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CHAMP DE MARS

de Marat; il s'agissait cette fois de l'acceptation de l'Acte constitutionnel par les assemblées primaires. Lafêtedel'Êlre-Suprême, le 20 prairial an 11 (9 juin 1794), accomplit aussi son dernier acte, hymnes chantés en chœur, serments de mourir pour la patrie prêtés par les jeunes gens devant les vieillards, etc., dans le Champ de Mars, qu'on appelait alors Champ de la Réunion. Il portait encore ce nom sous le Directoire, qui en fit le théâtre d'une fête célébrée le jour de l'entrée de Bonaparte à Milan (29 mai 1796).

Sous l'empire, ces solennités populaires furent remplacées par des cérémonies où l'armée jouait le principal rôle, et nul emplacement n'était plus propre aux revues, aux manœuvres, aux défilés de troupes que le parallélogramme étend u devant l'École-m ili ta i re . Pendant les Cent-Jours, le 1 er juin, Napoléon distribua, dans une solennité qu'il appela Champ de Mai, des drapeaux aux troupes réunies dans cet endroit, et il y reçut leur serment de défendre le trône qu'il venait de relever. La restauration négligea un peu le Champ de Mars, et ne le fît guère servir qu'à des revues de la garde nationale. Mais la révolution de juillet y ramena les réjouissances publiques, et ce fut là qu'eurent lieu une partie des fêtes qui soleonisèrent le mariage du duc d'Orléans. La république de 1848 y célébra la fête de l'agriculture et de l'industrie. Enûn, sous le gouvernement du prince président, de magnifiques fêtes militaires, petite guerre en 1851 , distribution des aigles en 1852, ont fait du Champ de Mars le théâtre de spectacles brillants, pour lesquels l'art et la nature l'ont merveilleusement disposé.

N. des V.

Champs-Elysées. (Mythologie.) On appelait ainsi la partie des enfers où les ombres des hommes vaillants, sages, vertueux, trouvaient après la mort le bonheur et le repos éternels. Homère place les Champs-Élysées aux limites occidentales de la terre, endeçà de l'océan. Voici ce qu'il fait dire à Prolée, interrogé par Ménélas : « Le destin n'a pas décidé, o nourrisson de Jupiter, que tu finirais tes jours dans Argos : les immortels t'enverront aux confins de la terre, dans les Champs-Élyséens, qu'habite le blond Rhadamante. Là la vie s'écoule douce et tranquille. L'hiver et ses neiges y sont inconnus; le ciel n'y a pas d'orages; l'océan n'y envoie que le souille raffralchissant du zéphyr (1). » Hésiode appelle ce lieu les iles bienheureuses, où la terre se couvre de fleurs et de fruits trois fois par année, où une félicité parfaite attend, an delà de l'Océan, les héros dignes de ce beau sort (2). Suivant Pindare,

(1) Hom.,<M.. VI, M1-W8. - a. Ettrtp., Het., 1678. (i) Hésiod., Opj»., in.

- CHANDERNAGOH GI2

Saturne a un grand palais dans ces fies : on n'y est admis qu'après avoir subi sur la terre et dans l'Hadès trois épreuves, pendant chacune desquelles on ne doit se rendre coupable d'aucun crime. Rhadamante y siège auprès de Saturne. Là aussi habitent Pélée, Cadmus, et Achille (1). Les traditions postérieures s'écartent en quelques points du mythe primitif, et le caprice des poètes a assigné de nouvelles places à.l'Élysée, à mesure que se reculaient les bornes du monde connu. Ainsi, suivant Lucien, c'est dans la lune qu'est l'Élysée; Plutarque le place au centre de la terre, et Denys le géographe dans les lies Blanches.

Virgile rapporte qu'après un séjour de mille ans dans ce paradis, les âmes boivent de l'eau du fleuve Léthé et viennent animer d'autres corps. N. des V.

chahDblevr. {Histoire religieuse ,)CVst le nom populaire de la fête qui , dans l'église catholique, se célèbre le 2 février, en mémoire de la présentation de Notre-Seigneur au temple et de la purification de la Vierge, .«a sainte mère. Quarante jours après ses couches, Marie se soumit , comme les autres femmes, à la cérémonie légale de la purification, et en même temps , suivant les prescriptions de la loi, le nouveau-né fut présenté au Seigneur.

La fête qui solennisc ce divin exemple d'obéissance et d'humilité est nommée Chandeleur par allusion aux cierges ou chandelles de cire que l'on bénit , que l'on allume et que portent le clergé et les fidèles , pour honorer Jésus-Christ comme la vraie lumière, lumen ad revelationem gentium , ainsi que le dit le cantique du vieillard Siméon.

Les Grecs appellent cette fête (movnî , rencontre, -parce que Siméon et la prophètes»

Anne rencontrèrent Jésus dans le temple, lorsqu'on Je présentait au Seigneur. C'est alors que le pieux vieillard ciianta le Nunc dimitlis servum tuum, Domine, que l'Église grecque et l'édifice latine répètent dans cette solennité.

L'Église grecque et l'Église de Milan mettent cette fête au nombre des solennités de Notre- Seigneur; mais l'Église romaine l'a toujours comptée au nombre des fètesde la sainte Vierge

Dom Goeranger, l'Année liturgique, temps de Moél, t« partie, p. M.

F. Dehèque.

chakdern agor. ( Géographie). Fransdonga chez les Indigènes. Ville française de l'Inde, dans le Bengale, à 3t kil. nord de Calcutta , sur la rive droite de l'Hougli, dans une position élevée et pittoresque. Popiil-, 32,000 habitants. Les rues de Chandernai-'or sont alignées et bien pavées, ses maisons à deux étages, construites en briques et blau-

(t) puml, Ol. u, w-m ( i»-iw \ - Cf. StaK ui p. m.

dues extérieurement, avec des toits plats, suivant la mode généralement adoptée dans l'Inde. Les navires ne remontent plus jusqu'à Chandernagor, et ils ne pourraient le faire qu'avec difficulté. Cette ville appartient à la France depuis 1688; mais elle a perdu toute importance depuis 1814. Les Français se sont engagés alors à ne pas en rétablir les fortifications, qui avaient été détruites par les Anglais pendant la dernière guerre.

On exporte annuellement de Chandernagor 400 caisses d'opium. G.

chanoine. (Histoire ecclésiastique.) Le mot grec xavwv, d'où vient le mot français chanoine, a trois sens assez distincts : il peut se traduire par règle; il peut servir à désigner une pension, l'assignation d'un revenu fixe; il peut enfin signifier registre, catalogue, matricule. Il en résulte que, selon les uns, les chanoines, en latin canonici, ont été nommés ainsi à cause de la règle qu'ils devaient suivre, de la vie régulière qu'ils devaient mener ; selon d'autres, ils tiraient leur nom de la pension régu- Hère qui leur était assignée ; d'après une troisième opinion, ce nom se donnait dans le principe à tous les clercs ou membres du clergé, soit parce qu'ils étaient inscrits dans le canon ou catalogue de l'église, soit parce qu'ils vivaient selon les canons. Quoi qu'il en soit, ce nom était douné particulièrement à des ecclésiastiques qui , formant le clergé d'une église cathédrale ou collégiale, vivaient en communauté, soumis à une règle quasi monastique. Enfin, jusqu'en 1790, on appela ainsi des ecclésiastiques possédant une prébende, c'est-à-dire un revenu affecté à ceux qui célébraient le service divin dans quelques églises privilégiées. On (ail remonter à l'an 1200 l'époque de ce changement, dont le résultat fut d'affranchir les chanoines des règles, de la vie commune. Malgré le relâchement de l'observance, les chanoines n'avaient pas pourtant cessé de faire corps. Leurs réunions qu'on appelait chapitres avaient des attributions assez importantes : il y avait même des chapitresqui s'étaient soustraits à la juridiction de l'évêque, et qui ne reconnaissaient que le pape au-dessus de leur doyen. Il n'était pas nécessaire d'être prêtre pour posséder un canonicat; mais les chanoines qui n'étaient pas engagés dans les ordres sacrés n'avaient pas voix au chapitre. Il y avait des laïques auxquels quelques églises ou collégiales avaient, pour prix de libéralités ou de services rendus, conféré les honneurs du canonicat, avec le pouvoir deles transmettre à leurs descendants, comme un bien patrimonial et séculier. Dans le cérémouial romain, l'empereur était reçu chanoine de Saint-Pierre. Par le fait de son avènement à la couronne, le roi de France était premier chanoine honoraire héréditaire des

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