CHANOINE — CHATEAU
prodiable noblesse. Les principaux chapitres de chanoinesses étaient en Flandre, en Allemagne et en Lorraine. Celui de Rcmireniont était un des plus illustres.
Il y avait aussi des chanoinesses régulières. Celles-ci étaient de véritables religieuses , qui faisaient des vœux, et vivaient en communauVé sous la règle de Saint-Augustin. L.
charon ou caron. (Mythologie.) Xotpwv.
Ce nom est donné par les anciens au batelier qui passe sur le fleuve des enlers les ombre» des morts. Cliaron est une création assez postérieure des poètes grecs. On ne peut cependant assigner au juste Pé|M>que à laquelle il remonte; ni Homère ni Hésiode n'en font mention, l'olygnote l'avait représenté au Leschéde Defpbes (1), ce qui montre que son existence date au moins du cinquième siècle avant notre ère. De bonne heure aussi on donna en Grèce le nom de Charonia (yapwveta) aux grottes qui passaient pour l'entrée des enfers, telles que celles de Ténare au sud du Péloponèse, d'Héraclée dans le Pont et de Tymbrla en Carie ; et celte circonstance prouve encore rancieuneté de la croyance à l'existence de Cliaron. C'est surtout Virgile (2) qui a popularisé ce personnage, que les poètes latins, sans doute d'après la tradition grecque, nous représentent comme un vieillard à l'aspect repoussant, et qui avait Érèbe pour père. Chaque ombre devait lui payer uue obole pour son passage, et cette croyance, rapportée par les auteurs, est confirmée par la présence de pièces de monnaie trouvées dans la bouche des cadavres que renfermaient des tombeaux antiques. Cet usage, qui s'est perpétué jusqu'à nos jours dans certains cantons de l'Italie et même dans quelques parties de la France, s'est transmis avec l'opinion que les morts doivent effectivement passer en barque avant d'arriver dans le sombre séjour. Cette opinion, qui perce encore dans la célèbre vision représentée sur le tombeau du roi Dagobert à Saint-Denis , se retrouve au chant III de V Enfer du Dante. Le poète voit, au bord de l'Achéron , Charnu qui conduit sa barque sur les eaux fétides du fleuve infernal et crie aux damnés : « Malheur à vous, âmes dépra- « vées! » Michel Ange, dans .son célèbre Jugement dernier, a aussi peint la barque de Cbaron. Les peintures antiques et surtout tes vases peints représentent souvent le nocher des enfers. Sur un lécythos trouvé à Athènes on voit Charon, les cheveux et la barbe en désordre, coiffé d'une sorte de calotte rouge, vêtu d'un chiton de couleur sombre, s'apprêter à recevoir dans sa barque deux ombres qui s'avancent sur le rivage. Ces ombres sont
(l) l'ai».. P/tocid., c. 88.
<«)^n.iV, Mietsq.
figurées par dos personnages vêtus de manteaux de pourpre. Près de leur tête voltigent de petites figures qui représentent leurs âmes (l). Le souvenir de Charon a survécu chez les Grecs modernes au polythéisme. Ce personnage, qu'ils appellent Xapoc ou.Xâpovta;, parcourt à cheval , disent-ils, les montagnes comme pourvoyeur de la mort ; il fait marcher devant lui les jeunes gens et derrière lui les vieillards, emportant les petits enfants sur sa selle (2).
Le personnage de Charon passade la Grèce chez les Étrusques. On le voit en effet sur certains monuments de ce dernier peuple, avec son nom ( Charun ) écrit à coté de lui. Il est barbu, ailé, et porte un aviron (3). Il est probable que le dieu grec fut confondu avec le dieu de la mort des Étrusques, Mantus, l'ancêtre de VOrcus latin. En effet , tantôt cette dernière divinité , qui est aussi barbue et ailée , et qui porte un marteau sur son épaule, fait pendant sur les urnes funéraires au Charon armé de l'aviron; tautét il ne forme avec lui qu'un seul et même personnage, puisqu'il porte parfois, d'une main l'aviron et de l'autre le marteau (4).
Aussi les antiquaires ont-ils baptisé du nom de Charon étrusque ce personnage armé de la pioche ou du marteau, véritable dieu lethiière, sorte de Thanatos, qui est la personnification de la mort violente. On le voit sur les bas- reliefs étrusques, dans les sujets de combats, guettant ceux des guerriers qui doivent succomber, et s'apprêlaut aies emporter dans le sombre séjour. Ce Charon semble être le genius infernus dont il est fait mention si souvent dans les inscriptions funéraires ; on le voit sur certaines urnes étrusques qui garde l'entrée des enfers; parfois, au lieu d'un aviron , ce sont des tenailles et un flambeau qu'il tient à la main (5).
Suidas, dans son Lexique, donne le nom de Charon (Xdtpwv) comme synonyme de 0avato;, ce qui nous montre qu'à l'époque byzantine Charon était considéré comme un dieu de la mort, et ce qui explique en même temps les monuments étrusques et la croyance populaire des modernes Hellènes.
J.-A. Ambrosch, De Charontc etrusco; Vraltslar.
A. Maury, Des divinités et des génies p*jrr*«pompes, dans la Bévue Archéologique, t. I et II. 1«* el 1848. Du personnage de la Mort, dans la Jtevae Archéologique, t. IV, 18*8.
Alfred Macry.
Cu1tp.au. ( Histoire. ) A la fin de l'empire romain, les frontières seules étaient gar-
(1) Stakelbeiy. Die Grâberder Hcllcncn, taf. XVIII.
(ï) Fanricl , Chants populaires de la Grèce **dîme, t. H. p. 2*8.
(3) Mlcall, Monumentl ined., tav. XLIII, i.
(t) Gerhard, Archâoloçische Zeituno. t. Il, tâf. »
(8) Mlcall, Stvria degli anticM pcpoU Uuiu»>, alla*, ta». LX.