DES SCIENCES , DES LETTRES ET DES ARTS
abéli eks. ( Jlistoire ecclésiastique. ) Les Abéliens, Abéloïtes ou Abéloniens ne sont connus dans l'histoire des schismes ou hérésies que par ce qu'en a écrit saint Augustin. Peu nombreux, sans esprit de prosélytisme, circonscrits sur un petit territoire de l'Afrique romaine, ils habitaient auprès d'Hippone, et faisaient vœu en se mariant de continuer à vivre dans l'état de virginité, adoptant de jeunes enfants que les gens pauvres des populations voisines consentaient à leur céder. On a supposé que le motif de cette bizarre conduite était le désir d'imiter la chasteté d'Abel , qui mourut sans laisser de postérité. De là le nom qu'ils portaient, et que du reste ils ne pouvaient perpétuer longtemps avec un tel système de vie : aussi saint Augustin dit* il que de son temps ils étaient réduits à un très-petit nombre de fanatiques occupant un seul village et près de disparaître. Mosheim, dans son Histoire Ecclésiastique, a cru reconnaître dans les Abéliens une secte de gnostiq nés; mais rien ne semble justifier cette conjecture.
abo. (Géographie. ) Abo (prononcez Aubo), au 60 e degré de latitude nord, autrefois capitale de la Finlande, maintenant chef-lieu du gouvernement de Bjarnehorg , siège d'un évêché, contient aujourd'hui plus de 13,000 habitants. Cette ville est située à un kilomètre environ de l'embouchure de l'Anrajoki , dans le golfe de Bothnie , à l'entrée de l'archipel d'Abo ou d'Aland , dont les tles innombrables
Suppl. Encycl. MOD. — T. I.
s'étendent de l'est à l'ouest à travers le golfe.
Un vieux château, bâti à l'extrémité de la rive droite de l'Aurajoki , protège l'entrée de cette rivière , qui divise la ville en deux parties inégales, communiquant entre elles par deux ponts en bois.
Sur la rive gauche , la vieille cathédrale, d'une simple et robuste construction en briques, élève sa masse rougeâtre sur une esplanade à peu de distance de la rivière. Son portail se termine par un clocher très-élevé. A l'intérieur, de hauts piliers carrés, sans nervures et sans ornements, soutiennent la voûte de la nef principale. Une tribune et un orgue de construction récente (1852) contras* tent désagréablement par leur style et leurs dorures avec la rude simplicité du reste de l'édifice. C'est aussi sur la rive gauche que se trouvent la douane, le palais du gouverneur et l'observatoire, qui s'élève sur une colline granitique dont on a cherché à cacher la nudité par quelques plantations récentes à usage de promenade publique. La partie la plus considérable de la ville s'étend sur la rive droite. Cette portion , entièrement détruite par le fatal incendie de 1827, est couverte maintenant de constructions modernes. Les rues fort larges, se coupant à angles droits , soW bordées de maisons très-basses, n'ayant pour la plupart qu'un rez-de-chaussée. Aussi le vent, la neige, la poussière et le soleil ont-ils un libre champ dans les saisons où ils dominent.
La ville est propre, mais peu animée; quel-