‹ Encyclopédie moderneChapitre 296 sur 308 · CNIDE · texte numérisé non relu

CNIDE

chassé. Mats ce n'est point par la gloire des armes que les Cnidiens se sont fait un nom dans l'histoire. Ils étaient trop adonnés aux plaisirs, comme le constate le culte dont ils honoraient Vénus. Les Cnidiens passaient pour les plus fervents adorateurs de cette déesse; son effigie était sur leur monnaie, el dans l'enceinte de la ville elle avait plusieurs temples magnifiques. Celui de Vénus Doritis, Awpixiç, était le plus ancien; celui de Vénus Acrée, 'Axpou'a, avait été bâti ensuite; le plus moderne de tous était celui de Vénus Ëuplée, EûhXokx, à la belle navigation. Nul doute que des légendes indigènes ne fissent aborder sur cette plage, pour la première fois, Vénus née de l'écume des mers; aussi, dans son temple de Gnide, Montesquieu a-t-il pu dire avec vérité: « Vénus préfère le séjour de Gnide à celui de Paphos et d'Amalhonte.

Elle ne descend point de l'Olympe sans venir parmi lesGnidieus. » C'est là sans doute que la vit Praxitèle, lorsqu'il tailla le marbre où Vénus elle-même se reconnut, suivautune charmante épigramrne de l'anthologie, 'H Ilaçiïi KvÔépeiat, si bien traduite par Voltaire :

Oui , Je me montrai tonte nue

Au dieu Mars, au bel AdonU, A Vuiciin tneme, et J'en roupis; Mais Praiitélc, où m'a-t-il vue?

« Ce chef-d'œuvre de la statuaire, dit Pline (XXXVI, 4, 9), a fait entreprendre à bon nombre de curieux le voyage de Cnide. Dans la suite, le roi Nicomède voulut l'acheter des Cnidiens, promettant de payer toute leur dette publique, qui était énorme; mais ils aimèrent mieux tout endurer, et avec raison ; car par celte figure Praxitèle a fait la gloire de Cnide (1). » Ce qui a fait aussi sa gloire, ce sont les hommes illustres qu'elle a produits : entre autres, Ctési-as, médecin et historien, de la famille des Asdépiades, qui résida dix-sept ans à la cour d'Artaxerce Mnémon et écrivit une histoire de la Perse et de l'Inde dont il reste de précieux fragments; l'astronome Eudoxc, qui donna à l'année 3Gà jours el un quart el composa un Traité des Phénomènes, que l'on retrouve en partie dans le poème d'Aratus; l'architecte Sosfrate, qui embellit sa ville natale par des jardins suspendus et mobiles, el qui, sous Ptolémée Philadelphe , éleva près du port d'Alexandrie, dans l'Ile de Pharos, le premier phare, compté parmi les sept merveilles du monde.

Cnide était encore citée pour la fertilité de son sol et l'excellence de ses produits; on es-

(1) Praxitèle fit sa Vénus de Cnide d'après sa maltresse, la belle Pliryné ; elle est connue par les médailles; une Vénus du Vatican en est une copie, ainsi que la statue de Vénus qni était sur la terr»«se du midi an» Toilerie». 1)££la*ac , Manuel d« rifisL 44 fart, # partie, p. §6T.

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