‹ Encyclopédie moderneChapitre 286 sur 308 · L. Renier · texte numérisé non relu

L. Renier

cimmériexs. (Ethnographie et Histoire. ) Les Cimmériens, Ktu.u.éptoi, Cimmerii ou Kymri, ont donné leur nom au pays où l'histoire les trouve placés primitivement, à la Crimée. Désignés par les Hébreux sous le nom de fils de Magog, ils ont été tour à tour appelés Maiùtatt par les Grecs, Cimmerii par les Latins, Madjoudjes par les écrivains orientaux, et Cimbres par les traditions galloises. Vers le onzième siècle avant l'ère chrétienne, époque au delà de laquelle l'historien ne trouve plos que des traditions fabuleuses ou des hypothèses plus ou moins ingénieuses, le corps principal de la nation des Cymmériens était établi dans les plaines qui forment la partie intérieure de la Crimée; le reste s'était fixé sur les bords du Tanaîs et du Palus-Mœotide, à l'embouchure du Borysthène et jusque sur les bords du Danube; aussi ne faut-il pas s'étonner si les Grecs, habitués à donner indistinctement le nom collectif de Scythes à tous les peuples d'origine diverse qui occupèrent successivement les régions qu'arrosaient le Tanats , -le Borysthène et le Danube, ont confondu les Cimmériens avec les Scythes proprement dits, et les ont appelés Scylhes-Mœotes, bien que l'histoire de ces peuples, l'antipathie de leurs instincts et la diversité des caractères physiques établisseut entre eux une distinction de race.

Les continuelles incursions des Cimmériens sur les côtes du Pont-Euxin, dans la Colchide, le Pont et jusqu'aux environs de la mer Égée avaient rendu leur nom célèbre et redoutable. Adonnés au vol et au brigandage, voués à l'existence aventureuse des peuples nomades, ils finirent par appeler sur eux de cruelles représailles : les Skolotes, nation barbare d'origine asiatique et appartenant sans doute à la grande famille des Scythes, envahit la Crimée, et parvint à refouler les Cimmériens dans les montagnes qui bordent le littoral de la péninsule : c'est la contrée appelée Chersonnèse Taurique (1); ils furent dés lors désignés par le nom de Taures ou montagnards. Contraints, par la configuration du. nouveau territoire où ils avaient cherché un asile, à renoncer à la vie nomade, si douce dans les pays de plaine, si difficile dans les contrées montagneuses, ils commencèrent à se bâtir des demeures stables et à fonder des villes. On peut conjecturer que ce

(1) Taurique dont la racine est tair, montagne; en chaldécn tirou, en syrien toura. etc.; de U les dérives Taures, Tauriqttes, Taurut, tour, taureau , etc.

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