CHRYSANTHÈME — CILICIE
et encore :
Edat clcaUs alliam nocentius (t).
Un point sur lequel on n'est pas d'accord, c'est l'identité de notre ciguë avec celle qui servait chez les Athéniens à l'exécution des sentences de mort, et dont Socrale fut la plus illustre victime. Selon quelques-uns, on retrouve le poison de l'Aréopage dans la etcataria aquatica; mais, selon l'opinion la plus générale , c'est à la cicuta virosa qu'appartient ce rôle historique : si les qualités vénéneuses de la plante plaident par leur défaut d'énergie contre cette opinion, on répond , et avec raison sans doute, que les climats froids lui ôtent une grande partie de son activité.
cilicie. (Géographie et Histoire.) La Cilicie, KiXnua, Cilicia, faisait partie de l'Asie Mineure, dont elle occupait le sud-est. Bornée au sud par la Méditerranée, elle s'étendait du cap Laertes au golfe d'Issus, et était entourée des trois autres côtés par le Taurus, qui la séparait de la Cappadoce au nord, de la Pisidie et delà Pamphylie à l'est, de la Syrie à l'ouest. La nature de son sol la divisait en deux parties distinctes, qui portaient des noms différents. A l'est s'étendaient, entre les montagues, de grandes vallées fertiles en blé, en vin, fin fleurs et en fruits de toole espèce : c'était ce qu'on appelait la Ciiice des plaines, KO.ixfa ^ Ile&a; Cilicia campestris. A l'ouest, le sol inégal, raboteux, rebelle à la culture, couvert d'épaisses forêts, le climat rude et froid avaient fait donner au pays le nom de Cilicie âpre, de Cilicie montagneuse ou Trachéotide , TpaxeiûTi; , KtXixtz i Tpaxeîa, Cilicia aspera , Cilicia Trachea.
Voici les noms des villes principales de la Cilicie : Tarse aujourd'hui Tarsous, capitale de la Cilicie .des plaines , était une des villes les plus opulentes , les plus commerçantes et les plus littéraires de l'Asie; son port sur le Cydnus était le rendez -vous des vaisseaux de l'Ile de Chypre et de la Phénicie; Strahon représente ses écoles comme plus célèbres que celles d'Athènes ; saint Paul était citoyen de Tarse et disciple de ces écoles.
Homonada (aujourd'hui Ermenak) se trouvait aux confins de Plsaurie, dans une position presque inaccessible. Seleucie, anciennement Olba, capitale de la Cilicie Trachée, se distinguait par son temple de Jupiter, dont le pontife était en môme temps souverain du pays ; Corycus, par le privilège d'être un lien d'asile pour tous ceux qui l'habitaient; Soli, par ses académies, ses poètes et ses philosophes ; Anchiale, par un fastueux mooumeat élevé en l'honneur de Sardanapale; Anazarb* sur le Pyrame, par l'illustration de deux de ses citoyens , le médecin Dioscoride et le
I (o od.,v, m, a.
C1LICIE
poëto Oppien; Mallus (Mallo), par son oracle célèbre; Issus, par la grande victoire d'Alexandre sur Darius. Du temps deStrabon, cette ville , jadis ricbe et belle, n'était plus qu'une bourgade à Test de laquelle se trouvait le défilé qui conduisait en Syrie , pylx Syrix. Au nord de Tarse, un autre dénié, Ciliciœ pyte, l'une des passes du Taurus, était la route de communication entre la Pamphylie et la Cappadoce.
La Cilicie était en partie peuplée de Syriens, et cette circonstance fil donner à ses habitauls le nom de Leuco- Syriens ou Syriens blancs.
Sur la côte étaient des villes grecques qui devaient leur origine à Mopsus et Araphilochus, errants, après la prise de Troie, avec une troupe de soldats argiens. Aiusi étaient Mopsucrène, JHopsueste, et Malins, où le devin Amphilochus avait établi un oracle encore célèbre au temps de Pausanias(l). Les Cilicieos des plaines étaient riches; les Trachéoles étaient pauvres : le citice adopté par les anachorètes chrétiens avait été emprunté à la rude existence de ces montagnards.
La Cilicie, après avoir fait partie de l'empire des Perses et île celui d'Alexandre, fut possédée par lestois de Macédoine, puis entra dans l'empire des Séleucides, et appartint* pendant un temps aux rois Lapides de l'Égyple, qui en gardèrent quelques villes : mais elle ne fut jamais complètement soumise à ses diverses
Ce fut pendant la première guerre contre les pirates que les Romains entrèrent pour la première fois en relation avec la Cilicie; plusieurs propréleurs y furent alors successivement envoyés, entre autres Sylla, en 92 av. J.-C (2), et Cn. Dolabella,en 80 et 79 (3). Mais la conquête de ce pays ne fut réellement commencée que par P. Servilius hauricus, a qui on en attribue la réduction en province romaine (78-75 av. J. C.) (4). Il est à remarquer toutefois que ce général pénétra à peine dans la Cilicie Trachée , et qu'il ne mit pas le pied dans la Cilicie des plaines , qui, depuis 83 jusqu'en 69, et même jusqu'en 66, resta au pouvoir de Tigrane; de sorte que la province de Cilicie, organisée par Servilius, comprenait l'isaurie, la Pamphylie, la Pisidie et une très-petite partie seulement de la Cilicie proprement dite, laquelle n'y fut tout entière réunie qu'en 67 et en 66, par Pompée, après ses succès contre
(0 Pau*.. I, S*. — Strab., XIV. p. 676. - Laden, Philopteud , XXXVIII. - Plut.. De mac. defect., L II, p. 434. - Eckhel, t. III. p. 59, 60.
(*) Applan., B. Mlthrid., «7 - Aurcl. Vlct., de Vir. illustrib,n.
(3) Clc, Ferr. Accus., I. 17, 44.
(4) Kutrop., VI. 8. — m Uv., eplt., XC. XCIII. — Rufu*. Brev. 11.— Amen. Marc, XIV, 8. - Slrab., XII. p. MS.-Clc, De leg. agrar., 1, 8, 5-, Il , 19, so.-Veli. 11,19.
les pirates. Pompée donna alors une nouvelle organisation à la province , qu'il divisa en six districts, savoir : la Cilicie des plaines, la Cilicie Trachée, la Pamphylie, la Pisidie, Vlsaurie et la Lycaonie (1). On y ajouta encore, peu de temps après, comme septième district, une grande partie de la Phrygie, et, en 58, comme huitième district, l'Ile de Chypre , qui venait d'être enlevée aux Plolémées (2). C'est la province ainsi constituée qu'administrèrent, en qualité de proconsuls, P. Lentulus Spinther de 56 à 53, Appius Claudiusde 53 à 51, et Cicéron de 51 à 50. Tarse était alors la capitale de la Cilicie et la résidence du proconsul, qui y tenait ses assises (3).
Quelques années plus tard, en 47, César s'arrêta dans cette province en allant combattre Pharnace. Il en retrancha la Pisidie, la Pamphylie et les portions de la Phrygie qui en dépendaient, pour les réunir à la province d'Asie (4) ; enfin , en 36 , Antoine donna à Cléopàtre l'Ile de Chypre et la Cilicie Trachée, et au roi Amyutas de Gala lie l'isaurie; de sorte que la province de Cilicie se trouva alors réduite à la seule Cilicie des plaines. Auguste se la réserva, dans le partage qu'il fit des provinces entre le sénat et lui, et il y réunit, en l'an 20 avant J.-C., la CilicieTrachée; toutefois il laissa le gouvernement des parties montagneuses et d'un difficile accès à des princes indigènes , dont les descendants les possédaient encore longtemps après. Parmi ces princes, on cite les grands prêtres d'Olba, dont nous avons déjà parlé ; Archélaûs de Cappadoce, auquel Auguste avait donné une partie de la Cilicie Trachée, et qui résidait dans l'Ile d'Elaiussa , à l'embouchure du fleuve Lamos,lle à laquelle il donna, par reconnaissance pour son bienfaiteur, le uom de Sébaste ; enfin Tarcondimotus, qui régnait sur la chaîne de l'Amanus. Ces différentes principautés ue furent complètement réunies à la province qu'en 74, sous Vespasien (5).
La Cilicie était administrée par un légat impérial consulaire et par un procurateur.
Sous Constantin, elle futdisivée en trois parties : la CUicie première, cap. Tarse, sous un consulaire ; la Cilicie deuxième, cap.
Anazarbc, sous un proses, et Vlsaurie (ancienne Cilicie Trachée), cap. Seleucia, aussi sous un prxscs.
(l) Plut., Pomp., 88 et ss. — Clc, pro Leg. MeaM., 18. - Oio Cass., XXXVI, 81. — Applan., B. Mithrtd., 96 et 105, 106, B. Syr., 49. 80.- Tlt-Llf., ep., CI.
(I) Clc, Ad Attic, V, si, 9 ; V, 18; Ai Fam., III, S, 4; XV. i, J, 3; I. 7,4; VI, 8.9.
(S) Clc. Ad Famil., Il, 17, l ; Ad Attie., V, 80. 3.
(4) Hlrt., B. Alex., 66,-Clc, Ad Famil., XII, iB, 9; XIII, 67.
(5) Suet., Fcspat., 8.
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Aujourd'hui la Cilicie fait partie de la Tur> qute d'Asie, où elle forme le pachalik d'Adana elle lidah de Seleské.