‹ Encyclopédie moderneChapitre 221 sur 308 · CÀ.B · texte numérisé non relu

CÀ.B

niciens et ceux do la Grèce, si à l'époque ù laquelle écrivait Pausanlas le syncrélis ne n f avait pas déjà dénaturé les divinités grecques. Une tradition faisait remonter les mystères cabiriques avant la guerre des Épigones, à la suite de laquelle ils avaient été, disait-on, abandonnés. Mais la mention qui est faite dans cette tradition d'une ville de Cabira, que les adorateurs des Cabires s'étaient vus forcés de quitter, jette beaucoup de doute sur son authenticité, et il y a tout lieu de croire que c'était là une invention moderne, dans le but de donner aux mystères cabiriques le prestige d'une haute antiquité. Néanmoins, on ne saurait affirmer qu'il n'existât pas entre le Cadmilus de Sa mol lu ace et le Cadmus de Tlièbes un rapport de parenté, lié précisément à celui des deux cultes cabiriques. On peut même ajouter, à l'appui de ce fait , que la Béotie demeura longtemps en relation avec les Iles de Lemnos et d'Imbros, dans lesquelles avaient émigré, de cette province, les derniers débris de la nation pélasgique. Ces Pélasges des lies allèrent s'établir jusque sur l'Hellespont, où Hérodote les rencontre encore. 11 n'est donc nullement impossible que ce soient ces mêmes Pélasges qui aient été fonder à Samothrace les célèbres mystères dont il a été parlé.

Les Athéniens avaient aussi des dieux cabires qu'ils faisaient fils de Jupiter et d'Électre (Schol. Apoll. Rhod., v. 913). Le scoliaste qui nous rapporte ce fait ajoute que ces divinités avaient été apportées de Phrygteen Atlique, ce qui ferait naturellement remonter leur introduction en ce pays au temps de l'importation des divinités phrygiennes dans la Grèce, c'est-à-dire au sixième ou septième siècle avant notre ère. Les noms de Dardanus et de Jasion , attribués à ces Cabires Athéniens nous reportent loin en effet des noms des Cabires de la Samothrace et de la Béotie. Ils sont un indice d'une origine plus récente; car le personnage de Jasion, qui est dans un certain rapport avec le Jason des Argonautes, dont il n'est pas impossible qu'il tire son origine, n'apparaît guère qu'à une époque assez moderne. C'était une divinité de la santé, un dieu Soter ; ce qui explique assez bien son identification avec les Cabires de la Samothrace, qui recevaient aussi, comme il a été dit, l'épit hèle de oûttq. Jasion, que l'on a confondu ensuite avec le Jasios de la théogonie d'Hésiode, dont on ne sait guère que le nom, avait reçu la mort de son frère Dardanus, et cette légende, rapportée par Servîus et par quelques autres, appartenait à cet ensemble de traditions apocryphes par lesquelles Rome chercha à rattacher ses origines à Troie. On faisait voyager Dardanus et Jasion en différentes parties de la terre, où ils

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