COHORTE
de la Tille, on camp fermé de murailles, où i ils trouvaient toutes les commodités d'une riche demeure et toute la sécurité d'une forteresse. Mais en leur donnant la force pour défendre leur maître Tibère leur avait aussi donné le pouvoir de l'attaquer, et il le sentit bientôt lorsqu'il se vit menacé par l'ambition de Séjan, préfet du prétoire. Il échappa à ce danger; mais ses successeurs ne furent pas toujours aussi heureux, quand les prétoriens se crurent tn droit de reprendre ce qu'eux-mêmes avaient donné. En effet, ce furent eux bientôt qui choisirent et nommèrent les empereurs, selon leur caprice ou selon l'importance de la gratification qui leur était offerte; et ils en vinrent jusqu'à faire de l'empire l'objet d'une enchère publique où , le sénateur Didius Julianus acheta, au prix d'une somme énorme , une marchandise qui ne lui fut livrée que pour quelques jours. Ces abus, ces scandales , ces crimes, ces perpétuelles révolutions subsistèrent jusqu'à Constantin , qui, sûr de sa force, osa briser cette puissance excessive, détruisit le corps des prétoriens, et rendit ainsi la liberté d'action à lui-même et à ses ccesusseurs.
Outre les cohortes prétoriennes, la garde des empereurs comprenait encore d'autres cohortes, que l'on appelait cohortes urbaines, cohortes urbaine, parce que, contrairement à ce qui avait lieu pour les cohortes prétoriennes, elles étaient casernées dans l'intérieur de la ville, où elles étaient plus spécialement chargées de maintenir l'ordre et de faire la police. Ces cohortes , qui se composaient de 1 ,500 hommes chacune, étaient au nombre de trois sous Auguste, et poi taient les numéros X, XI et XII, les neuf premiers numéros étant pris par les cohortes prétorie.noes. Vitellius créa une quatrième cohorte urbaine, qui eut le numéro XIII , et Vespasien une cinquième, à laquelle il donna le numéro XIV. Nous avons vu que le même prince avait porté à dix Je nombre des cohortes prétoriennes. La dernière de ces cohortes portail le numéro X, concurremment avec la première des cohortes urbaines.
Les cohortes urbaines n'avaient pas de commandant spécial ; elles étaient, ainsi que les cohortes prétoriennes, placées sous les ordres du préfet du prétoire. Chacune de ces cohortes était d'ailleurs commandée, ainsi que les cohortes prétoriennes, par un tribun dont le grade était supérieur à celui des officiers de même titre dans les légions.
Les cohortes des Vigiles, coliortes Vlgilum , étaient chargées de veiller à la sûreté des rues de Rome pendant la nuit, et surtout de s'opposer aux incendies. Ce corps se recrutait parmi les affranchis; il était divisé en sept cohortes, qui étaient stationnées vers
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■ les murs et les portes de la ville, position centrale à cause de l'immensité des faubourgs, et placées de manière qu'une seule cohorte pût défendre deux régions ou quartiers de Rome. Chaque cohorte était commandée par un tribun , et se subdivisait en quai ante-deux centuries, qui campaient isolément, afin que leur surveillance fût plus active. Le corps entier avait pour chef le Préfet des Vigiles. Institués par Auguste* dans un moment où les incendies étaient plus fréquents qu'à l'ordinaire, les Vigiles ne devaient être d'abord que temporaires ; mais ils rendirent tant de services qu'Auguste en ordonna le maintien perpétuel. Il leur concéda même pour les eucourager quelques privilèges; ainsi, il donna le droit de cité romaine à tout affranchi latin qui aurait servi six ans dans ces cohortes.
Le préfet des Vigiles était investi d'une certaine juridiction : il jugeait les voleurs simples, les voleurs avec effraction ou violence, et les recéleurs. Mais c'étaient principalement les incendiaires qui étaient l'objet de ses recherches, même les incendiaires par imprudence ou par incurie.
Un savant danois, dont la mort prématurée a
laissé, parmi les hommes qui s'ocupeot de l'éplgraphic et des antiquités romaines, de vus et profonds regrets, Kdlrrmann , avait publié , sur les cohortes des Vigile*, un livre qui est considéré comme le modèle des . monographies épigrapbiqucs. Ce livre est intitulé : yiçilum \Romanorum lalercula duo Cœlimontana magnam partem militiœ Romanœ expllcantia; Rome, 1855. In-fol.