CAPUCINE
cresson des Iodes, indians cress , indiansk karse. C'est aussi un cresson pour les Hollandais, qui, eux, l'appellent cresson d'Espagne, spaansche kers. Ces trois dernières désignations, exprimant à la fois un caractère et une origine , sont remarquables ; elles témoignent de l'intelligence philologique des peuples du Nord. Le tropœolum est en elfet d'une saveur acre et piquante, qui approche de celle du cresson des fontaines.
La capucine, dont l'élégance est telle que les peintres de fleurs la font souvent entrer dans leurs compositions, a beaucoup servi à l'ornement de nos jardins; elle y garnit treillages et berceaux. Sur les marchés aux fleurs de Paris il s'en vend chaque année une prodigieuse quantité. La classe laborieuse des hauts étages de la grande ville aime à bon droit la capucine ; c'est un rideau d'été pour la mansarde et la charnbrette , rideau de gaieté et de fraîcheur, de fleurs et de feuilles.
Les capucines appartiennent à la classe octandrie monogynie, et à la famille des géraniées; elles se rapprochent des violettes.
Leurs feuilles sont lisses , arrondies et attachées par le centre à un long pétiole ; l'eau ne les peut mouiller. Leurs tiges sont souples et transparentes. Leurs fleurs grandes, d'un jaune orangé ou ponceau éclatant, sont striées de pourpre foncé à la base des deux pétales extérieurs; leurs calice est coloré, à cinq divisions profondes; il se prolonge en éperon.
Enfin, leurs fruits sont formés de trois capsules charnues, réunies, et dont chacune renferme une semence. La capucine produit un phénomène très-curieux , et que la fille de l'illustre Linné a la première observé. Dans les beaux jours de l'été il sort de ses fleurs une lumière très-vive semblable à une étincelle électrique.
On distingue plusieurs espèces de capucines, dont quelques-unes ont des variétés à fleurs doubles. En dehors de la grande espèce, aux larges fleurs, souci ponceau , et de l'espèce naine, aux fleurs citron, il nous faut signaler : la capucine de Constantinople, qui a l'éclat du cuivre jaune ; la capucine pourprée; la capucine à cinq feuilles de Monte-Video , striée de violet sur un fond carmin , et la capucine tricolore du Chili , au calice rouge feu, bordé de noir, remarquable par ses pétales jaunes.
Ces deux dernières espèces réclament une serre tempérée. Nous devons aussi mentionner le tropxolum luberosum, dont les jolies racines tubéreuses promettaient pour la table un aliment nouveau, qui malheureusement ne s'est trouvé être du Roût de personne.
Ces différentes espèces vivaces dans leur pays natal sont annuelles en Europe. On sème la capucine sur couche ou en place au pied
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d'un mur, d'un arbre, d'un berceau. Ao printemps, quand les gelées ne sont plus à craindre, il est bon de diriger les premières pousses sur les treillages ; on les laissera ensuite mouler et s'étendre seules. Les boutons des fleuri à peine formés et les graines prises encore vertes se confisent dans le vinaigre et rem placent les câpres. On préfère pour cet usage la petite espèce, qui peut se passer d'appui et fleurir plus abondamment. Les fleurs ouvertes des capucines servent à décorer les salades et à leur communiquer une odeur agréable.
— La médecine ne fait aucun emploi de celte plante. G. de L.
g A haïtes. ( Histoire religieuse.) On appelle de ce nom les partisans d'une secte qui existait chez les Juifs, où elle était en opposition avec lesrabbinites. Le mot est dérivé, selon toute apparence, du chaldéen kara, qui signifie écrire ou écriture. En effet, les caraïles prennent pour règle de leur croyance le lente de l'Écriture seule, et font peu de cas des traditions et de la loi orale renfermée dansleTalmud. Les hébraïsants , juifs ou autres, sont loin d'être d'accord sur l'origine et sur la doctrine des caraïtes, et il serait encore plus difficile de tirer d'eux-mêmes des renseignement!, leurs livres étant à peine connus en Europe.
Yolfius prétend que la secte des caraïles commença sous le règne d'Alexandre Jannée» environ cent ans avant Jésus-Christ, et quVIle eut pour but de maintenir la pureté de la doctrine, en supposant au système des prétendues traditions, inventé à celte époque par Siméon, fils de Schétah. Mais ce faux système prévalut, le nombre des caraïtes diminua de jour en jour, et ils allaient disparaître complètement, lorsque, au huitièmè siècle, Anan releva leur parti, donna à leur doctrine un lustre tout nouveau et une autorité qu'elle n'avait p»
eue encore. Son exemple fit surgir des docteurs qui soutinrent et continuèrent son œuvre , tels qu'Ebn Alphoray , qui vécut au donrième siècle. Mais au quatorzième siècle , la décadence commença, et ne s'arrêta plus. Trigland fait remonter l'origine du schisme au reloui de la captivité de Dabylone : la loi , à soo ré tablissement, fut compliquée de prescriptions nouvelles , qu'on attribua à la volonté divine révélée verbalement à Moïse et transmise depuis par tradition orale; mais un parti continua de s'en tenir à la lettre de la loi. Celte division d'opinion dégénéra en dissensions , qui éclatèrent sous le règne de Jean Hyrcan , à l'occasion que mentionne Josèphe(l). Les uns les considèrent comme une branche des Sadducéens; d'autres les regardent comme beaucoup plus anciens que celle hérésie juive; d'autres, enfin, et c'est l'opinion
(1) Anllq. tué., XIII, ».
la plus probable, affirment que la secte des caraïtes, née en même temps que la vénération pour les traditions rabbiniques , s'accrut en même temps qu'elle, et éclata enfin lorsqu'eut paru la collection du Talmud , c'est-àdire au sixième siècle de notre ère : le schisme tut consommé vers Tan 760, grâce au juif babylonien Anan.
Les partisans de la tradition , placés ainsi en face de cette vive résistance , la combattirent par tons les moyens possibles. Ils traitèrent les caraïtes d'hérétiques, leur attribuèrent gratuitement une infinité d'erreurs, et manifestèrent pour eux une haine motivée par les préteudues impiétés de leur doctrine. Ils les prétendirent descendus en droite ligne des Sadducéens , et les flétrirent de ce nom , bien qu'en réalité les dogmes des caraïtes n'aient aucun rapport avecceux de ces schismatiques : ils admettent l'existence des esprits, l'immortalité de l'âme, les peines et les récompenses de la vie future, et les prouvent par le texte des livres saints. On a réduit à trois les points sur lesquels les caraïtes diffèrent des rabbinistes ou rabbanistes : 1° ils nient que la loi orale vienne de Moïse, et rejettent la cabale ; 2° ils abhorrent le Talmud ; 3° ils observent les fêtes comme le sabbat, et le sabbat beaucoup plus rigoureusement en plusieurs choses que leurs adversaires. En outre , ils étendent presque à l'infini les degrés défendus par les mariages. Ils ne sont pas d'ailleurs complètement exclusifs en ce qui regarde la tradition, et ils admettent certaines interprétations qu'ils appellent héréditaires; seulement, ils ne les reçoivent qu'après uu examen attentif et avec un choix scrupuleux. Ajoutons, enfin, que s'il faut en croire les écrivains, protestants pour la plupart, qui ont donné des renseignements sur les caraïtes , ceux-ci dans l'explication d'une infinité de passages de la loi et des prophètes se rapprochent beaucoup du sens adopté par les chrétiens.
Il y a des juifs caraïtes , à ce qu'on prétend , eu Pologne, en Russie, dans la Crimée, au Caire, à Damas, en Perse, à Constanlinople.
Mais en général ils y sont fort peu nombreux. Ils se distinguent par le zèle minutieux aveclequel ils accomplissent leurs pratiques religieuses, parleur habitude de lire l'Écriture et leur liturgie dans la langue du pays qu'ils habitent, et aussi par la pureté de leurs mœurs.
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«AÏTES.
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