‹ Encyclopédie moderneChapitre 225 sur 308 · CALVAIRE · texte numérisé non relu

CALVAIRE

calicot. ( Géographie. ) Kalikat. ville de l'Inde anglaise, située dans la présidence et au sud-ouest de Madras, par 1 1° 15' de la* titude nord, et 73° 45' de longitude est. Elle est bâtie sur la côte de la mer d'Oman, dans une contrée basse et marécageuse. Elle renferme six mille maisons, construites en bois de teck et en branches de palmier, bordant des rues tortueuses, sales et étroites. Elle est peuplée de quinze mille habitants. Son port, quoique comblé en partie, présente encore un asile assez sûr; il est fréquenté principalement par des navires du golfe Arabique, qui viennent y charger du bois. La ville est d'ailleurs commerçante et industrieuse; oo y fabrique des toiles de coton, et elle a donné son nom à cette espèce de tissu qu'on appelle calicots. Elle exporte des épiceries récollées dans ses environs. Calicut, qui était autrefois la capitale de la province de Malabar, et qui est aujourd'hui le chef-lieu du district de Calicut, était jadis une cité beaucoup plus belle et plus grande ; mais la mer Ta submergée, et, complètement détruite par l'inonda* tion , elle n'a jamais recouvré son ancienne splendeur. Ce fut le premier port indien où abordèrent les Portugais, lorsque, en 1498, Vasco de Gama trouva le chemin des Indes, et ce fut de là aussi que fut expédié pour l'Europe le premier vaisseau chargé des produits de ces riches contrées. En 1773, HayderAly s'empara de Calicut, en chassa tous les négociants, et fît détruire aux environs les cocotiers, les bois de sandal et les plantations de poivriers auxquelles elle devait une partie de sa prospérité. Tippo-Saeb la détruisit à son tour, et transporta tous les habitants à Baypour, petite ville distante d'environ 10 kilomètres. Les Anglais l'ont rebâtie, et aujourd'hui, si elle n'a pas encore reconquis toute son ancienne importance , au moins tt-elle retrouvé en partie l'activité de son commerce et conséquemment la source de ses richesses.

calvaihe. ( Histoirereligieuse. ) Le Calvaire porte en hébreu le nom de Golgotha, c'est-à-dire crâne ou tête chauve, parce que son sommet était sans verdure, ou, selon d'autres, parce qu'il avait la forme arrondie de la tête ou du crâne de l'homme, ou, enfin, parce qu'on y voyait les crânes blanchis des criminels qui y avaient subi le dernier supplice. Son nom latin , Calvarix mons, d'où est venu le mot français Calvaire, a la même signification. C'était une éminence située an nord et au nord-ouest de Jérusalem, à peu de distance des murs. C'est là qu'aboutit la route que parcourut Jésus, de la maison de Pilate au lieu où fut plantée la croix. Filât* avait ordonné de conduire Jésus à l'endroit ordinaire du supplice, et ce Heu était le C»l*

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vaire. Depuis le jour «le la rédemption, le lieu d'infamie, sanctifié par l'agonie du Fils de Dieu , est devenu un lieu de respect et d'adoration. Aux premiers siècles de l'Église, on chercha un rapprochement destiné à symboliser plus directement les effets de la rédemption, dans une tradition des Juifs qui prétendait qu'Adam avait été enterré sur le Calvaire. Ainsi le sang de Jésus-Christ, crucifié sur cette sépulture pour le salut du monde , avait en tombant purifié les restes du premier pécheur. Plus tard, les voyageurs et les historiens se contentèrent de chercher et de retrouver les traces de la diviue passion , et, grâce à eux, tous les pas sont marqués maintenant sur cette route qu'on appelle à si juste titre la Voie douloureuse. La fenêtre d'où Jésus fut montré aux Juifs; l'endroit où, marchant au supplice, il rencontra sa mère; la place où la croix, trop lourde pour le condamné, fut mise sur les épaules de Simon le Cyrénéen ; le coude de la rue qui monte au Calvaire, où Jésus trouva sur sa route les saintes femmes qui pleuraient ; l'emplacement où, devant sa maison , Véronique essuya pieusement le visage du Sauveur; la porte judiciaire par où sortaient les condamnés qu'on menait au Golgotha ; enfin, deux cents pas plus loin, le sommet de la colline escarpée, et le trou où fut enfoncé le pied de la croix, tous ces vestiges du grand sacrifice appellent les pieuses méditations et les prières du chrétien. El ce n'est pas tout encore. De tous les côtés, excepté du côté de la ville, où l'espace entre le lieu des exécutions et le rempart restait vide, la montagne était environnée de jardins. L'un de ces jardins appartenait à Joseph d'Arimathie, disciple secret de Jésus- Christ, qui y avait fait creuser dans le roc un sépulcre neuf, où il comptait être enseveli lui-même. Ce fut là qu'on déposa le corps de Jésus-Christ. Sainte Hélèue, voulant honorer ce tombeau d'où est sortie la régénération du monde, fil bâtir une église dans laquelle elle le renferma. Les princes chrétiens qui vinrent après l'agrandirent!, pour y comprendre le mont Calvaire, qui n'est qu'à cinquante pas du Saint- Sépulcre. Cette église fut ravagée par CoRroès II, roi de Perse, environ trois siècles après sa construction. Héraclius reconquit la vraie croix, et Modeste, évêque de Jérusalem, rétablit l'église du Saint-Sépulcre. Quelque temps après le calife Omar s'empara de la ville sainte, et vers l'an 1009 le calife Hakem, qui régnait en Egypte, porta de nouveau la désolation au tombeau du Christ.

Pourtant, ou il avait épargné le saint temple, on celui-ci était déjà rebâti, lorsque, quatrevingt-dix ans plus lard, les croisés arrachèrent ces lieux vénérés aux mains des infidèles. .Térusalem demeura .quatre-vingt-huit ai)$ soi)s

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