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dès le temps de François l* r , pour garantir de la pluie et du soleil. Quand le chapeau Tut enfin devenu une coiffure nationale et qu'on l'eut fait porter aux soldats, on s'aperçut que ses bords étendus étaient gênants pour le maniement des armes; alors on imagina pour les troupes le chapeau à trois cornes, qui devint la coiffure militaire et la coiffure d'étiquette dans les hauts rangs de la société.
Sous le ministère du comte de Saint-Germain, ou s'avisa de coiffer les brigadiers de cavalerie de chapeaux à quatre cornes; mais cet usage ne dura pas. Sous l'Empire les troupes quittèrent le chapeau pour le bonnet à poil, le shako ou le casque. Dans le monde, la coiffure générale des citoyens est aujourd'hui le chapeau roud ; celle des fonctionnaires civils dans les cérémonies publiques et des officiers généraux en grande tenue est le chapeau noir à cornes , orné de plumes. La coiffure des officiers en petite tenue et des troupes en campagne est la casquette ou képi.
Les ecclésiastiques portent le chapeau à trois cornes.
L'adoption générale du chapeau nécessita l'établissement de grandes fabriques , notamment à Lyon et à Paris, et l'on fit bientôt une telle consommation de castors que ceux que l'on trouvait en France, et spécialement dans les Iles du Rhône, étant détruits, il fallut poursuivre ces animaux industrieux et inoffensifs jusque dans les lacs glacés du Canada. De plus, on imagina de suppléer à leur fourrure par celle de quelques quadrupèdes indigènes, tels que le lièvre, le lapin et même le chien caniche. Depuis une vingtaine d'années, on fait en peluche de soie des chapeaux légers d'un aussi bon usage et d'un prix moins élevé que les chapeaux de feu* tre. On fait pour l'été des chapeaux gris en fentre , des chapeaux en paille , en osier, en lacets et en étoffes de soie ou de coton , et chaque année la forme en est modifiée par le goût et la fantaisie. On fabrique , pour les voituriers et les marins, des chapeaux de bourre ou de laine commune , que Ton revêt de plusieurs couches de vernis qui leur donnent de l'éclat, de la durée, et les rendent impénétrables à la pluie.
Sainte-Palaye pense que l'usage de quitter son chapeau quand on entre et qu'on reste dans une église ou dans une maison étrangère vient de celui qui était adopté dans le temps de la chevalerie de quitter le heaume en pareille circonstance.
Jusqu'au règne de Charles VI la coiffure des femmes différa peu de celle des hommes :
une belle chevelure , quelques fleurs choisies avec goût' étaient les seuls ornements par lesquels elles se distinguaient.
Klles imaginèrent alors une haute coiffure
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conique, à l'extrémité de laquelle elles attachèrent un voile qui pendait plus ou moins bas suivant le rang de la personne qui le portait. Le voile de la bourgeoise ne descendait que jus* qu'à la ceinture, celui de la femme d'un cheva* lier touchait jusqu'aux talons, et celui d'une reine ou d'une princesse traînait par terre.
Juvénal des (Jrsins, en parlant des désordres dont l'hôtel d'Isabeau de Bavière fut le théâtre, dit qu'en 1417, malgré les guerres et les tempêtes politiques, « les dames et demoiselles menoient un excessif estât, et qu'elles portoient des cornes merveilleusement hautes et larges , ayant de chacun costé deux grandes oreilles si larges que quand elles vouloient passer par un huis elles éloient obligées de se baisser et de se présenter de costé. » En Flandre, oh les cornes étaient nées, on les appelait des hennins ; dans les anciennes tapisseries flamandes, on retrouve de ces coiffures gigantesques qui s'élèvent jusqu'à deux et trois pieds de hauteur.
Ces cornes monstrueuses qui servirent d'abord à distinguer les femmes du premier rang et que toutes les autres adoptèrent ensuite, ainsi que le voile qui y était attaché, excitèrent la bile des prédicateurs. Deux carmes , l'un nommé Breton et l'autre Thomas Conare, les attaquèrent publiquement en chaire, et elles disparaissaient partout ob ils passaient, mais pour se redresser plus orgueil* leuses encore lorsque le sermon et le sermonneur étaient oubliés. Cinquante ans après , en 1467, sous Louis XI, les femmes, dit Monstrelet, « mirent sur leur tête bourrelets à la manière de bonnets ronds, qui s'amenuisoient par-dessus de la hauteur de demiaulne, ou de trois quartiers de long; telles y avoient et aucunes les portoient moindres , et déliés couvre-chiefs par dessus , pendant par derrière les aucunes et les autres. »
Comme on le voit, les femmes avaient alors de la persévérance, et conservaient longtemps les mêmes modes. Elles finirent pourtant par abandonner les hennins , et passe»
rent d'une extrémité à l'autre. Sous le règne de Charles VIII elles prirent de petits bonnets fort bas, garnis en dehors de peaux tachetées de noir et de blanc. A la mort de son premier époux , Anne de Bretagne mit sur sa tête un voile noir. Les dames de la cour l'imitèrent et ornèrent de franges rouges ou couleur de pourpre ces voiles, que les bourgeoises adoptèrent aussi et dont elles augmentèrent l'éclat en y ajoutant des agrafes d'or et en les chargeant même de perles.
Les femmes de qualité, dont les riches bourgeoises adoptèrent toutes les coiffures , imaginèrent, sous François 1 er , de relever leur toupet, de retaper les cheveux des tempes , et de faire du tout une espèce de
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pyramide qu'on rejetait en arrière; mais cette mode ne dura pas longtemps comnve ornemeut distinctif : elle devint bientôt générale , et môme quelques dames d'un rang élevé ne l'adoptèrent jamais.
Marguerite, sœur du roi chevalier et aïeule de Henri IV, prit une toque surchargée de dorures, ou un petit chapeau avec une plume; cette coiffure de viut bientôt à la mode, et elle se soutint jusqu'à la fin du règne de Henri II. Les femmes portèrent ensuite, jusque sous Henri IV, de petits bonnets avec une aigrette. La seconde Marguerite de Valois , femme de ce prince , ne s'assujettit à aucune mode; cependant sa coiffure favorite était le toupet relevé, les cheveux des tempes frisés , et elle portait sur la tête un bonnet de velours ou de satin enrichi de filets de perles et de pierreries , avec un bouquet de plumes.
A peu près dans le môme temps reparut le chaperon des Mérovingiens, et cette coiffure, que Scaliger trouvait fort sotte, dura jusqu'à Louis XIII. C'était pour les dames une pièce de velours qui formait le bonnet cl revenait sur le front, où il faisait la pointe ; les bourgeoises ne le portaient qu'en drap. On les appelait dames à chaperon.
Sous le règne de Louis XIV, après l'introduction des rubans connus d'abord sous le nom de Foniangcs, qu'ils avaient emprunté à la belle personne qui les avait mis à la mode, les hautes coiffures reparurent et parvinrent bientôt à un tel degré d'élévation que les architectes furent obligés de hausser et d'élargir les portes, parce que , comme au temps des hennins , les femmes ne pouvaient plus y passer. Tant que dura le règne de Louis XV, les coiffures, soumises à la bizarre invention de la poudre, subirent de nombreuses variations; elles s'abaissèrent ou s'exhaussèrent suivant le goût ou la fantaisie de la favorite en titre, que les dames de la cour et les bourgeoises de la ville s'empressaient d'imiter. Mais sous Louis XVI , vers 1774 et 1775, les femmes élevèrent leut coiffure à une hauteur tellement exorbitante que, dans les loges des théâtres, elle interceptaient aux spectateurs la vue des décorations et des acteurs, et que, pour mettre fin aux querelles continuelles que cet obstacle suscitait, de Visme , directeur de l'Opéra , fut obligé de faire, en novembre 1778, un règlement qui défendait l'accès de l'amphithéâtre aux personnes dont la coiffure était trop haute.
Ces coiffures extravagantes ne pouvaient se soutenir qu'à l'aide d'un échafaudage fort compliqué et souvent fort pesant, et il y entrait tant