‹ Encyclopédie moderneChapitre 293 sur 308 · CLITUMNE · texte numérisé non relu

CLITUMNE

par Pline le Jeune (1), est à une distance à peu près égale de Spolelte et de Kuligno, dans un lieu appelé Le Vene, des nombreux filets d'eau qui jaillissent du rocher. Ces filets d'eau, promptement réunis, forment un courant d'un volume suffisant pour être navigable pour des bateaux. Les eaux du Clitumne sont profondes et claires comme te cristal. Il a un cours d'environ neuf milles jusqu'à Mevania (Bevagna), au-dessous de laquelle il prend le nom de Timia ; il parait avoir aussi été appelé dans l'antiquité Timia ou Tinta de ce point jusqu'au Tibre. Dans la partie supérieure de son cours, il est encore appelé Clitunuo. Pline décrit la source duCIitumneendes termes qui montrent qu'elle était considérée non-seulement comme méritant le respect superstitieux des habitants , mais comme un spectacle digne d'attirer l'attention des étrangers. Et en effet on voit l'empereur Caligula entreprendre un voyage dans ce seul but (2), et Honorius interrompre sa route le long de la voie Flaminienne pour le même motif (3). Du temps de Pline , la colline qui se trouve immédiatement au-dessus de la principale source était couverte d'un bois de vieux cyprès ; tout près, au-dessus de l'eau, était le temple du dieu Clitumnus, et alentour s'élevaient de nombreuses chapelles (sacella) consacrées aux divinités locales. Un seul de ces petits temples existe encore, transformé en chapeile chrétienne. A en juger par sa situation près de ta principale source, cette chapelle occupe probablement l'emplacement même du temple de Clitumne; mais ce n'est certainement pas l'édifice décrit par Pline : son architecture, d'un caractère commun , appartient sans doute à la période du Bas-Empire. Pline raconte (4) que le temple et le bois de Clitumne furent donnés par Auguste aux habitants d'Hispellum, qui vinrent y construire des bains publics et d'autres édifices. La ville la plus voisine était Trebia (Trevi), qui n'en était éloignée que de quatre milles (5). La vallée à travers laquelle coule le Clitumne, depuis sa source jusqu'à Mevania, est bordée de chaque côté par la chaîne des Apennins. Elle est très-fertile et ses riches et luxuriants pâturages fournissaient anciennement une magnifique race de bœufs entièrement blancs; c'était parmi eux que l'on choisissait les victimes qui devaient être sacrifiées à l'occasion des triomphes. On croyait que leur couleur éclatante venait de ce qu'ils buvaient les eaux extrêmement pures du Clitumne et s'y bai-

(0 Ep., vnr, s.

(t) Sucton , Calig., 43.

(S) Ctaudian., De sexto eons. Honor., t, 50G,

(5) Itlo. Hier., p. et».

CLITUMNE — CLUSItlM

guaient; mais, quoique le même préjugé se soit conservé chez les habitants de la vallée, le bétail n'y est plus si remarquable par sa blancheur (l). G.

club. (Histoire. ) Mot anglais dont la véritable signification est massue, gros bdton, et qui, par une acception détournée, signifie aussi la cotisation que chaque associé paye dans une société régie par certains règlements. On est parti de là pour appliquer le mot de club aux sociétés mêmes, et puis au local où elles se réunissent. Importé en France quelques années avant la révolution, ce mot a servi à désigner les sociétés populaires et les réunions politiques qui se sont formées depuis cette époque.

Le premier club ouvert à Paris fut le club politique établi rue Saint-Nicaise en 1782.

La principale condition imposée par le gouvernement aux fondateurs de cette réunion contrastait étrangement avec le nom qu'on leur avait permis de lui donner : on ne devait y parler ni des aifaires d'État ni de la religion. Comme on le pense bien, dans les circonstances où l'on se trouvait alors, la défense ne tarda pas à être enfreinte. Un second club fut fondé en 1785, au Palais- Royal, sous le nom de Club de Boston ou des Américains; et il s'en établit ensuite plusieurs autres sous les noms de Club des Arcades, Club des Étrangers, Club de la société Olympique.

Tous ces clubs furent fermés par la police en 1787 et par ordonnance en 17851.

Mais les grands événements qui se préparaient alors occupaient trop sérieusement les citoyens pour qu'ils consentissent à rester isolés, et ne cherchassent pas h se réunir pour se communiquer leurs espérances, leurs craintes ef leurs vues d'amélioration. Aussi vit-on bientôt s'établir d'autres clubs. Le premier qui fui fondé après les États Généraux fut le Club Breton. Ce fut d'abord une réunion de députés de la Bretagne; mais bientôt des députés des autres provinces y furent admis, et on compta parmi ses membres Lanjuinais, Sieyès, Barnave, Lameth. Ce club suivit de Versailles à Paris l'Assemblée nationale, et changea alors son titre contre celui de Société des Amis de la Constitution. Son importance politique continua d'augmenter; c'était de son sein que partaient toutes les mesures hostiles à la cour ; peu de temps après, il prit le nom de Club des Jacobins, et il ne tarda pas à devenir, en quelque sorte , l'un des pouvoirs de l'État. Après la journée du 17 juillet 1701, il y eut scission entre les membres de ce club. Les républicains continuèrent d'occuper le local habituel, tandis

(!) Vlrg., Ceorg-, Il, 1W. -Propert.. Il, 19, 23 — Situ» liai.. VIII, Ma. — Juven. XII, ~ 18; Stat., Sitv., 1, », S9. - vib, Scq., 9. - Cluver,, /fol., p. 70î.

que les royalistes constitutionnels, ayant à leur tête La Fayette, formèrent la Société des Feuillants, qui fut opposée au club des Jacobins jusqu'à sa dissolution.

Parmi les autres clubs de Paris, on petit citer le Club de Monlrouge, comptant parmi ses membres Mirabeau, Sieyès, Lalouclie, Sillery, Laclos; le Cercle Social, fondé par Bonneville, auteur de Y Esprit des religions; le Club Monarchique, etc. Sous le nom de Société Fraternelle, Tallien avait fondé au commencement de 1791, à l'hôtel Soubise, le club le plus nombreux de cette époque; il comptait plus de 800 membres. Le Club des Cordeliers fut un de ceux qui jouèrent le plus grand rôle pendant la session de la Convention. Le club qui après celui-ci poussa le plus à l'exagération fut le Club des Enragés, dont les principaux membres étaient Santerre, Hanriot, Maillard, Payan, Lazouski.

Sous le Directoire, les clubs continuèrent de subsister; mais ce gouvernement usa de tous les moyens, l'émeute comprise, pour les (aire disparaître, et il finit par y réussir.

Sous le consulat, sous l'empire et sous la restauration, il ne fut plus question de clubs. Après la révolution de 1830, un grand nombre de citoyens, persuadés que le nouveau gouvernement allait déchirer les traités de 1815 et s'engager dans une guerre de propagande, ouvrirent pour le seconder un club au manège de la rue Montmartre; mais ce club fut promptement fermé. Il en fut de même de ceux qui, dix-huit ans plus tard s'ouvraient de nouveau à Paris et dans les principales villes des déparlements. G.

clusium. (Géographie et Histoire.) Cette vieille cité de l'Élrurie, située sur les bords d'un petit lac, au sud du grand lac Trasimène , avait sans doute des droits à à être comptée parmi les douze villes qui formaient la confédération étrusque. En effet, elle était la résidence de Porsenna, le redoutable ennemi de Rome (I). Tite- Live (2) nous apprend qu'elle portait dans l'origine le nom de Camars, et, comme on sait qu'un peuple de l'Ombrie était nommé les Camerles, on en a tiré cette induction que Clusium avait été fondé par ces Ombriens, chassés par les Pélasges au delà du Tibre, puis plus tard poursuivis dans leur nouvelle résidence par ces mêmes ennemis et encore dépossédés par eux. Quoi qu'il en soit, il est certain que Clusium (ut, dès l'époque la plus reculée, une ville très- puissante, et qu'elle garda sa puissance pendant toute la période de l'indépendance étrusque. Selon Virgile (3),

(1) Tit Llv.. H, 9. — Plut., P. y al. Publicola., - Cf. Dion. Hat., III, 51.

(t) X, 25. - Cf. Poljb., II, 1», ».

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