SUPPL. ENCYCL. MOD. — T. I
églises de Saint-Hilaire de Poitiers, de Saint- Julien du Mans, de Saint-Martin de Tours, ainsi que des cathédrales d'Angers, d'Orléans, de Lyon et de Chalons. D'autres grands seigneurs, les ducs de Berri, les comtes d'Anjou et de Nevers, étaient investis de dignités pareilles. Dans plusieurs églises, telles que celles de Lyon et de Strasbourg, les chanoines étaient obligés de faire preuve de noblesse.
Lorsque les chanoines abandonnèrent la vie commune et la pratique de l'ancienne discipline, cet abandon ne fut pas général.
Quelques-uns continuèrent à demeurer ensemble sous la direction de leurs évêques, et à habiter un même cloître autour de l'église qu'ils desservaient. C'est de là que les quartiers voisins des églises cathédrales ou collégiales s'appellent encore aujourd'hui des cloU très. Ces chanoines, restés fidèles aux institutions primitives, furent distingués des autres par la dénomination de chanoines réguliers.
Presque tous suivaient la règle de Saint-Au* gustin , adoptée par beaucoup de sociétés de l'un et de l'autre sexe, comme les religieux Prémontrés, Génovéfains, Antonins, Victorins. Les chanoines réguliers pouvaient posséder des cures , des prieurés, des abbayes, bénéfices qui étaient interdits aux autres religieux par les canons.
A l'époque de la révolution française, nonseulement les congrégations régulières de chanoines disparurent; mais encore les chapitres séculiers furent supprimés par la constitution civile du clergé. Lors de la réorganisation du culte catholique, on ne rétablit que les chapitres des cathédrales pour la splendeur du culte et pour le gouvernement des diocèses pendant la vacance du siège épiscopal. Quant aux chapitres des églises collégiales, ils n'ont pas été rétablis, et il n'en existe plus en France, à moins que l'on ne considère comme chapitre de collégiale le chapitre naguère royal de Saint-Denis.
Lts Chanoinesses étaient des filles qui exerçaient les mêmes fonctions que les chanoines; qui, comme eux, formaient un chapitre, possédaient des prébendes, et chantaient à l'église à des heures marquées, revêtues de l'aumusse. Elles n'avaient d'ailleurs aucun vœu à (aire. Elle* avaient la libre jouissance de leurs biens, et vivaient chacune en son particulier, quoique leurs maisons fussent dans le même enclos. Elles pouvaient, n'étant liées que par leur volonté, quitter cette vie pour une autre plus mondaine, et se marier.
En un mot, c'était plutôt une espèce de séminaire et une retraite honnête pour les femmes restées dans le célibat qu'un engagement pour le service de Dieu. Pour être admise parmi les chanoinesses, il fallait faire preuve de la plus ancienne, de la plus irré-