CERISIER
planches. Ce bois est très-bon pour le chauffage : il donne beaucoup de chaleur et fournit d'excellent charbon. Il découle d'entre les fentes de l'écorce une gomme douce et nourrissante, qui diffère de la gomme aiabique en ce qu'elle ne fait que se gonfler dans l'eau sans s'y dissoudre; elle est d'ailleurs moins blanche et moins transparente. L'écorce moyenne peut donner une teinture jaune.
Les forêts d'Europe nous fournissent encore quelques cerisiers, mais dont les fruits ne sont pas employés comme comestibles et qui ne sont que des arbrisseaux d'ornement. Tels sont :
Le cerisier à grappes (cerasuspadus, Juss. ; prunus padus, Linn. ), arbrisseau qui croit naturellement dans les forêts de l'Europe et qui, introduit dans les bosquets, y forme, par ses belles grappes de fleurs blanches, une décoration agréable. Il se multiplie facilement par ses semences et par les rejets que fournissent ses racines. Il s'élève à la hauteur de trois à quat re mètres. Sonécorce est très-lisse, d'un brun rougeatre; ses feuilles ovales-lancéolées ; les grappes sont longues, pendantes et lâches, les pétales ovales oblongs, un peu denticulésau sommet ;aux (leurs succèdent de petits fruits rougeâtres, puis noirs, d'une saveur amère, peti agréable, qui s'adoucit a la maturité. Le bois de cet arbrisseau est tendre, odorant, léger, agréablement veiné. Les ébénistes et les tourneurs en font de jolis ouvrages ; les charrons le préfèrent pour faire des chevilles, parce qu'il a de longues fibres, qu'il se resserre par la pression, et qu'il est peu sensible aux variations de l'atmosphère. Son écorce a une saveur amère, qui l'a fait quelquefois substituer au quinquina dans les fièvres intermittentes.
Le cerisier inahaleb (cerasus mahaleb, Juss., prunus mahaleb, Linu. ), connu plus généralement sous le nom de bois de Sainte*Lucie, est un arbrisseau également recherché à cause de l'agrément que ses fleurs répandent dans les bosquets. Il croit dans les forêts de l'Europe, surtout dans les pays montagneux : U est très-commun aux environs de Sainte-Lucie, dans les Vosges, d'où lui est venu son nom.
Il ne doit pas, au reste, être confondu avec un autre arbre qui porte le même nom, et qu'on nous apporte de l'tle de Sainte-Lucie : le bois de celui-ci est bien plus noir et plus odorant. Tous deux servent à la fabrication de jolis petits meubles. Le bois du mahaleb est dur, rougeâtre, susceptible de preudre un beau poli ; il répand une odeur assez agréable, surtout quand on le travaille. L'écorce est grise ou d'un brun rouge; les feuilles un peu arrondies, glabres, dentées, odorantes quand elles sont sèches; les fleurs blanches, presque en corymbe; les fruits petits, noirs, arrondis,
d'Hne saveur amère et désagréable : Us fournissent aux teinturiers une couleur purpurine.
Un petit cérisier, peu élevé, nommé prunus chamxcerasus , est cultivé dans les bosquets du printemps. Sa forme est agréable; ses feuilles sont petites, ovales et dentées; ses fleurs blanches, solitaires ou réunies en bouquets axillaires; elles produisent de petits fruits rouges, globuleux, d'un goût amer.
L'Ecluse a fait connaître le premier cette jolie espèce, qu'on trouve dans les lieux secs et sur les collines de la Hongrie, de l'Autriche, de la Moldavie , etc.
IJ y a plus de deux cents ans que l'Europe s'est enrichie d'un grand et bel arbrisseau, connu vulgairement sous les noms de laurier»
cerise ou laurier-amande ( cerasus laurocerasus, Juss.; prunus laurocerasus , Linn.) Il crott naturellement dans les environs de Trébizonde, d'où il fnt transporté à Constant!nople. En 1576, l'Écluse en reçut un individu vivant qui lui fut adressé par David Ungnad, ambassadeur de l'Empereur d'Allemagne près de la porte Ottomane. Peu auparavant, Belon en avait déjà vu un pied dans le jardin du pr ince Doria, à Gênes. Cet arbrisseau se perpétue facilement de graines, de drageons et de marcottes. 11 produit un bel effet dans nos bosquets ; on en fait des palissades le long des murs ; mais il craint les fortes gélées : il faut le couvrir en hiver, saison pendant laquelle il conserve ses feuilles ; celles-ci sont d'une verdure agréable, épaisses, coriaces, luisantes, assez grandes, ovales lancéolées, à peine péliolées. Les fleurs sont blanches, disposées en belles grappes axillaires, d'une odeur douce. Elles produisent de petits fruits ovales, peu charnus, noirâtres à leur maturité. On se sert, dans les cuisines, des feuilles de cette plante pour donner un goût d'amande au lait et aux crèmes; mais ces feuilles renferment dans leur arôme des qualités malfaisantes et dangereuses : aussi ne faut-il en user qu'avec beaucoup de réserve. Cet arôme s'obtient par l'infusion ou la distillation des feuilles dans l'eau ou l'alcool ; mais il ne faut pas que ces liquides en soient trop chargés. Quand la distillation est répétée plusieurs fois, il en résulte un liquide qui est un violent poison pour l'homme et les animaux : les seules émanations de cet arbre, si l'on s'arrête trop longtemps sous son ombrage, peuvent occasionner des maux de fêle assez violents, et même des envies de vomir. On a reconnu que le principe délétère qui existe dans l'arôme concentré du laurier» cerise est de l'acide prussique
La culture du cerisier n'est pas difficile- Il s'accommode de toute sorte de terre, |M>unrn qu'elle ne soit ni trop sèche, ni trop humide, ni trop argileuse. Les merisiers à fruit rouge