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CASTALIE

des philosophes de la secte cyrénafqne, et qui renchérissait encore sur celle-ci , en présentant la débauche comme une purification et une condition nécessaire de la perfection, conduisit naturellement les disciples de Carpocras à d'infâmes excès. Se persuadant que la concupiscence est cet ennemi dont parle l'Évangile (I), et avec lequel il faut tâcher de régler notre compte à l'amiable, ils ne cherchaient que le plaisir et la licence. Ils priaient nus, regardant cette nudité comme une marque de liberté. Us avaient le jeûne en horreur.

Hommes et femmes se livraient au culte de leur corps. Ils se baignaient, se parfumaient. Ils célébraient en commun des repas qu'ils appelaient du nom d'agapes, comme les chrétiens orthodoxes. Vers la fin du repas, les lumières s'éteignaient , et les convives se plongeaient dans les plus honteuses débauches (2). On compreud qu'au milieu de ces infamies les institutions sociales n'étaient guère respectées. Épiphane, fils de Carpocras et le premier de ses apôtres, imbu comme lui des opinions platoniciennes , composa un livre intitulé : De la Justice, où il définissait la justice de Dieu une communauté avec égalité (3). Il prétendait prouver que la communauté en toutes choses sans exception venait de la loi naturelle et divine ; que la propriété des biens et la distinction des mariages n'avaient été introduites que par la loi humaine. Double négation du principe de la personnalité humaine, qui se représente à toutes les époques , dans le même état de relation logique, sacrifiant en même temps et la propriété individuelle, et la dignité, la pureté de la personne (4).

Cette dépravation de mœurs fit pendant quelque temps un grand tort au christianisme : ]rs païens s'empressaient d'attribuer à la généralité des chrétiens la perversité de quelques hérétiques, que les vrais chrétiens détestaient et dont ils repoussaient les principes avec horreur. Au reste , la secte des Carpocratiens ne subsista pas longtemps. Après avoir souillé CÉgypte et l'Ile de Samos , elle s'éteignit dans le mépris, malgré les effort de Carpocras, de son fils Épiphane, et de son disciple Cérinthe.

Saint Kplphane, Hspres., JT. •— Tcrtulllen , De priescript., 1. M. — Clcm. Alex., Strom., I. III ,

- Eusèbe, 1. IV, ch. 8.

CASTALIE. ( Géographie et Mythologie. ) Fontaine située sur le penchant du mont Parnasse, dans la Phocide. D'après une tradi-

(1) Mat th., V, «8.

<t| fcplnh., Epise. contra Hœr.,p. 71; Lutetla;, IG14.- Flcury. Histoire de f Église. 1. 1, p. S8S.— Chateaubriand, Études historiques.

(3) Flcury, ibid.— Clem. Alex., Strom., p. 448. ,

- (») M. Sudr*, Histoire du Communisme, p. se.

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