‹ Encyclopédie moderneChapitre 294 sur 308 · CLUSIUM · texte numérisé non relu

CLUSIUM

ses habitants vinrent au secours d'Énée clans «a guerre contre Turnus. Mais la première mention qui cri soit faite et qu'on puisse regarder comme réellement historique ne remonte qu'à l'époque où, de concert avec Arretium, Volaterne, PrusellœetVetolonia.elleenvoya du secours aux populations du Latium contre le premier des Tarquins (1). Ou n'en entend plus parler ensuite jusqu'au jour où les Tarquins , chassés de Rome , persuadèrent à Porsenuà, roi ou lucumon de Clusitim, de prendre les armes en leur faveur. Lors de l'invasion des Gaulois, qui amena la destruc* tion de Rome , Clusium fut la cause première de cet événement. Ce fut un de ses citoyens qui, outragé dans son honneur conjugal par un jeune homme dont la haute position ne lui permettait pas de se venger, persuada aux Gaulois Sénonais d'envahir l'Italie, en les tentant par l'envoi des fruits délicieux et des excellents vins de la Toscane. Les Clusiens, effrayés de l'étrange aspect de ces ennemis inconnus , envoyèrent demander du secours aux Romains, qui voulurent s'entremettre en faveur de leurs alliés, et détournèrent sur Rome l'orage qui amena la destruction de la ville aux sept collines.

On ignore en quelle année Clusium fut soumis à la puissance de Rome. Ce ne fut pas cependant, immédiatement après la déroute des Étrusques auprès du lac Vadimonien (309 av. J.-C. ), bien que ce soit là l'époque à laquelle eut lieu la soumission de Pérouse (2); car en l'année 295 une légion romaine fut laissée devant Clusium, et taillée là on pièces par les Gaulois Sénonais, alliés des Clusiens (3). La même année, les armées réunies de Clusium et de Pérouse furent défaites par le propréleur Cn. Fulvius (4). On ne sait plus rien des lors de Clusium en tant que ville in* dépendante; car la première mention qui en soit faite ensuite a trait à une nouvelle invasion des Gaulois, qui s'avancèrent une troisième fois jusqu'à cette ville, l'an 520 de la fondation de Rome (5). Clusium, de même que les autres villes de l'Élrurie, combattit avec les Romains pendant la seconde guerre punique (6). Plus d'un siècle après, Sy lia détruisit une armée de ses ennemis près de Clusium, qui, selon toute probabilité, avait, ainsi que d'autres villes étrusques, embrassé le parti de Marius (7).

Des inscriptions prouvent que Clusium continua d'exister sous l'empire. Sa place est encore la même et son nom n'a subi qu'une lé-

(1) Dion. Haï.. III. p. 89.

(S) TU. Mr., IX, 39, 40.

(5) Tit. Llv., X, M, 26.

(4) TU. Llv.. X, $0.

(81 Polyb., II, M.

(6) Tit. Llv., XXVIII, 48.— Cf. SU. ItaL, VIII, 479.

(7) Vell. Paterc, II, M.-Applan., Bell. Civ., I, 89.

gère modification. Clusium est aujourd'hui Chiitsi; c'était récemmentencore un bourg peuplé de l,t00 habitants, qui vivaient misérablement, décimés sans cesse par la malaria.

Mais, dans ces derniers temps, on a exécuté des travaux pour assainir le val de la Chiana, que ce fleuve, faute d'écoulement, changeait en marais pestilentiels, et aujourd'hui Chiusi, peuplé de 2,400 habitants, a pris un air de bien* être et d'aisance. Chiusi, en dehors des antiquités que renferment ses musées, n'a gardé que peu de traces des temps étrusques. Il reste encore quelques fragments de ses anciennes fortifications , qui servent de fondations aux murailles élevées pendant le moyen âge. Ces fragments se composent de blocs rectangulaires de travertin, généralement de dimensions médiocres, et jux la-posés sans ciment. Çà et là des vestiges de cette ancienne construction se retrouvent dans les bâtiments de la ville, où Ton reconnaît le travertin, qui ne peut que provenir des ruines de la ville ancienne, puisque cette pierre ne se trouve pas dans le voisioage. Les antiquités étrusques de Chiusi ne sont pas réunies dans un musée public , mais dispersées dans des collections particulières, lormées par quelques familles, chez lesquelles le goût de l'archéologie s'unit à l'amour du pays natal. Elles consistent en urnes, sarcophages, statues, cippes funéraires de travertin ou de grès, rarement d'albâtre, et surtout en vases dits italogrecs ornés de peintures ou de reliefs. Ces derniers, d'une terre noire particulière à Clusium et à quelques localités voisines, semblent être l'expression la plus pure de l'art étrusque à sa première période, avant qu'il eût éle soumis à l'influence helléiùque. Des bronzes, trépieds , candélabres , miroirs, armes, statuettes complètent l'ensembledes dépouilles confiées par les Étrusques aux tombes qui entourent de toutes parts l'ancienne enceinte de Clusium, et auxquelles les peintures dont elles sont ornées, donnent une si grande importance artistique. Ces peintures, représentant des festins ou des jeux , offrent tous les caractères d'une grande antiquité : absence de perspective et de clair-obscur ; figures invariablement présentées de profil , et allongées souvent au delà des proportions naturelles; membres collés au corps ; attitudes rigides ; draperies raides et tombant en plis réguliers. Pourtant on y trouve plus d'aisance et de facilité d'exécution que dans d'autres peintures du même genre» Malheureuscmnt il est à craindre que, malgré tous les soins pris, elles ne résistent guère à l'air qui les frappe. La composition, quelle qu'elle fût, qui a servi à appliquer les couleurs ayant été détruite , celles-ci ne restent plus adhérentes à la muraille que sous forme de poussière , et en beaucoup de

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