnies arrivent des communes voisines à la dukasse, le drapeau déployé, tambour battant, et accompagnées d'une espèce de bouffon qui sert de marqueur, et que l'on désigne sous le nom de sot-seurxs. Ces sots ou valets de confrérie sont tous calqués sur le fou de Lille, dont ou raconte ainsi l'origine : Philippe le Bon , duc de Bourgogne , avait toujours un fou à sa suite ; les magistrats de Lille, voulant faire leur cour à ce prince , donnèrent le titre et les prérogatives de fou au premier valet de l'hôtel de ville. » HG. et D.

BOURSES DE COMMERCE. Pour la plus

grande partie des lecteurs, ce mot de Bourse réveille surtout l'idée de spéculations plus on moins hasardeuses basées sur la hausse ou la baisse des fonds publics et «les actions industrielles, et c'est en effet le côté par lequel l'institution des Bourses est susceptible de saisir le plus fortement les imaginations. Cependant, il n'y a guère que dans les capitales de quelques-uns des grands États de l'Europe, à Paris, à Londres, à Vienne, que les opérations de bourse aient pris un dévcloppement assez considérable pour pouvoir exercer habituellement une influence sérieuse sur l'état général du crédit. Dans la plupart des

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