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CENTAURES

enchaîne à son char, Eros à son tour s'en fait une monture, et nous offre ainsi le symbole de la brutalité domptée par l'amour. Les centaures se trouvent donc aussi avec ce dieu dans un rapport intime. Ils sont ses orgiasles, et, à l'exemple d'Eros, qui est lui-même représenté avec la lyre et la flûte, ils portent ces deux symboles dans l'exercice de sou culte (1). Dans les temps les plus reculés. de l'art antique on leur donnait complètement le corps et les pieds de l'homme; la croupe seulement s'allongeait et était soutenue par deux jambes de cheval.

C'était ainsi qu'était figuré le centaure ciselé sur le coffre de Cypsôlus (2). Plus tard, et dès l'époque de Phidias, on reproduisit d'une manière plus heureuse les doux types dont l'imagination des Grecs s'était plue à composer la ligure des centaures. La partie antérieure du corps humain, prenant la place de l'encolure et de la tête du cheval, reposait sur le poitrail de ce quadrupède, qui semblait de voir ainsi réunir l'adresse et l'intelligence humaines à la force et à l'agilité. Les oreilles pointues, les cheveux relevés au-dessus du front rappelaieut les faunes on satyres qui jouent un rôle si important dans le cycle de Bacchus. Les centauresses, au contraire, dans ce qu'elles empruntent à la femme, rappellent les formes les plus aimables que le ciseau grec sût donner aux déesses ou aux nymphes.

Un grand nombre de monuments antiques nous sont restés qui représentent des centaures, soit dans leurs luttes contre Hercule ou Thésée, soit attelés au char des dieux, soit isolés en statues, en bas-reliefs ou en peinture. Ils faisaient partie de la composition de la plupart des métopes de la frise extérieure du Parthénon , ainsi que de celle du temple d'Apollon à Bassaedans le Peloponèse, et du temple de Jupiter à Olympie. Les basreliefs du temple d'Assos en Mysie, maintenant au musée du Louvre, représentent plusieurs centaures dont les uns semblent lutter entre eux et les autres poursuivre des animaux sauvages. Zeuxis, dans un tableau célèbre, avait peint une centauresse allaitant ses enfants, dont l'un regardait en souriant un lionceau qui lui était apporté par son père. Plusieurs groupes de centaures, dans les peintures de Pomnéi ou d'Herculanum, offrent à la fois les caractères de vigueur et de grâce particuliers à ces créations du génie symbolique des anciens. On connaît les deux centaures du musée du Capitole appelés les centaures del Furietti, parce qu'ils furent découverts par le cardinal de ce nom dans la villa Adriana, en 1736. Ils sont d'un beau marbre noir et appartiennent à l'école grecque du siècle d'Adrien. L'un, qui est représenté sous les appa-

(O.Voy. Ann, de l'Institut. Jrehiol., 18*1, p. ase. (s) Pausan., El., XIX,

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rences de la vieillesse, semble indigné d'avoir les deux bras retenus en arrière par des liens que tenait un amour monté sur sa croupe; l'autre est jeuue et tenait sans doute à la main quelque animal qu'il venait de prendre .ils ont tous deux en guise de chlamide une peau de hôte sauvage; le plus vieux la tient sur l'épaule» l'autre sur le bras gauche. Les deux centaures en marbre blanc du musée du Vatican, trouvés au commencement de ce siècle près de Saint-Jean de Latran,sont une copie des centaures du musée Capitolin. Les bas reliefs et les peintures de vases offrent, comme nous l'avons dit, de nombreux exemples des centaures combattant contre les héros grecs ou attelés au char de Bacchus. On voit aussi, au revers d'un médaillon d'Antonin le Pieux , Hercule terrassant les centaures à coups de massue.

Sur une médaille de grand bronze frappée eo l'honneur de Commode, Jupiter tenant une petite statue de Diane d'Ephèse est assis sur un char traîné par deux centaures, dont l'un tient un cratère et l'autre une espèce de bâlon pastoral. On voit encore d'autres médailles sur lesquelles des dieux ou demi-dieux sont montés sur des chars ainsi attelés. Un grand bronze deDomitien représente ce prince debout sur la tensa que traînent deux centaures; et sur l'un des trois plus grands camées connus, représentant le triomphe de l'empereur Claude sur les Bretons, deux centaures traînent le char sur lequel sont placés Claude, Messaline, Octavie et Britannicus (1). N. des V.

centumvirs. ( Antiquités Romaines. ) Le préteur, qui représentait à Rome le degré le plus élevé des pouvoirs judiciaires, ne jugeait pas seul; il étailassisté soit par dix, soil par cent conseillers, organisés en deux tribunaux permanents, appelés l'uu le tribunal des Décemvirs, l'autre celui des Centumvirs.

Suivant l'espèce et l'importance des causes, le préteur choisissait le tribunal par lequel il voulait se faire assister, et, se bornant à le présider, rendait la sentence d'après l'avis des juges qui siégeaient avec lui ; mais c'était en son propre nom que la sentence était prononcée (2). Ces deux tribunaux avaient des fonctions d'une importance à peu près égale, quoique fort différentes. Le premier, c'est-à-dire le décemviral, dont la création remontait à l'anuée 460 de Rome, se composait de cinq sénateurs et d'autaut de chevaliers (3). il oe jugeait seul que les causes les moins importantes (4); mais c'était lui qui assemblait le

(1) Mem. sur les trois plus grands camées antiques , par M. Mongcz. dans In Mem. de CAcaà. des insc. et belles lettres, nourellc Série, U Vill, p.ir à 400.

(t) Plln., Epist., V, M.

(3) rjlptan. Tlt, 1, i 13.

(4) Cic, De Oral., 38, 86; Pro Cacil , 18.- 0\ld., Trist. % II. n.

CENTUMVIRS — CENTURION

conseil des Centumvirs (1), et avait la direction des quatre sections dont celui-ci se composait. Les Centumvirs avaient été institués l'an 520 de la fondation de Rome, sous le consulat de Q. Lutatius et d'A. Maolius 'for* qnatus. Ils étaient élus par les tribus, trois par chacune, de façon que, les tribus étant au nombre de 35, le nombre des centumvirs s'élevait réellement à 105. Aussi les jugements rendus avec leur concours se distinguaient par des formes particulières , prononçaient en dernier ressort, et restaient sans appel : Ils représentaient la nation tout entière. Ils étaient partagés , comme nous venons de le dire, en quatre sections ou tribunaux. Le préleur décidait la convocation, soit d'une, •oit de deux, soit même des quatre sections, suivant l'importance de l'affaire à juger (î). Jl les appelait pour toutes les causes où il s'agissait des prescriptions, des tutelles, des droits de parenté ou de famille, des héritages, de tout ce qui regardait les alluvions, les atterrisseraents, les esclaves et les personnes libresà qui l'impuissance de payer faisait perdre leurs droits; des servitudes de murs, de jours, de gouttières; des dispositions testamentaires, etc. (3). Les Centumvirs s'assemblaient ordinairement dans les basiliques. Leurs jugements se désignaient par l'expression /udicium hasta, jugement par la lance. En effet, quand le préteur siégeait avec eux, une lance était dressée devant le tribunal; c'était le symbole de la propriété quirilaîre, dont ces juges connaissaient essentiellement (4); c'est-à-dire de la propriété conquise à la guerre (5) , celle de toutes que les Romains regardaient comme la plus légitime (6).

Le nombre de ces magistrats resta le même pendant toute la durée de la république; mais après le règne d'Auguste, il s'augmenta et fut porté à cent quatre-vingts. Néammoins es centumvirs demeurèrent toujours partagés en quatre sections. G.

CENTURIES. Voy. COMICES.

centurion. (Antiquités Romaines. ) Ou nommait aiusi dos officiers de l'armée romaine qui commandaient une centurie (7) , c'est-àdire une des deux compagnies qui formaient un manipule, et dont la force régulière était de cent hommes. Ils étaient désignés par les tribuns (8) , qui les choisissaient parmi leurs

(DSueLi^.,8, 6.

(*) Val. Max., VII, vn. 1. - Plln., Sp., VI, SS.

(3) Cic, Brut., 63 ; Pro Ceci*., 18 ; De Orat., I, 88, S9; Val. Max.. VII, vu, 1.— Gell., XII, 13, 18.

(4) Suct., Aug., 3«. — GaL, IV, § 16.

(5) Gai., ibid. — Cic, De Offlc, II, 8, 23 ; PhU., II, «0} Vin, 3; De Leg. Agrar.. I,«; II. So. — Flor., Il, j 6; III, il. - Val. Max., VI, v, - SucL, Cett., 60.

(«) Galus. IV, f 16.

(T) Tac, Ann., I, JH.

(8; TU-lLiv., XL1I, 34,85.

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