M ALCESTE
raète.roi de Phères, grâce à Apollon, qui, exilé du ciel, était alors le berger du prince et gardait ses troupeaux. L'époux d'Alceste, comblé des bienfaits des dieux , obtint des Parques mêmes la promesse que le jour où la trame de sa vie serait coupée par elles, il pourrait être rappelé à la lumière par la mort volontaire de la personne qui consentirait à descendre à sa place chez les ombres. L'heure fatale sonna, et la laveur accordée a Admète allait lui devenir inutile, aucun ami, aucun parent ne consentant à se sacrifier pour lui, lorsque Alceste se dévoua , et le rendit à la vie en mourant elle-même. Tant d'amour toucha les immortels, et Alceste, rappelée du fond des enfers, vint retrouver l'époux envers lequel elle avait montré une si courageuse tendresse. Proserpine, selon les uns, la renvoya sur la terre ; selon d'autres traditions, ce fut Hercule qui l'arracha de vive force au dieu des ombres (1).
Les vertus d'Alceste, qui avait aussi prouvé sa piété filiale en résistant, seule parmi les filles de Pélias, aux séductions de Médée, et en refusant de participer à l'horrible meurtre de son père (2) , ont inspiré les poètes les plus célèbres. Homère (3) l'appelle « la divine parmi les femmes , * et « la plus belle des filles florissantes de Pélias ». Euripide a fait de son dévouement à son époux le sujet d'une des plus touchantes tragédies qui nous soient restées de lui. Après sa mort , elle fut associée dans les enfers aux plus nobles femmes , à Évadoé et à Laodamie (4).
Les artistes ont rivalisé avec les poètes pour concourir à son illustration. Non-seulement on voit dans la Galerie de Florence un beau bas-relief, œuvre de Cléomène, qui représente Alceste se dévouant à la mort (5) , mais ce sujet est l'un de ceux que l'on rencontre fréquemment sur les urnes trouvées dans les hypogées de Yolterra et de quelques autres villes étrusques (6).
alcmène. (Mythologie.) Alcmène était fille d'Électryon, roi de Mycènes, et d'Anaxo. D'autres lui donnent pour mère soit Lysidice (7) ou Eurydice (8), toutes deux filles de Pélops, soit enfin Ériphyle (9). Elle fut mariée à Amphitryon, roi de Thèbes, et lui devint infidèle sans le savoir, trompée qu'elle fut par Jupiter,' qui avait pris la figure de son
(1) ApoU., I , » , ts. — Hygia., F., SU (S) Dlod. Sic, IV, 51.
(4) l'hlloitr. Her.) II , S. — Ofld., A. Atn. % III . 19.
(5) Meer, Geschichte des bildendcr Kûnstcr, I , p. 168 ; II, p. 155.
(6) F ov. Inghlraml, Monumenti , etc.; Mlcall, Storia degli antichi popoli ItaL; Antu di Corrisp. Archeolog.,mt, p. 4Ml,*7,BolleUQ , 1848, p. 19 et sulv-
(T) schol. Plnd., Ol.. VU, 49. — Plut., Thes.
(8) Diod. Sic, IV, 9.
(9) ApoU., 11,4 5. — Paus. éd. Clavier, t. III, p. 13». »