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AGORA

l'autel des douze dieux, sur l'emplacement duquel ou a construit l'église des Douze Apôtres , et qui était , comme le milliarium aureumàu Forum romain, le point central d'où se supputaient les distances des divers lieux de l'Attique et de la Grèce à Athènes. Près de là se trouvait le périschoinisma , espace circonscrit au moyen d'une corde , axoïvoç , remplacée plus tard par une barrière , où l'on déposait les tessons (oorpaxa) qui servaient pour l'ostracisme; plus au midi, plus près par conséquent de l'Acropole, étaient les images sacrées d'Harmodius et d'Aristogiton.

L'enceinte de cette place était presque toujours couverte de tentes sous lesquelles on étalait les marchandises et les provisions. Il y avait des places distinctes pour les différents genres de négoce. Hésychius nous apprend que l'endroit réservé à la vente des esclaves s'appelait xvxAoç. Le marché à la farine (àXçtTwrwXi; &rop£), le marché aux poissons ( IxOuÔKcdXic àYopâ ) , les magasins de toilet te (Yuvatxcfa àyopdt), oîvoç le marché aux vins, ttaîov le marché à l'huile, avaient leurs districts séparés et leurs heures d'ouverture. Des soldats scythes, payés par l'État pour maintenir l'ordre, y avaient un corps de garde. Des collecteurs étaient chargés de percevoir l'impôt établi sur les marchandises; et des magistrats inspectaient le bon état des denrées, réprimaient les fraudes sur le poids et le meaurage, et veillaient à ce que, dans les transactions, tout se passât avec ordre et probité : ces magistrats étaient les agoranomes. A Athènes , il y en avait cinq pour le marché de la ville et cinq autres pour celui du Pirée. On croit que chacune des dix tribus attiques en élisaient un. Leur charge était annuelle.

Celle d'agoranome a vie, otlumo; àtopocvôjjloç, n'existait que dans les cités moins démocratiques , d'origine dorienne; elle est souvent mentionnée dans les inscriptions du Péloponnèse et surtout de la Laconie. ( Voy. Boeckh, Corp. inscript, grœc 1 1. 1, p. 610.) Les agoranomes chargés de la police des marchés avaient une portion des fonctions des édiles à Rome; et de là vient que les historiens grecs, Plutarque, Denys d'Halicarnasse, etc., traduisent œdiles par &Yopav6tioç, et l'édilité, œdilitas, par agoranomie, àyopavo|x(a. Deh.

aiguës (Maladies). (Médecine.) On entendait autrefois sous le nom de maladies chroniques les affections dont la durée dépassait le quarantième jour, et sous celui de maladies aiguës celles dont la durée était moindre. Cette division est entièrement arbitraire.

Le terme d'acuité ne doit pas s'entendre de la durée de la maladie prise dans son ensemble , mais de celle des éléments qui la constituent, et de leur intensité. Ainsi, une fièvre

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intermittente qui dure plus de quarante jours est cependant toujours une maladie aiguë , parce que les accès qui la composent sont des accidents brusques et d'une courte durée; il en est de même encore d'une fièvre typhoïde qui dépasserait le quarantième jour, et cela à cause de la marche rapide de l'inflammation et de l'ulcération des intestins, qui sont portées à leur maximum vers le septième ou le neuvième jour de la maladie, à cause de la promptitude avec laquelle les phénomènes pulmonaires se manifestent et disparaissent , a cause enfin de l'intensité ou de la violence de tous les éléments de la maladie. Et, par opposition, une phtbisie pulmonaire qui ne durera qu'un mois n'en est pas moins une affection chronique, parce que la production des tubercules est lente et qu'elle s'est manifestée longtemps avant l'apparition des symptômes morbides , parce que leur ramollissement et leur fonte ne s'opère pas en un temps aussi court , et que la mort, en définitive, n'est pas due à la marche de l'affection tuberculeuse elle' môme, mais à une cause étrangère, telle qu'une affection inflammatoire du poumon ou à une asphyxie graduelle.

La part que l'économie tout entière prend aux accidents de la maladie d'un organe ou d'une partie du corps, doit aussi entrer en ligne de compte dans l'appréciation de l'acuité ou de la chronicité des maladies. Une pleurésie est aiguë lorsqu'elle s'accompagne de fièvre , lorsqu'elle abat les forces au point d'obliger le malade à prendre le lit; elle est chronique lorsqu'elle se développe sourdement sans entraver les autres fonctions , sans amener la perte des forces, la fièvre, etc.

D'après ce que nous venons de dire, on conçoit que l'acuité doit s'entendre non de la durée totale d'une maladie , mais de la rapidité de production des accidents qui la composent , de leur intensité et de leur influence sur l'économie; et l'on comprendra en conséquence que , au lieu de ranger arbitrairement une maladie dans la classe des affections aiguës ou dans celle des affections chroniques , les médecins préfèrent aujourd'hui considérer , dans la plupart des affections qu'ils ont à traiter, des périodes distinctes, les unes ai* guës, les autres chroniques. C'est ainsi que l'on reconnaît à la pleurésie une période d'acuité et une de chronicité; c'est ainsi que l'on voit des péritonites aiguës se terminer par un état chronique, etc. D r Racle.

aIoumtes. (Hist. Orient. ) Cette dynastie a emprunté son nom au Curde Job, ou, comme l'écrivent les Arabes, Aïoub, le père du grand Saladin. Aïoub , s'il ne descendait pas des califes ommiades , ainsi que le prétendirent des flatteurs justement dédaignés par Saladin , appartenait à une des tribus les

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plus nobles de la nation curde, qui depuis les premiers temps de l'histoire a gardé ses habitudes nomades, son caractère sauvage, une réputation méritée de bravoure et un esprit indomptable de liberté. Cherchant ailleurs une fortune qu'il ne pouvait pas espérer dans le Cordistan , Aïoub passa à Bagdad , suivi par son frère cadet Schircou ; il se mit au service des califes abbassides, dont l'empire était déjà réduit aux murs de leur capitale et à quelques villes des environs , et il eut l'adresse de se faire nommer gouverneur de Tekrit. Ce fut dans cette ville que naquit en l'anoée 1137 son fils Yousouf, surnommé depuis Salah-eddin ( le salut de la foi ) , le Saladin de nos histoires des croisades. Schircou, qui par son courage et sa résolution devait fonder la puissance de sa famille, débuta par attirer sur elle la disgrâce et l'exil en assassinant un chrétien , secrétaire du gouvernement à Tekrit. Forcés de se sauver, lui et son frère Aïoub trouvèrent un asile auprès de Zengui,atabek de Syrie, le père du fameux Nour-ed-din.

A celte époque, l'esprit militaire, principe vital de l'islamisme, avait abandonné depuis longtemps la race arabe pour briller chez quelques peuples d'origine étrangère convertis à la foi de Mahomet. Les descendants du prophète , véritables ou prétendus, les califes abbassides et fatimites, chefs des deux sectes principales des mahométans, et par cela même ennemis mortels entre eux , étaient tombés dans un degré presqu'égal d'avilissement et d'impuissance. Tandis que la partie occideu* taie de l'ancien empire était dominée par la race berbère ou envahie par les chrétiens , l'Orient subissait le joug de plusieurs chefs turks, dont les familles, comme l'observe Gibbon , en suivant la loi commune des dynasties asiatiques , tournaient dans un cycle de bravoure, de grandeur, de discorde, de corruption et de décadence. Cette instabilité du despotisme ne fit qu'augmenter au temps des croisades, temps auquel appartient notre récit. Le tour du cycle s'effectuait même avec une rapidité effrayante, qui n'échappait pas à un annaliste arabe contemporain, Ibn el- Athir ; car , six siècles avant Gibbon , il écrivait comme un axiome : « Les chefs de dy- « nastie transmettent rarement le pouvoir à » leurs enfants. 11 vient ordinairement un « frère ou un autre qui s'empare de tout ; et « ainsi justice est faite , même dès cette vie, « des crimes de l'ambition (1) ».

Nour-ed-din et Saladin, les deux héros musulmans des croisades , sont un exemple frappant de cette fatalité. Le premier, ayant succédé à son père Zengui et ayant conquis

(1) *e\oauû, Bxtratts, etc., relatifs aux croisades , eilit, 18*9, p.SSS.

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une grande partie de la Syrie et ae la Mésopotamie puis en dernier lieu PÉgypte, ne travailla pas au profit de ses descendants, mais d'un étranger, de l'enfant curde de Tekrit, réfugié en Syrie à la suite de son père Aïoub et de son oncle Schircou. Ceux-ci , recommandés par leur mérite , n'avaient pas tardé à s'élever dans le royaume de l'atabek : le premier avait obtenu de Zengui le gouvernement de Baalbek , et Schircou avait fini par être considéré comme le meilleur des généraux deNour-ed-din. Aussi fut-il chargé du commandement des trois expéditions de Nour-ed-din en Égypte en 1164, 1167etltfi8, expéditions dans lesquelles il justifia sou titre honorifique de Asad-ed-din ( le lion de la foi). En effet Schircou déploya dans la guerre d'Égypte un talent stratégique peu ordinaire, une audace et un sang-froid à toute épreuve et une haute capacité politique. Séparé des États de Nour-ed-din par le royaume chrétien de Jérusalem et par les déserts de l'Arabie Pétrée, et disposant de forces très-inférieures à celles des chrétiens et de l'Égypte, qui se réunirent contre lui, Schircou acheva sa conquête en 1169. S'étant emparé du Caire, capitale des fatimites, il fit tuer l'eunuque Schawer, esclave ou maître du dernier calife Ad lied, et il prit les rênes du gouvernement sous le litre de vizir de ce calife. Tel était l'usage de l'Orient. La force brutale, respectant les formes avec une profonde hypocrisie, s'emparait de la substance du pouvoir, et l'usurpation n'en devenait que plus facile. Schircou , comme d'ordinaire, partagea aux siens la curée des places et des terres, dont la tenure ressemblait beaucoup à celles des fiefs en Europe. Maintenant il ne restait qu'à supprimer le nom des fatimites , et à substituer , selon les circonstances, celui de Nour-ed-din ou de son serviteur Schircou.

Au milieu de ses succès, le Lion de la foi mourut très-vulgairement d'une indigestion , elles émirs turks , les maîtres réels de l'Égypte permirent à Adhed de nommer un nouveau vizir : peut-être ne pouvaient«ils pas tomber d'accord entre eux sur le choix. Alors le pauvre calife crut faire un coup de maître en appelant au pouvoir le plus jeune, le plus souple , et, comme il paraissait à tout le monde , le moins redoutable d'entre les chefs de l'armée conquérante, du cercle desquels il ne pouvait sortir. L'élu était le fils d'Aïoub. Sa parenté avecSchircou,sa capacité militaire, établie peu de temps auparavant, à la défense d'Alexandrie contre les chrétiens , lui assuraient une certaine influence dans l'armée ; le meurtre de Schawer, conseillé par lui à Schircou et dont, à ce qu'il parait, il fut l'exécuteur, n'était qu'un titre de plus à la reconnaissance du ca-

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