‹ Encyclopédie moderneChapitre 288 sur 308 · C. Fahïn · texte numérisé non relu

C. Fahïn

cipate. (Histoire.) Nom donné dans l'Inde aux soldats indigènes au service du gouvernement anglais. Il dérive du persan sipdh , sipdhy , cavalier, soldat. C'est de ce mot que nous avons fait cipaye, écrit seapoy au sepoy par les Anglais, dont on a trop souvent reproduit l'orthographe vicieuse. Ces cipaye» forment plusieurs régiments d'infanterie, commandés par des officiers européens. Doux et intelligents , ils rendent les plus grands services à la colonisation et à la domination anglaise dans 1 Inde.

Ce mot, devenu sipahi et spahi, a donné son nom aux spahis, cavalerie turque, et à nos corps de spahis réguliers et irréguliers eu Algérie. £. Latocchk.

ciacé. (Mythologie.) Fameuse magicienne, née, suivant les uns, du Soleil et de Persée, fille de l'Océan, et ayant pour frère Alélès ('!).

Selon d'autres , elle était fille d'Alélès luimême et d'Hécate , ou d'Hypérion et d'Astéropé (3). Habile dans les sciences occultes, elle aimait à exercer son pouvoir sur les nommes en les métamorphosant en animaux. Ainsi fit-elle de Picus, qu'elle changea en pivert, pour le punir d'avoir méprisé son intour (4). Ainsi encore elle vengea Glancus, méprisé par la nymphe Scylla, en jetant dans le bain de celle-ci des herbes enchantées, qui firent de la belle nymphe un monstre hor-

(■) Des recherche* curieuses et savantes sur les Cimmériens ont été faite* par MM. Amcdéc Thierry, Mlchclet, Pietcl. Adelung, Balbl, etc.

(%) llora., Od., X.138.

(3) Schol. Apollon.. A., III, soo. — Orph., A., 1»M.

(4) Vlrg.. Ain., vil, 190. - Ov., Met., XIV, 3«6 aq. — Vom, ad Vlrg., Ed., VI, u, 17.

i — CIRCÉ 750

rible et redoutable (t). Suivant quelques mythographes , elle résidait dans l'Ile d'Anaxie ; Homère lui donne pour demeure l'Ile d'Aléa (2). Elle s'était retirée là après avoir empoisonné son mari, le roi des Sarmates. Les Argonautes, au retour de leur expédition, abordèrent dans celte lie; mais Circé, ayant appris qu'il» s'étaient souillés du meurtre d'Alélès ou d'Absyrte, ne voulut pas les recevoir. D'après une autre tradiliou, au contraire, elle les accueillit bien, et purifia Jason de ce crime. Elle habitait un palais magnifique, a bâti en belles pierres de taille et environné de bois. » Elle tissait de merveilleux ouvrages de tapisserie, et faisait retentir sa demeure des harmonieux accents de sa voix admirable. La mer, la tempête ou le hasard amenaient- ils quelques étrangers, elle leur faisait le plus gracieux accueil, ordonnait aux quatre nymphes qui la servaient de remplir pour eux les coupes d'or du vin le plus précieux; puis, quand les malheureux avaient bu la liqueur enchantée, elle les touchait de sa baguette, et aussitôt leurs membres se trausformaient, leurs corps se couvraient de poils, leur voix changeait de nature; leur esprit seul demeurait ce qu'il était auparavant, leur permettant de mesurer toute l'étendue de leur misère. Eu cet état, ils allaient habiter les étables de la magicienne, ou, gardiens redoutables, ils veillaient aux portes de son palais. Tel fut le sort qu'elle fit subir aux compagnons d'Ulysse, que la tempête avait poussés dans l'Ile d'Aléa et qu'elle métamorphosa en porcs; mais la héros lui-même y échappa, grâce au secours de Mercure, qui lui fit présent dei'herbe moly, plante à la racine noire et à la fleur blanche, toute-puissante coutre les charmes. En effet, Ulysse marcha hardiment vers le redoutable palais d'où ses compagnons n'étaient pas revenus ; il fut accueilli magnifiquement, s'assit sur le siège richement orné, prit la coupe d'or, et but la dangereuse boisson. Mais, quand Circé le loucha de sa baguette en lui disant : « Va rejoindre tes compagnons, et « revêts la forme qu'ils ont revêtue, » il tira sou épée, et menaça la magicienne de la mort si elle ne rendait à ses matelots leur forme première. La fille du Soleil, vaincue, céda au héros, et, prise pour lui d'une vive passion, elle l'admit à partager sa couche, bonheur toutefois dont le prudent Ulysse ne voulut pas jouir sans être bien sûr qu'il n'avait plus d'embûche à craindre. Rassuré par l'inviolable serment au nom du Styx, que les dieux n'invoquent jamais en vain, il oublia pendant un an sa patrie dans les délices de ce nouvel amour. 11 fallut que ses compagnons lui rap-

0)0*., Met., XIII, 73» iq., 901; XIV, 40 sq. — Tibull.. III, iv. as.

(V Hooj., Od., X, ISS.

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pelassent Ithaque et Pénélope; encore ne futce qu'avec peine qu'il écouta leor toîx. Circé lui déclara qu'avant de retrouver aa patrie, il devait se rendre aux enfers pour y consulter l'ombre du devin Tirésias. En parlant, le héros reçut encore de l'enchanteresse d'utiles conseils, destinés à loi faire éviter les dangers qui lui restaient à courir (1). Ulysse avait eu de Circé un fils nommé tantôt Adrios, tantôt Lalinus, tantôt Télégone, et une fille nommée Cassiphone. Télégone, que d'autres disent fils de Calypso (2), tua plus tard Ulysse sans le connaître (3), et Circé le ressuscita. Cassiphone fut mariée à Télémaque :

ce prince, irrité de l'humeur impérieuse de sa belle-mère Circé, la tua, et Cassiphone vengea la mort de sa mère par le meurtre de son époux (4).

On voyait sur le coffre de Cypsélus un homme et une femme endormis dans une grotte, que Pausanias (5) croyait reconnaître pour Ulysse et Circé, au nombre des servantes qui étaient devant la grotte et aux ouvrages dont elles étaient occupées. On y voyait, en effet, quatre jeunes filles s'acquittant des diverses fonctions que décrit Homère dans les vers suivants : « L'une couvrit les sièges de beaux tapis de pourpre, et étendit au-dessous des tissus de lin. L'autre dressa des tables d'argent et mit dessus des corbeilles d'or. La troisième versa le vin dans une urne d'argent et prépara les coupes d'or. La quatrième apporta de l'eau, alluma du feu, et prépara le bain (6). « Plusieurs vases italo-grecs, retrouvés dans les fouilles de l'Étrurie ou de la grande Grèce, offrent des peintures représensentaut les aventures de Circé et d'Ulysse (7).

N. des V.

citre (Bois de). (Antiquités romaines.) Le citre était un bois dont on fabriquait, dans l'antiquité, des tables précieuses. La mode de ces tables avait été poussée à un tel point qu'elle devint une manie ruineuse, et que les matrones romaines, quand leurs maris leur reprochaient les folies qu'elles faisaient pour des bijoux, savaient les. réduire au silence en leur rappelant les sommes énormes que coûtaient aux patriciens leurs meubles en bois de citre. Cicéron, dont la fortune n'était pas immense, avait payé une de ces tables un million de sesterces (8). On citait encore, à Rome, celle d'Asinius Gallus, qui avait coûté

(i) Hom.. Od.. XI, t sq.

is; Butlath., p. 1796. »s. iq.

(81 Hor., Od., 111, xxjx, ». - Cf. Ov., Trist, I, t, tu

(4? Sehol. Lycophr., T9&, ssq.

(S) T. III. p. US, edil. Clavier.

(S) Hom. , Od., X.

(7) Voy. Bullet. de Vtntt. Àrchiol., année 18S5, p. so; — 1888, p. vt-»;— 18W, p. m. —dnnalude r/wr. Archéol., tStt, p. 71; - 18*!, P. 47,

<s) 110,000 fr,

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