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CIMMÉRIENS

fut vers cette époque qu'ils donnèrent leur nom au Bosphore Cimmérien, aujourd'hui détroit de Taman , qui sépare la presqu'île Trachée de la région caucasienne. Devenus possesseurs des forêts qui croissaient dans cette partie de la presqu'île , les Cimmériens ou Taures se construisirent de légères embarcations au moyen desquelles ils renouvelèrent les incursions et les brigandages que l'invasion des Skolotes avait un instant réprimés. Lés traditions grecques attribuent l'origine de cette navigation des Cimmériens à l'apparition dans les eaux de la mer Noire et sur les cotes de la Tanride des vaisseaux que montaient Phrixus, Hellé et Jason.

Au septième siècle avant Jésus Christ une nouvelle irruption des Scythes contraignit les Cimmériens à s'enfuir sur les côtes occidentales du Pont-Euxin, et à remonter la vallée du Danube. Poussant devant eux les tribus de leur propre nation déjà précédemment établies dans cette contrée, ils les forcèrent à chercher d'autres territoires vers l'occident de l'Europe. On vit alors une horde puissante de Cimmériens franchir le Rhin, et se précipiter sur la Gaule, où, après avoir subi toutes les vicissitudes de la guerre, tour à tour victorieuse vaincue, elle s'établit sur les bords de l'Océan , dans le pays appelé Armorique.

Les Grecs, qui commençaient vers cette époque à naviguer dans les mers du nordouest, prirent pour des Cimmériens les tribus sauvages et belliqueuses qui habitaient la presqu'île du Jutland, et donnèrent à ce pays le nom impropre de Chersonnèse dmbrique. Le Marseillais Pythéas crut également reconnaître les Cimmériens dans quelques tribus danoises ; mais ces suppositions ne sont appuyées sur aucune donnée raisonnable, et rien n'indique que les Cimmériens aient pénétré, vers le nord, au delà de la Vistule.

Cependant, à l'époque où quelques-unes des tribus fugitives de cette nation s'établissaient dans le nord-ouest de la Gaule, d'autres avaient franchi le détroit d'Albion pour envahir l'Ile de ce nom , où elles s'arrêtaient dans les cantons les plus fertiles de la partie méridionale , tandis que les Galls , de race celtique, se fixaient dans la partie septentrionale. La langue cimmérieune ou kymrique, longtemps florissante dans les contrées où u peuple s'était arrêté, fut successivement refoulée de proche en proche par de plus puissantes invasions, et renfermée dans le pays de Galles et dans la région appelée aujourd'hui Basse-Bretagne. On la reconnaît encore dans ses dérivés : le comique ou langue du Cornouailles, le gallois et le bas-breton.

Plusieurs siècles après les dernières irruptions des Scythes dans le pays kymrique, 1 les descendants des hordes cimmériennes, qui

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avaient cherché un refuge sur les bords de la Vislule, tirent alliance avec les Teutons, et se rendirent redoutables à la puissance romaine, sous le nom de Cimbres, par 1 opiniâtreté et l'audace de leurs incursions, jusqu'au jour où leur dernière armée fut taillée en pièces par Marins, aux environs de Verceil, l'an 101 avant Jésus-Christ. (Voyez Cimbrks.)

Nous avons négligé dans cet article de rechercher l'étymologie du mot Kimri d'où est dérivé celui de Cimméi iens, par le motif qu'il est impossible de présenter à ce sujet autre chose que des opinions conjecturales et souvent dépourvues de vraisemblance. C'est ainsi que les uns font dériver ce mot du nom d'un guerrier nommé Kimmer ou Kemper, et les autres de cymmer, qui signifierait confluent : avec de pareilles suppositions on peut tout expliquer. Quelques-uns (ont venir Kymri de Gonier , fils de Japhet; enfin l'Anglais Walters, auteur d'une dissertation sur la laugue galloise, le tire des mots cyn, qui signifie premier, principal, et bro ou mro, qui équivaut à pays, contrée (1).

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