‹ Encyclopédie moderneChapitre 289 sur 308 · CITRE · texte numérisé non relu

CITRE

1,100,000 sesterces (t). De deux tables provenant du roi Juba, l'une fut vendue 1,200,000 sesterces (2), l'autre un peu moins. Enfin un incendie consuma, au temps de Pline, une table qui avait été achetée 1,400,000 sesterces (3), c'est-à-dire le prix d'un domaine considérable.

Le citre, que la botanique moderne a classé sous le nom de thuya ariieutata Desfont.), croissait dans la Maurélanie, et principalement sur le mont Ancorarius. Il ressemblait au cyprès sauvage (eupressus sempervirens, L. t ) par le feuillage, l'odeur et la tige. Brûlé, il répandait un parfum agréable; employé comme bois de charpente, il durait éternellement. Les tables précieuses étaient prises dans un nœud de la racine, et l'on peut se faire une idée de la grosseur de l'arbre en apprenant que la table de Nomius, affranchi de Tibère, avait quatre pieds de diamètre.

Le principal mérite de ces tables était dans la disposition des veines nombreuses qui nuançaient le bois. Il y avait les tables tigrines, où les veines ondulées s'allongeaient comme les rayures de la peau du tigre; les tables panthérines, où les veines contournées et revenant 6ur elles-mêmes, s'arrondissaient en forme de taches ; les tables apiates, dont les veines entassées et serrées, ressemblaient à un semis de graines de persil (apium). Avant ces dernières se plaçaient encore celles à ondulations crêpées, recher* chées surtout si elles imitaient les yeux qui brillent sur la queue du paon. La nuance tenait aussi un rang important parmi les qualités requises : la nuance de vin miellé, avec des lignes brillantes, était celle qu'on préférait. Les défauts étaient le manque d'éclat, un fond uni et sans dessin, ou ayant des dessins semblables à la fleur du platane ; la ressemblance avec les veines ou la couleur de l'yeuse, des bandes noires, des taches d'nne mauvaise couleur. Grâce à certaines préparations, le bois de citre, malgré sa grande densité, était léger; le vin ne le tachait pas; le meilleur moyen de lui donner du lustre était de le frotter avec la main sèche, surtout au sortir du bain. Pline fait observer qu'Homère a parlé du citre sous le nom de thya, en le rangeant parmi les bois odoriférants, et que Théophraste a vanté quelques-unes de ses précieuses qualités, mais sans parler des tables. Au reste, elles devaient être d'invention assez récente, au temps de l'empire, puisque celle de Cicéron était la plus ancienne qoe l'on connût (4). N. des Y.

(i) lîi.ooo fr.

(i) isi.ooo fr.

{8) w*,ooofr.

U) puo., H. If., XIII, If, ao, - Cf. Stnb n XVII»

Page 1