CHIRON — CHRYSANTHÈME
précepteur d'Achille et du plus célèbre des centaures ; mais chez Homère les centaures n'étaient pas encore ce peuple monstrueux dont Chiron diffère tant par sa nature bienveillante et sa science. — Chiron était représenté sur le trône d'Apollon à Amyclée :
l'artiste avait choisi le moment où Pélée présentait au centaure Achille, son futur élève (1). On le voyait aussi sur le coffre de Cypsélus , déjà dépouillé de l'humanité et venant apporter quelque consolation à Acbille pleurant la mort de Patrocle (2).
N. des V.
chlamyde. (Antiquités). La chlamyde, X*<x|Aii;, paludamentum, sagum, est le léger manteau qui tombe avec tant de grâce des épaules et sur le bras droit de l'Apollou du Belvédère. En usage d'abord chez les Grecs, ce manteau affectait différentes formes : tantôt il était ovale, tantôt rond ; le plus souvent c'était un carré long, attaché sur la poitrine à l'aide d'un bouton. De la Grèce ce vêlement passa à Rome, où Numa Pompilius fut, diton , le premier à en faire usage ; et les dames môme l'adoptèrent. Mais il résulte de la comparaison des monuments anciens que, chez les Grecs, ce manteau descendait jusqu'à mi-jambe, tandis qu'il était beaucoup plus court chez les Romains. La chlamyde se portait également par-dessus la cuirasse et par-dessus l'habit civil. Roulée autour du bras droit, elle pouvait, en cas de surprise, servir d'arme défensive.
La chlamyde dite paludamentum, de pourpre on d'étoffe légère et précieuse , était réservée aux empereurs, aux chevaliers et aux nobles. Caligula en eut le premier une en soie. Commode alla plus loin : sa chlamyde, tissue d'or et de soie, était enrichie de pierres précieuses.
Le sagum, d'un étoffe grossière, était ia chlamyde des soldats et du peuple.
La chlaina était une sorte de chlamyde à longs poils , en usage pendant l'hiver.
chrysanthème. ( Botanique. ) Chry> santhemum, Linn. ( de xpv?<^> or > et ivôoç, fleur), genre de plantes de la famille des composées. C'est la fleur vulgairement connue sous le nom de marguerite.
L'espèce la plus commune est le chrysanth.
leucanthum, c'est-à-dire le chrysanthème à fleurs blanches, appelé aussi ail de bœuf, grande pâquerette , grande marguerite. Il croit dans les prés, aux mois de juin et de juillet. Ses fleurs sont solitaires à l'extrémité d'une lige peu ramifiée, haute de deux pieds, garnie de feuilles simples, sessiles, oblongues, plus ou moins dentées. Elles ont un pouce
11) Pau*., t. II, p. 151; édlt. Clavier.
(»; Puas., t. III, p. lu.
et demi de diamètre, leur disque est jaune, ceint d'une couronne de derai-fleurons blancs, les écailles calicinales obtuses, scarieuses à leurs bords. Celle plante habite les contrées tempérées et avance plus vers le nord que vers le midi ; elle produit plusieurs variétés. Elle est très-peu en usage, malgré les propriétés qu'on a cherché à lui attribuer. Les chèvres, les moutons et les chevaux s'en nourrissent dans les pâturages. Sa beauté lui mériterait une place dans nos jardins; mais on lui préfère le chrysanthème à bouquets (chrysant/L coronarium, Linn.), dont les fleurs sont presque aussi grandes, jaunes , et deviennent doubles par la culture.
Les tiges du chrysanthème à bouquets croissent par touffes, à la hauteur de deux pieds. Ses feuilles sont sessiles, profondément pinnatifides, à découpures incisées et dentées. Cette fleur nous vient de la Suisse, du Bas-Valais et des contrées méridionales.
Nos campagnes, les vallées et les montagnes de la Suisse, ainsi que nos contrées méridionales, fournissent encore de très-belles espèces, telles que le chrysanthème des blés ( chrysanth. segetum, Linn ), vulgairement la marguerite dorée , commune dans les champs, parmi les blés. Elle croit jusque dans la Barbarie. Sa tige est rameuse, ses feuilles glauques, embrassantes, élargies, et plus ou moins laciniécs et dentées à leur partie supérieure; les fleurs grandes , d'un jaune vif et brillant, les écailles du calice scarieuses à leur sommet; les demi-fleurons échancrés, les semences de la circonférence ailées sur leurs angles.
Nus jardins se sont embellis d'une liès-belle espèce, originaire de la Chine, le chrysanthème des Indes (chrysanth. indicum, Linn. ), remarquable par la faculté d'acquérir, étant cultivée , un réceptacle chargé de paillettes , landis qu'elle en est privée dans son pays nalal, d'après le rapport de quelques botanistes qui l'y ont observée; c'est pourquoi plusieurs auteurs l'ont placée parmi les anthémis. Les Chinois ont un goût tout particulier pour celle plante : ils en décorent leurs maisons ; Us en parent leurs cheveux; elle figure souvent dans leurs peintures. Elle est devenue un des plus beaux ornements de nos jardins. La culture a varié les couleurs de ses fleurs, grandes, nombreuses , presque toujours doubles , fleurissant d'ailleurs jusqu'à l'époque des grandes gelées, c'est-à-dire dans une saison où toutes les autres fleurs ont disparu. Le chrysanthème des Indes est peu difficile sur la qualité du terrain et assez robuste pour n'avoir pas besoin d'abri contre la rigueur de nos climats. Ses feuilles sont d'un vert cendré, molles, velues ; ses fleurs grandes et terminales ; ses tiges , nombreuses, presque ligneuses, hautes d'enun mètre, forment de magnifiques
touffes et garnissent admirablement les plates-bandes et les corbeilles.
G. de Larenaudiere.
ciguë. ( Bonatique. ) Cicuta, ïournef. ; Conium, Linu. Les anciens donnaient le nom decicw/aàdes plantes différentes ; c'est probablement pour éviter cette confusion que Linné avait appliqué le nom de conium à la grande ciguë, en conservant celui de cicuta aux plantes dont Lamark a fait le genre cicularia.
Ainsi la cicuta virosa de Linné, plante dangereuse, dont la racine et la lige contiennent un suc jaunâtre, poison violent pour l'homme et les animaux, est la cicutaria aquatica de Lamark, tandis que la cicuta virosa de ce dernier, principale espèce du genre cicuta, est le conium maculalum de Linné. On la reconnaît facilement à ses tiges parsemées de taches livides comme la peau d'un serpent, à son odeur vireuse, à sa saveur d'une amertume désagréable, en (in à l'âcreté de toutes ses parties. Ces caractères font déjà soupçonner ses propriétés délétères. Ses feuilles sont semblables à celles du cerfeuil sauvage, deux et trois fois ailées, grandes, un peu molles; les folioles pinnatifides , aiguës, d'un vert noirâtre; les fleurs blanches, disposées en ombelles très-ouvertes, munies d'un involucre à l'ombelle et aux ombellnles, à plusieurs folioles. Le calice est entier; les pétales inégaux, courbés en cœur; les semences ovales ou globuleuses, à côtes tuberculeuses. Elle croît dans les contrées du nord comme dans celles dn midi, aux lieux incultes, le long des haies, parmi les décombres où règne un peu d'humidité; elle fleurit en été.
On a attribué à la ciguë de merveilleuses propriétés médicales, niées par d'autres observateurs, qui ont reconnu que cette plante, surtout administrée à l'intérieur, est plus nuisible qu'utile dans beaucoup de maladies pour lesquelles on l'employait. La ciguë a été surtout vantée dans le traitement du cancer. Son principe actif parait résider dans la cicutine ou conine, alcaloïde extrait des semences du conium macula <«;«; c'est un liquideoléagineux, incolore, très-vénéneux , à l'odeur vireuse , à la saveur acre, dont la densité est 0,89, et dont la formule est, selon M. Orligosa : C" H»c N.
Les anciens , comme nous l'avons dit plus haut, donnaient le nom de ciguë à plusieurs plantes différentes : la ciguë dont parle Virgile dans ses églogues, et qui servait à faire des chalumeaux ou des flûtes de Pan :
Est mlhl disparlbna aeptem compacta etcutts Fisiula,
et celle dont Pline dit que Ton mangeait les tiges crues ou cuites n'étaient certainement pas les mêmes que celle dont Horace a dit :
Scd mala tollct anum vitiato mette cicuta (i).
(i) Jat,ll,l,s6.