C. Famiw
casuel. ( Histoire ecclésiastique. ) On appelle en général revenu casttel un revenu fondé sur îles cas fortuits, dont on ne saurait faire la base d'un revenu certain et déterminé d'avance. Le trésor sous l'ancienne monarchie avait beaucoup de revenus de ce genre, tels que les aubaines, les confiscations, etc. On nommait alors parties casuelles les droits qui revenaient au roi pour les charges de judicature ou de finance, quand elles changeaient de titulaire. Les droits seigneuriaux comptaient aussi beaucoup de revenu casuel , comme quinte et requinte, rachat , lods et ventes , etc. On désigne par la dénomination de droits casuels ou simplement par le mot casuel , devenu substantif en cette circonstance, les honoraires ou rétributions que touchent les ministres du culte chaque fois qu'ils accomplissent quelques fonctions de leur ministère ; soit qu'ils administrent le baptême, soit qu'ils officient pour un mariage, soit qu'ils reçoivent à l'église et accompagnent au cimetière le cercueil d'un de leurs paroissiens. On a dit souvent qu'il était très-fâcheux que la position des desservants des églises ne leur permit pas d'accomplir sans rétribution les actes de leur saint ministère : la religion perd en dignité et en considération à vendre ainsi les sacrements et les prières, et la foi gagnerait beaucoup si Je
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culte ne coûtait rien. Mais si la nécessité a fait une loi de ces rémunérations accordées aux actes du culte catholique, si le clergé, trop pauvre, a besoin pour subsister des rétributions qui font à quelques-uns, il est vrai, une opuleuce au moins superflue, et qui donnent à peine à d'autres les nécessités de la vie, ce n'est pas à l'église qu'il faut s'en prendre. Les fonctions ecclésiastiques, difficiles à remplir, exigeant chez ceux qui s'y destinent un renoncement et une abnégation complète, sont acceptées en général par des jeunes gens sans fortune, et qui ne peuvent trouver aucune ressource pécuniaire dans leur famille. Il faut cependant pourvoir aux besoins d'une vie modeste et faire l'aumône, qui est le luxe nécessaire du prêtre. L'Étal n'a pas voulu assurer l'existence des desservants de paroisse, ou du moins il ne l'a fait qu'incomplètement, leur assignant, pour remédier à sa parcimonie, l'impôt prélevé sur l'enfant qui naît, sur le vieillard qui meurt, sur les chrétiens qui s'unissent par le mariage, et qui trop souvent échappent à l'impôt en négligeant le sacrement. C'est donc à l'État, devenu soucieux des intérêts de la religion , a améliorer la situation des prêtres, et à supprimer ainsi la pénible nécessité du casuel.
cattaro. ( Géographie. ) Le cercle de Cattaro est un des quatre qui composent le royaume de Dalmatie. Il s'étend entre la Turquie et l'Adriatique, et comprend le territoire qui forme l'Albanie autrichienne.
11 est montagneux et boisé, et produit des vins excellents, aitisi que de l'huile et des figues. Le commerce y est considérable, surtout avec Venise : il consiste en viande de mouton salée et fumée , en fromage , en laine et en diverses marchandises tirées de la Turquie.
Ce cercle a formé autrefois une république, de laquelle dépendaient toutes les cotes de l'Adriatique jusqu'à Risano. Il a appartenu ensuite aux Vénitiens , et a passé de là sous la domination autrichienne. En 1807 il fut incorporé à l'empire français, et retourna à l'Autriche en 1815. Sa population est de 34,000 habitants. Son chef- lieu est Cattaro, ville située au fond du golfe qu'on appelle les Bouches de Cattaro. Ce golfe a environ 30 lieues de circonférence ; et forme une des plus belles rades de l'Adriatique. A son embouchure se trouvent les écueils de Zagniza el délia Madonna, qui la divisent en trois entrées, on bouches ; d'où le golfe a tiré le nom qu'il porte. La partie intérieure du goirc est communément appelée canal de Cattaro. Des trois passes qui y donnent accès , deux , celle située entre la pointe d'Ostro et recueil de Zagniza et celle qui s'ouvre entre les deux tlots, sont larges, et assez profondes pour livrer passage aux plus grands navires, tandis
que dans la troisième, au contraire, la mer est si basse qu'on peut la traverser à gué. — cattaro ( Kottor en slave ) est une ville fortifiée et le siège d'un évêcbé sufTragant de l'archevêché de Bari , dans le royaume de Naples. Située sur le bord du golfe, qui lui fait un magnifique port, elle occupe les premières pentes d'un rocher en haut duquel veille sur elle le fort San-Giovanni. Elle ne possède pas de monuments remarquables.
Ses églises sont loin d'offrir le luxe qui brille dans les églises de l'Italie; ses convenu , ses casernes n'ont rien de monumental. Elle compte 2,000 habitants , la plupart d'origine italienne et professant la religion catholique. Elle possède une marine marchande considérable et fait un commerce assez animé. La ville de Cattaro, bâtie dans le sixième siècle, éprouva à différentes époques des tremblements de terre dont elle a beaucoup souffert , notamment en 1563 et 1667. Après avoir été le chef-lieu de la république du même nom, elle passa avec elle sons la domination des Vénitiens, et fut, comme elle, donnée à l'Autriche par le traité de Campo-Formio, et à la France par celui de Presbonrg. Tombée pour un instant au pouvoir des Russes, elle fut rendue à la France à la paix de Tilsitt, et retourna à l'Autriche après le congrès de Vienne. G.
ckne. ( Religion. ) Ce mot vient du latin cœna, souper, qui dérive lui-même du grec xotv6<, exprimant l'idée de communauté. Le souper ou le repas du soir était en effet, chez les Anciens l'unique repas, qui se prtt régnlièretnent et en commun. La religion chrétienne a spécialement donné le nom caractéristique de Cène au dernier repas que Jésus-Christ fit avec ses apôtres, la veille de sa mort, et dans lequel il célébra la Pâque avec eux. C'est là, qu'il leur annonça que sa mort était proche et qu'il leur apprit la trahison dont il devait être victime. Ensuite il rompit le pain , versa le vin, et dit aux apôtres : « Prenez et mangez , ceci est ma chair; prenez et bovez, ceci est mon sang, qui sera répandu pour la rémission de beaucoup de péchés. » Il instituait ainsi le sa* crement de l'Eucharistie et le sacrifice de la messe. L'Église célèbre la mémoire de la Cène le jeudi saint. Ce jour-là, pour nous remettre sous les yeux l'humilité de Jésus-Christ, qui, après la Cène , lava les pieds à ses apôtres , chaque curé dans son église , chaque évêque dans sa métropole, le pape lui-même, à Saint-Pierre, lavent le9 pieds à douze pauvres. 11 n'y a pas longtemps encore que les rois de France imitaient, à pareil jour, cette humilité divine, dans une cérémonie qui s'appelait faire la Cène. Après un sermon convenable au sujet, et après l'absoute faite par un évêque,