CAROUBIER
vient très-dur en vieillissant; il est veiné, d'un beau rouge foncé et propre aux ouvrages de menuiserie et de marqueterie. Théophraste, Pline et Dioscoride ont Tait mention du ceralonia; mais ils faisaient peu de cas de ses fruits , si ce n'est pour leur emploi en médecine. Cette pulpe passe pour béchique; on la fait entrer dans les décoctions pectorales. Le caroubier chez nous demande une terre à oranger; il doit être exposé au midi et rentré l'hiver. 11 se propage de graines sur couche, difficilement de marcottes, et veut peu d'arrosemenls. Il n'en existe qu'une espèce.
G. de L.
cakpocratiexs. ( Histoire* religieuse.) On nommait ainsi une secte d'hérétiques qui parut au second siècle de l'ère chrétif nne, et qui avait pour chef Carpocras d'Alexandrie.
Ce Carpocras, selon saint Épiphane (1), espèce de philosophe mal instruit et mal converti , hommes de mœurs fort corrompues, voulut allier le christianisme avec les idées de la philosophie païenne. Sa doctrine dérivait directement de celle des gnostiques, dont sa secte devint une branche. Il fit revivre les erreurs de Simon le Magicien, de Ménandre, do Saturnin, de Basilide, et y en ajouta de nouvelles. Il reconnaissait, avec les gnostiques, un seul principe, père de tontes choses , dont le nom était inconnu aussi bien que la nature. Pour expliquer l'origine du mal, il supposa, comme Platon, que le monde n'avait pas été créé par un Dieu suprême, infiniment puissant et bon , mais par des génies inférieurs, très-peu soumis à Dieu. 11 niait formellement la divinité de Jésus- Christ. Selon lui le Rédempteur était un homme, né d'un homme et d'une femme; seulement son âme, plus fidèle à Dieu et plus ïélée pour son service , était douée de facultés plus parfaites et jouissait d'une pureté plus grande. L'hérétique reconnaissait donc à Jésus-Christ nne supériorité marquée, mais tout humaine , et à laquelle les hommes ne devaient pas désespérer d'atteindre. Il admettait la préexistence des âmes , et prétendait que leur captivité dans les corps humains leur était infligée en punition des péchés commis par elles pendant leur vie antérieure. Tant Qu'elles demeuraient sur la terre, elles étaient soumises aux génies malfaisants qui avaient créé le monde, et devaient leur obéir : or, ces génies poussaient à la satisfaction des désirs de la chair et des mauvaises passions ; il en résultait que l'homme n'était pas libre, et qu'il ne se rendait nullement coupable en réalité en commettant une action quelconque, si criminelle qu'elle parût aux yeux des ignorants. Celte morale, qui se rapprochait de celle