S CM DE
limait plus particulièrement ses oignons , si doux qu'ils n'avaient presque rien de Vodor lacrymosus (Pline); ses roseaux à écrire, calami scriptorii, supérieurs à ceux d'Égy pte; son coccus ou graine d'écarlate ; ses poissons délicats, piscosamque Cnidon (Ovide) ; surtout ses vins, dont la goutte-mère (protropvm) est particulièrement vantée par Pline(i).
Enfin, dans l'histoire, un événement assure à Cnide une place mémorable; c'est dans les eaux de celle ville et en vue de ses temples que se livra la fameuse bataille navale qui vengea les affronts d'^Egos-Potamos et de Lysandre : Athènes, vaincue, humiliée, avait vu tomber ses murailles , et détruire ses arsenaux. Conon, qui avait échappé au désastre, s'était retiré avec huit vaisseaux à Cypre chez Évagoras. Là, avec l'aide du roi de Cypre, avec l'argent du roi de Perse, il équipa une nouvelle Hotte , et , brûlant de venger sa patrie, il vint offrir le combat à la flotte lacédémonienne. La lutte s'engagea ; elle fut terrible. Évagoras et Conon remportèrent une vie* toke éclatante et décisive. De cette victoire, 394 ans avant J.-C, il résulta la délivrance et l'affranchissement non-seulement d'Athènes, mais de toute la Grèce opprimée parles Spartiates, le rétablissement de la puissance d'Athènes, de sa suprématie maritime, 6a).a<r<joxpa?(a, en même temps que la décadence définitive de Lacédémone; les murs d'Athènes et du Pirée, les fortifications de l'Acropole se relevèrent, et Conon, plein de reconnaissance pour la déesse, qu'il avait sans doute invoquée dans le combat, ût bâtir au Pirée, sur le bord de la mer, un temple à Vénus Cuidienne. L'histoire politique de Cnide se confond avec celle de l'Asie Mineure. Elle en a subi toutes les péripéties; par conséquent elle a été , par des révolutions successives , tantôt aux Grecs, tantôt aux Perses, puis aux Macédoniens et aux Romains. Cnide n'existait plus quand les Turcs se sont emparés du pays ; ils ne régnent que sur ses ruines.
On voit encore celles-ci avec des traces de trois théâtres, dont un de 400 pieds de diamètre, avec des colonnes de plusieurs temples , près du cap Crio, l'ancien Triopium.
F. Debkocb.
cobi. ( Géographie.) On désigne sous le nom de Cobi ou Chamo la partie orieotale des déserts et des steppes du plateau central de l'Asie , dans l'empire chinois. La partie occidentale porte plus particulièrement le nom de Chachin. Ce vaste désert, formé d'une haute plaine sablonneuse, ne présente qu'à des intervalles très-longs quelques oasis fertiles, arrosées par des cours d'eau, et nourrissant
•* .T) Voy. Pline, H. H., I», M; r, W> H, ».
COCÀRDK 766
des troupeaux de petits chevaux mongoles.
L'été y est de peu de durée; l'hiver, au contraire, Irès-long et très-froid. Aussi estce avec peine qu'on traverse cette contrée inhabitée pour passer dans la Dsoungarie. On ne rencontre de loin en loin sur la route , que des puits et de petites constructions occupées par des postes chinois. G.
cobœa. ( Botanique. ) Le cobœa sarmenteux, cobœa scandent, arbrisseau remarquable par son feuillage , est originaire du Mexique, et a été introduit en France vers la fin du dix-huitième siècle. Cavanilles le nomma Cobœa en honneur du jésuite espagnol Barnabé Cobo, qui, vers 1650, écrivait sur différents sujets d'histoire naturelle. De toutes les plantes grimpantes connues, le cobœa est celle qui s'élève et s'étend le plus ; elle atteint en hauteur de vingt-quatre à (rente pieds, et Lou« don, dans son Encyclopédie des Plantes, cite un de ces arbrisseaux qui couvrit dans un été une surface de deux cent pieds anglais d'étendue. S'accrochant à tout par ses vrilles nombreuses, se prêtant à toutes les formes, le cobœa est d'une grande utilité pour l'ornementation des jardins, surtout des jardins de ville. Il tapisse avec une miraculeuse rapidité la nudité des murs, garnit les berceaux et encadre les croisées des plus gracieuses guirlandes. Sa tige est grêle. Au milieu de ses feuilles à trois paires de folioles ovales, se 1 montrent pendant tout l'été des fleurs grandes et violettes. Le cobœa demande une terre franche et légère, une exposition chaude, des arrosements Iréquents. Cette jolie plante sy multiplie de semences sur couche tiède, en mars, ou de boutures et de marcottes eu tous temps. Elle est vivace en orangerie et passe très-rarement l'hiver en pleine terre.
Elle appartient à la famille des Potemoniacécs et à la penlandrie monogynie.
G. oe Larenauoière.
cocarde. (Histoire.) Touffe, buffette . ou nœud de rubans de certaines couleurs adoptées par un État, et que les militaires attachaient autrefois au bouton ou à la ganse de leur chapeau. On porte encore maintenant la cocarde sur les chapeaux d'ordonnance ou de livrée et sur les shakos. Ce mot est sans doute dérivé de coq t car il s'écrivait jadis Coquarde , et celui qui se parait de ce sigue était appelé Cçquardeau. Si le mot est essentiellement français, la chose est universellement appliquée, et l'usage remonte à des temps fort anciens. C'étaient d'abord des branches d'arbres ou autres marques dislinclives qui servaient de cocarde. Quant aux cocardes proprement dites, il y en avait de forme ronde, carrée ou ovale, etc. Selon le gouvernement, la couleur variait.
Eu France, le H juillet 1789, lorsqu'on
767 COCA.RDK
apprit la disgrâce des ministres et les projets formés par le gouvernement contre l'Assemblée nationale, les patriotes réunis dans le jardin du Palais* Royal y cueillirent des feuilles d'arbre, qu'ils attachèrent à leur chapeau comme des cocardes. Mais bientôt ils se souvinrent que le vert était la couleur adoptée pour la livrée du comte d'Artois, et ils renoncèrent à porter ce signe de ralliement. Le lendemain un arrêté du comité de la commune prescrivit aux citoyens armés les couleurs de la ville de Paris, rouge et bleu. Après la prise de la Bastille on y joignit le blanc en signe d'union ; enfin , le 17 du même mois, les trois couleurs furent adoptées par Louis XVI; dès lors la cocarde tricolore remplaça partout les cocardes blanches, et les trois couleurs devinrent les couleurs nationales. Tous les Français, même les femmes, furent obligés de la porter, soit à leur chapeau ou à toute autre coiffure, soit sur la poitrine. A la restauration la cocarde blanche prévalut comme étant la couleur de la maison de Bourbon, qui la tenait de Henri IV.
La cocarde aux trois couleurs et le drapeau tricolore reparurent en 1815, mais pour un instant seulement. Enfin la révolu»
tion de Juillet fit reprendre la cocarde aux trois couleurs, qui eut, comme le drapeau, ses vicissitudes dans les premiers temps de la révolution de Février, et subit alors une disposition nouvelle dans l'arrangement de ses couleurs, ce qui fut d'ailleurs de fort peu de durée.
Depuis longtemps les cocardes n'ont plus la forme qu'elles avaient lorsqu'on les faisait avec des rubans : on les fabrique presque toutes, et de toutes grandeurs, au moyen d'un tissu de soie , dans le fond duquel sont divisées les trois couleurs. Elles sont rondes et plissées du centre à la circouférence. On en fait aussi en papier, en cuir, en ferblanc, etc. G.
cochin. ( Géographie. ) Ville de l'Hindoustan anglais, chef-lieu de province. Elle est située dans la présidence de Madras, par 9° 56' 30" de latitude nord, et 73° 56' de longitude est. Elle se trouve à l'extrémité méridionale d'une Ile séparée du continent par un étroit canal. Elle est le siège d'une cour de justice et d'une recette générale d'impôts. Elle aune demi-lieue de tour, est de forme circulaire et bien fortifiée. Ses rues sont larges et • ses maisons bien bâties. Les principaux édifices sont l'hôtel du gouverneur, la maison de ville et les casernes. Il y a une église catholique et deux réformées, une synagogue, plusieurs temples hindous et un hôpital. C'était autrefois le siège d'un évéque, qui réside maintenant à Colan, et dont la juridiction embrasse 100 églises de catholiques indigè-
I nés. La population de Cochin est de 30,000 habitants.
Le port , à l'est de la ville, est accompagné d'un chantier de construction. Cochin fait un commerce considérable avec Surate, Bombay, toute ta côte de Malabar, l'Arabie, la Chine et les Iles Orientales. Les principaux objets de ce commerce sont le poivre, le bois de sandat, les bois de construction, les noix de coco , les toiles à voiles , etc.
Cochin était autrefois la capitale d'on royaume du même nom , lequel se trouvait à 90 lieues au sud de Calicut. De ces deux royaumes, Cochin était le plus riche, grâce à son commerce , déjà florissant ; mais le roi était vassal du samorin de Calicut. En 1500, une escadre portugaise, commandée par Cabrai , jeta l'ancre auprès de Cochin, et fit alliance avec le roi (I). Cette alliance, fidèlement observée par celui>ci , fut renouvelée en 1502 par Vasco de Gaina, qui établit à Cochin un comptoir de commerce (2). Après son départ, le roi porta la peine de sa fidélité aux Portugais; la ville de Cochin fut prise et brûlée par le samorin , ennemi acharné des nouveaux venus. Mais les Portugais revinrent, combattirent de nouveau le samorin (3) , et aidèrent le roi de Cochin à rebâtir sa ville détruite. Cest ce qui fait dire que la ville actuelle a été fondée en 1503 par Albu* querque. Les Portugais» à partir de ce moment, y possédèrent une forteresse destinée à proléger leur comptoir, et, en 1559, ils y érigèrent un archevêché (4). Cent ans plus lard le commerce de Cochin était dans un état de prospérité croissante, lorsque les Hollandais vinrent, en 1661, faire le siège de cette ville; mais la résistance opiniâtre des Portugais et des indigènes les força à se retirer (5). La même tentative fut recommencée l'année suivante; cette fois Cochin eut le sort des autres villes malabares et passa au pouvoir des Hollandais. Ceux-ci accrurent encore la prospérité florissante de cette place de commerce, grâce à leur système de tolérance, qui ne fermait i l'accès de leurs ports à aucun peuple à cause d es d i fféren ces d e rel i s. ion . 1 1 s res tèr en l mal t res de Cochin jusqu'en 1795, époque à laquelle les Anglais s'en emparèrent. G.
cocotier. ( Botanique. ) Le cocotier appartient aune tribu de la famille des palmiers, étrangère à l'Europe, et fait partie de la moncecie hexandrie. C'est le cocos de Linné.
Je ne sais si l'origine grecque du mot cocos est parlailement rationnelle ; xôxxc; en grec
(l) Voyage de Cabrai, dan* l'histoire pcnérale des voyagea; Parts, ilidut, 1733, 1. 1, p. 65 et tulv. (a) Voyage de Vatco de Cama ,• ibid., 1. 1, p. 7».
(3) Pavage d'Édouard Paschero ; ibid., t. 1, p. 81
(4) Voyage deSoarez; ibid., t. I,p. US.
{i) Voyage ds Gautier Scttoutcm U>ld..l. XI, r 300 et sulv.
signifie bien un fruit; mais ce fruit semble n'avoir aucun rapport avec notre noix de coco. D'Herbelot prétend que dan* l'Inde la noix de coco se nomme cozi, d'où les Turcs disent coz pour noix en général ; mais cela demande confirmation. Au Malabar, le fruit du cocotier se nomme tenga, et aux Moluques calappa.
Le cocotier proprement dit (cocos nwctfera, L.) croit naturellement dans les deux Indes, en Afrique et dans un grand nombre d'Iles entre les tropiques. C'est un des plus beaux présents que la nature ait faits aux habitants de ces pays, en raison de son utilité pour les divers usages ou besoins de la vie.
Cet arbre se plaît dans tous les terrains, même les plus sablonneux, pourvu qu'il ne manque point d'eau ; il préfère les terres légères aux fortes. Sa végétation est lente, son tronc, droit et élaucé, s'élève communément à cinquante ou soixante pieds, quelquefois à quatre-vingts et quatre-vingt-dix. Il est couronné par un faisceau de douze à vingt feuilles, dont les dimensions ordinaires sont de huit à dix pieds de long sur quatre à six de large. Quelques cocotiers portent des feuilles de vingt pieds sur dix à douze. D'entre ces feuilles sortent de grandes spathes univalves, qui s'ouvrent latéralement et donnent issue à une ample panicuie à fleurs monoïques, auxquelles succèdent, dans la partie supérieure, des fruits de la grosseur d'une tète d'enfant, un peu triangulaires, revêtus d'une écorce lisse trèsfibreuse , épaisse d'un pouce, qui , enveloppe une coque très-dure. Celle coque renferme une amande à chafr blanche et ferme , dont le goût ressemble à celui de la noisette, et dans le centre de laquelle on rencontre une liqueur claire , agréable et rafraîchissante. Au sommet du cocotier croit un bourgeon volumineux et tendre que l'on coupe pour le manger bouilli. On le nomme chou; il a de grands rapports avec nos brocolis. Quoique ce mets soit fort estimé, on en fait peu d'usage , l'excision occasionnant assez souvent la mort de l'arbre.
Entre le chou et les feuilles apparaissent an printemps les spathes dont nous avoos'parlé plus haut. Lorsqu'on en coupe les extrémités ou que l'on fait à ces spathes cinq à six ligatures circulaires et ensuite des incisions, il en sort un jus doux, agréable et clair comme de l'eau ; on en fait une grande consommation dans les Indes, où toute une classe d'individus est occupée à récolter cette liqueur, que l'on vend dans les bazars sous le nom de toddy, et que les Européens appellent vin de palmier. Les récolteurs de ce vin blanc montent au sommet du cocotier avec des pots de terre attachés a leur ceinture, et les fixent à chacune des spathes pour en rc-
SUPPL. ENCVCL. MOû. — T. I.
cueillir la liqueur. Cette opération commenc- I le soir et finit avant le lever du soleil do.nl on redoute l'influeuce^ Le toddy ne se conserve pas; en quelques heures il fermente, prend une saveur piquante, et devient une boisson capiteuse qui, en moins d'un jour, aigrit et se convertit eu vinaigre : on en fabrique également une eau-de-vie appelée dans l'Inde anglaise arrack des pariahs , et dout l'abus cause de grands ravages dans les rangs des troupes britanniques. Les cocotiers qui fournissent le toddy ne produisent pas de fruit, puisqu'il y a eu destruction des spathes. Si on (ait bouillir le toddy avec un peu de chaux vive , il s'épaissit en consistance de miel, et par une longue ébullilion il acquiert la qualité du sucre. Le peuple en fait toutes ses confitures.
La noix de coco qui, dépouillée de son écorce fibreuse, a ordinairement la grosseui d'un œuf d'autruche, possède un goût agréable ; mais elle devient une nourriture malsaine quand elle est gardée trop longtemps ; alors l'amande s'altère, rancit, devient coriace, plus butyracée qu'oléagineuse, et d'une saveur nauséabonde. Les Indiens des classes inférieures s'en nourrissent; ils en tirent aussi une grande quantité d'huile pour l'éclairage. Cette hailcest excellente et d'une grande ^pureté ; les résidus de l'expression sont donnés aux porcs et à la volaille. On fait aussi avec les cocos des émulsions comme avec nos amandes d'Europe.
Le bois du cocotier est spongieux lorsqu'il Tient d'être coupé; mais il acquiert bientôt une grande dureté, et prend une couleur brun foncé. ^Son tronc, après avoir été fendu et dépouillé des fibres intérieures, est employé à divers usages ; il sert à faire des jumelles pour recevoir l'eau, des palissades pour les habitations et les jardins. Avec ses feuilles on couvre et on entoure les cases; le duvet qui y est attaché, comme dans le cocotier des Séchelles, tient lieu d'ouatte pour garnir les matelas et les oreillers. Avec l'enveloppe filamenteuse on fabrique des cables, des cordages, et les Indiens excellent dans ce travail. Quant a la coque ligneuse, on l'utilise comme les fruits du calebassier; on en faiVdes tasses, des plats, des vases de diverses formes, qui ont le grand avantage de ne se pas casser, et que l'on peut orner par la gravure. Les forçats de nos bagnes, quand il y avait des bagnes, façonnaient et sculptaient, pour les vendre aux visiteurs de leurs prisons, mille petits ou* vrages en noix de coco.
Il existe dans l'Amérique méridionaje une autre espèce de cocotier, le cocotier du Brésil ( cocos Bulyracea, Linné), duquel les habitants retirent une liqueur vineuse en perçant
assez profondément le tronc vers le sommet.
Les cannes, noire», toisantes, légères et noueuse», connues dans le commerce sous le nom de cannes de Tobago, sont faites avec la tige du cocotier de la Guyane, et non de Guinée, comme le dit M. Poiret dans son Histoire philosophique des.plantes. Ce cocos guienensis, L., épineux partout, aux feuilles distantes, aux racines rampantes, est commun dans les lieux incultes; ses fruits sont des drupes arrondis, succulents, d'un pourpre foncé et de la grosseur d'une cerise. On en fait une sorte de vin ; il est peu élevé, et sa tige n'a pas plus d'uu pouce de circonférence. Le cocotier épineux de l'Amérique (cocos aculeata) a le tronc aussi gros que le corps d'un homme. Ses feuilles et ses spathes sont plus longues que dans le coco* lier des Indes. Son fruit a la forme et le volume d'un crabe. Sa noix fournit, dit-on, la véritable huile de palme. On fait avec son aubier des arcs et des flèches.
Le cocos nuci/era est le seul cocotier que nous cultivions dans nos serres. Comme tous les végétaux à un aeul cotylédon, il ne peut 6c multiplier que par son fruit ou noyau. Les noix de coco, placées dans une terre riche, où l'on mêle un peu de sel marin, germent ordinairement sous -faction d'une clialeur humide, au bout de dix-huit à vingt jours. Mais dans nos serres le cocotier manque d'espace et ne fleurit que rarement. Sweet fait remarquer que, s'il réussit mal dans nos collections, cela tient à ce que nous l'exposons trop à l'ardeur du soleil. Dans l'Iode, en effet, on le cultive à l'ombre des grands arbres.
G. de Larenaudière.
cocyte. {Mythologie.) Le Cocyte, en grec Kcixvcoç, était un fleuve des enfers. Suivant les poètes anciens, il allait se jeter dans uu autre fleuve du môme séjour, appelé l'Achéron , et constituait un bras du Styx. Son nom lui avait été donné parce qu'il était formé des pleurs ( xcoxvtoc, de xwxuto, pleurer) de ceux qui étaient condamnes à habiter le sombre empire. Plus tard on personnifia ce fleuve en un personnage divin , qui eut pour fille Menthe, laquelle fut métamorpliosée par Proserpiue en une fleur qui prit son nom (l). Le Cocyte était aussi un fleuve de l'Épire, situé au nord-ouest de l'Achéron , et cette circonstance donne à penser que l'auteur de l'Odyssée, frappé du sombre aspect de la Thesprotie, en avait fait le siège des enfers, et pour ce motif avait placé dans le Tartare les fleuves qui arrosent ce canton. Pausanias nous dit que l'eau de ce fleuve était trèsmauvaise (î), et il confirme cette origine du Cocyte mythologique par les faits qu'il rap-
(1) Scrvius, ad sEneid., VI, 131.
(D Mtic, XVII, S.