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CHÈVREFEUILLE

Alex. Adam, Antiquités romaines, U I, p. »»•»; trad. fronç., Paris, 1818.

Daunou, Court d'etudet historiques, t XIV, p. 87S-4U.

Ch. Dezobry, Rome au siècle d'Auguste, lettre IV.

N. nés V.

CHKVBEFEUILLE. ( Botanique.) Le chèvrefeuille fait partie de la peu ta ndriemonogynie et de la famille des Caprifoliacées. A ce genre d'arbrisseau sarmenteux, grimpaut, à tiges grêles, à feuilles opposées, à fleurs terminales, Linné avait réuni des espèces désignées sous des noms différents par les anciens botanistes, et à ce groupe de plantes il avait donné le nom de Lonieera, en l'honneur d'Adam Lonicerus, célèbre médein de Francfort au seizième siècle, auteur d'une histoire naturelle des plantes et d'une méthode rei herborise, fort estimées en leur temps. M. de Jussieu a repoussé avec beaucoup de raison la classification linnéenne du lonieera, et il en a formé quatre genres distincts , le camérisier, le symphoricarpe , le diervilla, enfin le /on«cera, de Linné, qui seul comprend les véritables chèvrefeuilles, dont nous avons fait connaître plus haut les caractères dislinctifs et qui vont nous occuper ici exclusivement. Le chèvrefeuille des jardins ( lonieera caprifolium, Linn.), originaire du midi del'Etirope, lait, dans les mois de mai et de juin, l'ornement de nos jardins par la beauté de son feuiila-e et le doux parfum de ses fleurs. Qui n'a souvent admiré l'élégance qu'il donne à des allées de tilleuls autour du pied desquels il est planté et dont il lie les intervalles par de gracieux festons? Il produit aussi de brillants effets lorsqu'on le laisse naturellement monter sur les arbustes des jardins paysagers. Appliqué contre les murs, il en masque la nudité; il sert à garnir les treillages et les berceaux. Ses rameaux longs et flexibles se prêtent à toutes les formes ; mais il est du nombre des arbustes qu'on doit plutôt guider que contraindre 4 Toute exposition et toute espèce de terre conviennent au chèvrefeuille ; il est toutefois plus odorant et plus garni de fleurs dans une terre légère et à une exposition chaude. On le multiplie de graines et de marcottes; la propagation de boutures est incertaine ; quelques espèces se greffent. Il existe deux jolies variétés du lonieera capri/olium , à feuille» panachées, et ù feuilles de chêne. Le chèvrefeuille des bois (lonieera periclymenum, Linn.), dont les feuilles poussent dès que les gelées ont cessé et dont les fleurs odorantes, pubescentes, ou d'abord blanches et roses, passent ensuite au jaune, a une variété remarquable par son feuillage persistant et sa floraison hivernale. Le chèvrefeuille des bois, comme celui des buissons est très-commuo partout; il a des qualités qui le rendent 1

ressant. Sa racine fournit une couleur bleu de ciel, ses rameaux ont aussi des propriétés tinctoriales. On fabrique avec ses tiges et ses branches des dents pour les herses,des tuyaux de pipe et des peignes. On y rencontre, ainsi que sur plusieurs antres espèces, \fipapiliosibilla t le sphinx fucijormis, la tenthredorusticaet les phalènes immorata et dentella. Parmi les espèces les plus remarquables et les plus employées dans l'ornementation des jardins, nous citerons encore le chèvrefeuille de M inorque, (lonicera balearicà), aux fleurs longues, grêles, d'un violet rouge et qui se montrent pendant l'été et l'automne. Ses feuilles sont persistantes comme celles du chèvrefeuille de Virginie (lonicera sempervirens, Linn.) dont les fleurs éclatantes, d'un rouge foncé, mais sans odeur, distillent un miel très-recherché des oiseaux mouches. L'hiver il demande une couverture dans le climat de Paris. La Caroline produit deux espèces de chèvrefeuille à fleurs jaunes, lonicera dioïca et/onicera fiava. Les fleurs de cette dernière sont d'un coloris éclatant, nombreuses et pubescen* tes à la base. Le chèvrefeuille velu ( lonicera pilosa), de la Nouvelle-Espagne, aux feuilles gaufrées et velues, fleurit comme les deux espèces précédentes. Le chèvrefeuille du Japon a aussi les feuilles un peu velues. Ses fleurs, d'abord blanches , deviennent jaunes et ont le parfum de la fleur de l'oranger. La variation de sa couleur lui fait donner par les Japonais le nom d* Arbre argent et or. Le chèvrefeuille de la Chine a aussi une odeur agréable ; sa tige est pourpre, pubescente; ses fleurs sont géminées, lavées de pourpre en dehors, et en dedans d'un blanc jaune. Tontes ces espèces résistent à douze degrés de froid.

Le nom de chèvreleuille vient-il de ce que cet arbrisseau a le don de grimper partout comme les chèvres, ou de ce que les chèvres en aiment les feuilles? Choisisse?.

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