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D'ordinaire cette maladie suit une marche régulière. Ou y distingue trois temps bien marqués : celui de l'invasion ou de l'inflammation, celui de l'éruption et celui de la dessiccation des boutons. Dans le premier temps l'animal est triste, dégoûté, languissant; il perd l'appétit, est très-altéré et a une forte (ièvre. Dans le second il parait sur son corps des boutons qui grossissent par degrés et qui, rouges d'abord à leur pourtour, d'une teinte violacée au centre, deviennent blancs ensuite. Dans le troisième temps ces boutons se remplissent de pus , se dessèchent et forment une croûte noire qui tombe dans la suite.
On peut distinguer deux sortes de claveaux ; l'un est malin, l'autre bénin. Le premier est ordinairement confluent, c'est-à-dire que les boutons sont petits, abondants et serrés les uns contre les autres. Les symptômes en sont plus graves; l'éruption est incomplète, les boulons s'aplatissent, se dessèchent et noircissent sans contenir de pus ; une morve épaisse découle des narines; la tète enfle, les yeux se ferment, la respiration devient pénible; rarement l'animal survit.
Lorsque, l'éruption étant complète, les bètes à laine reprennent de l'appétit, on peut espérer qu'elles guériront; mais si les boulons sont d'un pourpre foncé, ou ne peut porter qu'un pronostic fâcheux. Des abcès et des dépôts extérieurs et le dépouillement de la laine aux endroits où il y a eu éruption sont d'un bon augure. Souvent les animaux , rachètent leur vie aux dépens de leur vue; ils deviennent borguesou aveugles; il y en a qui pèlent jusqu'à perdre toute leur laine. Les corps de ceux qui meurent de la clavelée sont gangrenés et putréfiés en très-peu de temps.
Dès qu'un berger est informé que le claveau et-l dans un troupeau voisin, il dort éviter d'en approcher le sien. Il est aussi de toute prudence de ne faire voyager les hôtes à laine que de grand matin dans les pays suspects , afin que le virus, déposé sur les herbes, se trouvant émoussé par l'humidité de la nuit, ne puisse avoir d'action. Il ne faut pas non plus que le berger d'un troupeau sain ait des rapports soit directs, soit indirects avec ceux de troupeaux qui sont malades. Ses chiens, s'il ne les en écartait pas soigneusement, transmettraient la contagion : les habits, les poils, les ustensiles même sont, autant que les herbes elles fourrages, des voies de communication.
Traitement. Quand le claveau se met dans un troupeau, le meilleur moyeu de l'arrêter et de l'empêcher de faire des progrès serait d'assommer les premiers animaux atteints et de les enterrer profondément avec
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leur peau. Ce sacrifice, lout cruel qu'il paraisse, est nécessaire et ne manque pas de réussir. Au premier symptôme qui annonce que des bêtes sont attaquées de la maladie, on doit les séparer des autres. Si on avait à sa disposition beaucoup de locaux, on pourrait former plusieurs infirmeries pour partager les bêtes malades , à raison des différents tempéraments et constitutions, et donner aux unes et aux autres des boissons plus appropriées , comme par exemple des boissons délayantes et adoucissantes, telles qu'une eau de son gras ou de recoupe, qui conviennent dans les pays où les bêtes à laine ont la libre sèche et les vaisseaux pleins ; dans ceux où elle est lâche et molle, on administrerait des décoctions de genièvre ou autres substances toniques, comme l'anis, l'augélique, la coriandre, etc. On peut leur donuer également des boissons blanches acidulées, mais une nourriture peu abondante et bien choisie ; on les fera sortir de la bergerie, si le temps le permet; car on doit éviter soigneusement de les exposer au froid et à l'humidité. Et à ce propos nous ajouterons que, si la maladie éclate en été, on devra tenir les animaux dans des bergeries ouvertes ; si c'est en hiver, on fermera les portes et les fenêtres, excepté pendant quelques instants de la journée pour renouveler l'air, mais en faisant en sorte qu'il y ait une température moyenne. Une extrême proprélé dans la bergerie et dans les vaisseaux de toute sorte dont on fait usage sera de toute nécessité.
On avait été frappé «le la ressemblance que présentait la clavelée du mouton avec la petite vérole de l'homme, et l'on espéra que l'inoculation de la clavelée produirait d'heureux résultats. Des expéiiences nombreuses et authentiques ont été faites tant en France qu'à l'étranger. Elles ontélé couronnées desucces. Cependant il s'est trou vé que, dans quelques troupeaux, l'inoculation n'ait pas bien réussi, soit qu'elle eût été mal pratiquée, soit que le moment n'eût pas été favorable; mais ces insuccès sont très-rares, et dans un relevé fait sur le résultat de plusieurs inoculatioos pratiquées à l'école d'Alfort la perle est évaluée à une bête sur quatre cents.
Quand on a le choix du temps, on doit préférer le printemps; mais quand on craint d'être envahi par la clavelée qui règne dans le voisinage, et surtout quand elle a déjà fait son apparition dans le troupeau, ou doit s'empresser d'inoculer les animaux immédiatement, quelque temps qu'il fasse.
Les troupeaux considérés comme saius n'ont besoin d'aucune préparation pour être inoculés; mais si on a à opérer par un mauvais temps , ou sera obligé à plus de précaution pour garaulir les animaux contre les »•