CARNAC
l'usage. Caylus y voit l'ouvrage d'un peuple étranger arrivé par mer sur la côte de Bretagne. La Sauvagère croit y trouver l'emplacement d'un camp élevé par César, opinion qui n'a pas besoin d'être réfutée. D'autres s'imaginent que chacune de ces pierres est un tombeau , et que le champ de Carnac est un cimetière, glorieuse sépulture d'une armée de braves tombés sur le champ de bataille. Un voyageur, M. Canttry, après avoir dit que ces conjectures et ces traditions n'offrent à l'esprit aucune explication satisfaisante, ajoute: « Cependant un vieux matelot me répondit deux choses assez frappantes : I e Qu'uue de ces pierres couvre un immense trésor ; que pour le mieux cacher on a dressé des milliers de pierres , et qu'un calcul dont on ne trouverait la clef que dans la tour de Londres pourrait seul indiquer la place du trésor; 2° qu'au mois de juin , chaque anuée, les anciens ajoutaient une pierre aux pierres déjà dressées, et qu'on les illuminait à grands frais la nuit qui précédait celte cérémonie. » Le pittoresque de cette légende pourrait en excuser l'excentricité, si cette croyance à un trésor caché n'avait causé et ne causait encore chaque jour la destruction de ces curieux menhirs, renversés par les chercheurs d'or, et si d'ailleurs il n'en fallait revenir à la solution plus raisonnable proposée par M. Ë. Breton, qui suppose que toute cette partie de la cote, ainsi hérissée de pierres dressées, faisait partie d'un sanctuaire druidique. Chaque enceinte pouvait servir à une destination différente. Tout ce qui constituait la nationalité celtique, le commerce, la législation, la justice, la religion , pouvait trouver là le lieu qui lui était consacré. Peut-être Carnac était-il un champ de mai, une espèce de forum national.
« Les euvironsde Carnac, dit M. Worsaae, inspecteur des monuments historiques du Danemark (dans un rapport sur les monuments celtiques de la France adressé à M. Mérimée) , sont célèbres par le nombre et la grandeur des dolmens qu'on y rencontre.
Quant aux allées , il n'est pas facile de décider s'il faut en attribuer l'érection aux Celtes ou aux Druides, ni si l'on peut les rapprocher du monument de Stone-Henge dans la plaine de Salisbury,en Angleterre. Stone-Henge consiste en plusieurs cercles de pierres, réguliers, concentriques, entourés d'un fossé et d'un parapet de terre. Les blocs des cercles sont évidemment taillés. A leur extrémité, les pierres verticales portent un tenon qui s'engage daus une mortaise creusée dans les pierres horizontales qui recouvrent les premières. Voilà des indices d'une civilisation déjà avancée, telle qu'on le supposait aux celtes britanniques. Rien «le semblable à Carnac. Les pierres ne sont nullement travail-
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; lées, et les plus grandes n'atteignent qu'à la moitié de la hauteur des principaux blocs de
j Stone-Henge. J'ajouterai que les allées d< Carnac n'ont pas l'étendue qu'on leur attribue ordinairement. Quoiqu'il en soit, le monument
! de Carnac est tellement rude , tellement primitif, qu'il m'est impossible de ne pas le croire plus ancien que celui de Stone-Henge.
Quant à moi, je ne puis croire que les Celtes français au temps de leur puissance aient élevé un monument , probablement religieai, dans un lieu si reculé, ni que dans la suite, lorsqu'ils furent refoulés en Bretagne par ik nouveaux conquérants, ils aient laissé un souvenir si grossier de leur civilisation deja perfectionnée. Sans pouvoir l'affirmer arec certitude, je dirai plutôt que les allées k Carnac, entourées de tant de dolmens , mi l'ouvrage du peuple primitif qui avant l'invasion des celtes occupait le littoral de la France.'
Voj. Mémoires de V Académie Celtique, S\n\. in «* Recherches sur les Pierres de. Carnac. iri-V. .Xotuc de M. E. breton sur tes Cromlechs dans les monuments anciens et modernes, par J. Gailtuliaud. 1. 1. article de M. Mérimée dans YMhcnsenm du «ami
caroubier. (Botanique. ) Le caroubier, ceralonia siligna, Likné, appartient à la lamille des légumineuses et à la polygamie diœcie; c'est un arbre de deuxième grandeur.
Ses feuilles, persistantes, sont ailées, à six ou dix folioles ovales; ses fleurs, qui paraisseot en hiver, sont petites, disposées en une grappe simple; leur couleur est pourpre foncé et d'une odeur semblable aux fleurs du niarronier. Le fruit du caroubier se présente ea gousses longues d'un pied, et qui renferment une pulpe rougeatre douce et sucrée, mai»
d'une saveur fade. Ce sont ces gousses, uo peu courbées en forme de cornes, qui lui ont fait donner le nom de ceralonia , du grec xepa; (corne). Le caroubier se rencontre fréquemment sur les côtes de Barbarie; il « trouve également en Espagne, en Italie, en Provence et dans les envirous de Nice. Dan* l'Ile de Crète, il croit abondamment saus culture, et Ton en transporte les fruits à Conslantinople, en Syrie, en Ëgypte, pour serïir de nourriture aux enfants et aux pauvres. Oo en importe souvent aussi d'Espagne en Angleterre, sous le nom de pois d'algarrobo, uom espagnol du ceralonia, et qui n'ait qu'une légère altération du mot arabe iharroubj d'où nous avons fait caroubier et les Auglais carob tree. Cavanilles dit que dan»
le royaume de Valence la pulpe du caroa bier sert à nourrir les chevaux, les muleUet les moutons. Pendant la guerre de 1811 et 1812 le caroubier a été la principale noom* ture des chevaux de la cavalerie anglais* dans la Péuinsule. Le bois de cet arbre d*