CD IV, M
K — ALCKSTE 90
Une erreur trop accréditée fait du lieu que nous venons de décrire le siège de l'oracle de Faunus. Or, voici ce que dit Virgile :
« Latinus, effrayé, va consulter l'oracle de Faunus, père de sa race, organe du destin.
Il pénètre dans le bois prophétique, sous la haute Albunée , qui fait mugir dans l'ombre la profondeur sacrée de ses eaux retentissantes, et obscurcit l'air empesté d'un nuage méphitique (I). » Excepté le nom d' Albunea et la circonstance des vapeurs épaisses , qui rappellent les émanations sulfureuses des eaux Albulas, rien dans les vers du poète ne peut s'appliquer à celle ci, qui coule silencieuse dans un»
plaine nue et sans arbres. C'est donc ailleurs qu'il faut chercher la Solfatare ombreuse et sonore décrite par Virgile , et nous croyons que Nibby a eu raison quand il a cru la reconnaître dans celle qui est située à quinze milles de Rome, sur la route qui meuait à Ardée. En effet, c'était là que régnait Latinus, roi du Latium maritime. Faunus, son prédécesseur, avait sans doute été enseveli dans ce lieu , que la fumée d'un cratère mal éteint, les vapeurs d'une source sulfureuse, le bruit d'une chute d'eau , l'ombre d'un bois épais, remplissaient d'une religieuse terreur. Ce rapprochement entre l'ancieune Albunea et le lieu que nous signalons est d'autant plus facile à justifier que le littoral du Lalium était presque partout couvert d'épaisses forêts ; qu'un petit lac existait là du temps d'Ameti, qui l'a iudiqué sur sa carte ; que de nos jours on y voit encore une grotte, celle peut-être où se trouvait le tombeau de Faunus, et où se livraient au sommeil ceux qui venaient consulter l'oracle du Dieu , se révélant par des songes quand on s'endormait sur les peaux des victimes immolées en son honneur (2). Toutefois, si nous refusons au lac des Iles flottantes l'honneur d'être Y Albunea de Virgile, l'oracle du Dieu Faunus, il nous faut reconnaître que sur ses bords s'élevaient de magnifiques constructions, des thermes peut-être, qui paraissent appartenir au temps d'Auguste , et dont plusieurs fragments retrouvés au seizième siècle annoncent l'importance et la richesse. Des inscriptions nous ont appris que près de là se trouvait aussi un temple de Cybèle, ainsi qu'un autre édifice consacré aux eaux sacrées de l'Albula :
AQVIS ALBVLIS SANCTISSIMIS.
alcestb. ( Mythologie. ) Fille de Pélias , roi d'Iolchos, etd'Anaxibia, Alccste était d'une rare beauté. Aussi les prétendants à sa main furent-ils si nombreux, que son père, daus l'embarras où il était de choisir, déclara qu'Alceste n'appartiendrait qu'à celui qui altelerait à un char des lions et des sanglier?. Si difficile qu'elle fût, la condition fut remplie par Ad-
(I) sFîl., VII, 81-85.
(»)^n.,VH,86«sq.