CALVAIRE
été sanctifié par le sang de Notre-Seigneur, les premiers chrétiens en eurent un soin particulier; et après avoir été toutes les immondices et toute la terre qui était dessus, ils l'entourèrent de murailles ; de sorte que c'est aujourd'hui comme une chapelle haute, qui est enclose dans cette grande église. Elle est revêtue de marbre par dedans et séparée en deux par une arcade. Ce qui est vers le septentrion est l'endroit où Notre-Seigneur fut attaché à la croix. Il y a toujours trenle-deux lampes, qui sont entretenues parles cordeliers, qui célèbrent aussi tous les jours la messe en ce saint lieu. — En l'autre partie, qui est au midi, fut plantée la sainte croix. On voit encore le trou , qui est creusé dans le roc d'environ un pied et demi, outre la terre qui était dessus. Le lieu où étaient les croix des deux larrons est proche de là. Celle du bon larron était au septentrion et l'autre au midi , de manière que le premier était à la main droite de Notre-Seigneur, qui avait la face tournée vers l'occident et le dos du côté do Jérusalem, qui étaitài'oiieiit.Ilyaconlinuellement cinquante lampes ardentes, pour honorer ce saint lieu. — Au-dessous de cette chapelh sont les sépulture» de Godefroide Bouillon et de Baudouin, son frère (I)... »
Les honneurs que l'Église rend au lieu précis que nous venons de décrire le font saint et sacré pour tout ce qui est chrétien et catholique, et la discussion n'est guère permise à propos de croyances si bien établies. Mais les critiques qui suivent une autre religion ne sont pas tous d'un avis pareil , et on a souvent nie que le christianisme eût bien exactement déterminé le théâtre des grands événements qui ont signalé sa naissance.
( Voyez l'article Jérusalem, t. XVIII, col. 17.) On appelle calvaire, aujourd'hui, une chapelle de dévotion élevée sur un tertre , h proximité d'une ville, en imitation de la colline où Jésus-Christ fut crucilié près des mun de Jérusalem. Tel était, il y a encore peu d'années, le calvaire du mont Valérien près de Paris. Quelquefois il n'y a pas de chapelle, mais simplement une ou trois croix. — Le vendredi saint, dans les églises, on dispose une des chapelles de façon à rappeler la scène de la passion de Notre-Seigneur, et celte chapelle prend momentanément le nom de calvaire.
calypso. (Mythologie.) Nymphe, filled'Allas (2) onde l'Océan et de Téfhys. Elle régnait sur l'Ile d'Ogygie, que l'on a identifiée avec la petite île de Gozo près de Malte. Ulysse, errant sur les mers, fut jeté par les vents sur le rivage de celte Ile. La nymphe accueillit favorablement le héros , l'aima, et lui offrit l'immor-
(1) Deshayes, ambassadeur de Louis XIII, cité par Chateaubriand , dans sou Itinéraire, 4 B partie. <S) Hom., (M., VII, 145.
talité ainsi qu'une jeunesse éternelle, s'il voulait oublier Ithaque et consentir à rester toujours avec elle. Mais Minerve, la constante protectrice d'Ulysse, écarta de lui cette tentation, et ralluma dans son cœur le désir de la patrie absente et l'amour de Pénélope, sa fidèle épouse. Pourtant Calypso ne voulait pas laisser partir son hôte , et il fallut que Mercure lui apportât un ordre formel de Jupiter, qui avait cédé aux sollicitations de Minerve. Calypso céda alors, et permit à Ulysse de construire un navire, sur lequel il s'embarqua pour continuer son voyage (I). Il était resté sept ans dans l'Ile d'Ogygie. Calypso pendant ce temps était devenue mère de deux fils, Nausithoùs et Nansinous (2) , ou d'un seul , Auson (3), ou de trois, si l'on 6'en rapporte à d'autres mythographes.
campanie. ( Géogr. et Histoire. ) La carnpanie, l'une des plus belles provinces de l'Italie méridionale , a joui d'une telle réputation de fertiliîé, et son climat, toujours égal, se montrait si favorable à tous les genres de culture, que les anciens l'avaient surnommée le jardin de la péninsule. Strabon va même jusqu'à faire de la Campanie le théâtre du combat des géants contre les dieux , puisque la possession d'un si beau pays, dit-il, méritait bien que les immortels eux-mêmes disputassent sa conquête. Bientôt les hommes suivirent l'exemple des habitants de l'Olympe, et peu de contrées ont été plus souvent envahies par des populations différentes, jusqu'au jour où Rome. y établit son empire, la couvrant d'iui si grand nombre de colonies ou de mnnîcipes que dans le liecueil des Inscriptions la- Unes du royaume de Naples, publié Tannée dernière ( 18:»?.) par M. Mommsen, 3247 monuments épigraphiques appartiennent à la Campanie. L'historien Anliochns , cité parle géographe d'Amasée, assurait que cette province avait été d'abord habitée par les Oplques ou Osques, qui selon lui «levaient s'identifier avec les Ausouiens, chassés ensuite par les Cyméens restés maîtres de la contrée, dont les Tyrrhéniens s'emparèrent bientôt pour y fonder douze villes confédérées à l'exemple de ce qu'ils avaient fait en Étrurie. La richesse du territoire et le luxe que celle richesse entraîna à sa suite produisirent bientôt sur les conquérants cet effet énervant qu'on a toujours reproché aux doux climats et à la vie facile. Incapables de résister aux Samnites, descendus de leurs montagnes, les Tyrrhéniens se virent forcés de les admettre au partage de leur conquête. Dès lors la population
(il XII, 117-111, 2C0ssq.; I. 48 ssq; XIII, l«i V, 83 . 29. 10S ssq., 140 ssq., S3V, 283.
(S) Hes., Theop. 1016. - Eust, p. 1798. 45.
(3) Tzetz., Lycophr. 44, 696. — Scliol. Apollon., A. IV. 533 - Serv. Vlrg. ^£n., III, 71, 477. -Suid., s. v. Aùeovtcw.