‹ Encyclopédie moderneChapitre 3 sur 308 · ABRÉGÉ · texte numérisé non relu

ABRÉGÉ

ques maisons sont fort élégantes. Une église luthérienne avec portique et une coupole peinte en vert forment l'un des ornements d'une vaste place. Vers l'embouchure de la rivière et sur la rive droite, se trouvent de grandes casernes et un chantier de construction pour la marine impériale.

Autrefois siège d'une université et de l'administration principale de la Finlande , Abo a été déshérité de ses avantages au profit d'Helsingfors, plus rapproché de la capitale de l'empire et sous la protection de la formidable place de Sweaborg. Le bassin dans lequel est situé Abo se termine de tous côtés par des collines granitiques que recouvre à peine une faible et rare végétation de pins et de bouleaux. F. Devay.

abondance. ( Iconoloçie et Numismatique.) Divinité allégorique qu'on représentait sous la ligure d'une belle femme, couronnée de fleurs et tenant dans sa main droite une corne remplie de fleursou de fruits. Cette corne, connue par les mythographes latins sous le nom de cornucopia, ou corne d'abondance, était considérée par quelques auteurs anciens comme celle qui fut arrachée par Hercule au fleuve Achelous lorsqu'il se métamorphosa en taureau pour lui disputer Déjanirc ; par d'autres écrivains de l'antiquité, comme l'une des cornes de la chèvre Amallhée, la nourrice de Jupiter. Un grand nombre de monuments anciens offraient des représentations allégoriques de l'Abondance avec les attributs que nous venons de décrire. Les empereurs romains, entre autres, se sont plu souvent à faire représenter au revers de leurs monnaies cette allégorie saisissante d'un règne prospère. Sur les médailles romaines, depuis le temps d'Auguste jusqu'à celui de Dioclé»

tien, l'Abondance tient le plus souvent d'une main une lance, et de l'autre une ou même deux cornes remplies de fruits, avec cette légende : Abundantia augusta, ou Augustomm perpétua temporum. D'autres fois , elle est accompagnée de ce seul mot ; Uberlas. Sur une médaille d'Antooin le Pieux, frappée à Alexandrie , on lit le mot grec ET6HNIA , qui a la même signification. La plupart des musées de l'Europe, et quelques collections particulières , contiennent des statues de l'Abondance, debout ou assises, revêtues de la tunique, avec ou sans manches, et du peplus.

Notre musée du Louvre possède une statue de Livie provenant de la villa Borghèseet représentée avec les attributs de l'Abondance. Elle tient la corne de la main gauche ; la main droite, élevée , porte des épis et des pavots.

abrégé. ( Littérature. ) Cestun livre où se trouve résumée la matière d'un ouvrage plus considérable. L'apparente facilité que présente un pareil travail a tenté à toutes les

époques beaucoup d'écrivains ; mais les bons abrégés sont très- rares. « Il n'y a peut-être pas, a dit Bayle, d'ouvrage qui demande plus de discernement et de bon goût. » Toute négligence est en effet capitale dans un espace aussi court, où il faut être à la lois très-concis en n'omettant rien d'essentiel, très-clair en n'admettant rien de superflu , et où l'on doit encore , dans ces entraves, essayer de plaire, comme l'a remarqué le président Hénault, qui avait le droit de signaler les difficultés de ce genre d'ouvrage, pour les avoir en partie vaincues.

Ce n'est pas le lieu de parler ici des abrégés de génie, qui ont un autre principe et un autre but ; où l'auteur naturellement « abrège tout parce qu'il voit tout, » suivant l'expression de l'un deux, et comme en ont fait Tacite, Bossuet, Montesquieu, Rousseau.

Si c'est, comme on l'a dit et répété, lorsqu'une littérature est surchargée de productions que paraissent les abréviateurs proprement dits, ils devaient être déjà bien nécessaires du temps de Salomon, qui se plaignait de la multiplicité des livres, et qui en avait, pour sa part, énormément composé sur tous les sujets, depuis le cèdre jusqu'à l'hysope, comme s'exprime l'Écriture, et depuis l'homme jusqu'aux animaux, avec lesquels il conversait familièrement. Les abrégés ne devinrent pas moins indispensables en Égypte, et surtout dans cette Grèce, où il semble qu'on ait encore plus écrit que parlé, pour résumer, par exemple, les trois cents volumes de Chrysippe sur la seule dialectique, les sept cents volumes de Zénon sur la morale, les quatre cents de Galien sur la médecine seulement, car il en avait fait quelque deux cents autres sur diverses matières, les trois mille cinq cents traités du grammairien Didyme ( Sénèqne dit quatre mille ; il ne faut pas disputer pour si peu), les dix mille, bien comptés, de Diomède, sans parler des trente-six mille attribués à Hermès, assez riche pour qu'on lui en ail sans doute prêté quelquesuns.

Mais le temps a enveloppé dans une commune destruction la plus grande masse de ces livres , ainsi que les abrégés ; et celte impartialité est , ce semble , une assez bonne réponse au plus opiniâtre et au plus vif de tous les reproches que les ennemis des abrégés aient faits à ces petits livres, contre lesquels ils en ont écrit de fort gros : c'est à savoir d'être la seule cause de la perte des originaux, reproche qui, au fond , renferme un bien grand éloge, puisque les abréviateurs auraient eu assez de mérite pour faire négliger et oublier les modèles. Ce n'est là, au surplus, qu'un paradoxe de savant, à qui la légitime douleur de ces pertes a évidemment troublé

Page 1