ALÉSIA
mille cavaliers et quatre-vingt mille fantassins. Alésia était située sur un plateau tout entouré de collines , et au pied duquel coulaient les petites rîTières de la Loze et du Lozeron. Voulant bloquer du même coup la ville et le camp gaulois qui la protégeait, César y entreprit les travaux les plus prodigieux dont l'histoire de l'antiquité fasse mention. 11 éleva une double ligne de retranchements palissadés et de parapets crénelés sur une circonférence de onze milles romains, avec trois enceintes de fossés, larges et profonds de vingt pieds. 11 y éleva vingt-trois tours. Des travaux pareils furent répétés aussi du côté de la campagne, pour mettre le camp romain à l'abri des agressions du dehors. Le circuit total était de quatorze milles. Tous ces travaux furent achevés en moins de cinq semaines. Verciogétorix , captif dans cette enceinte, livrait chaque jour quelques combats, et provoquait par ses émissaires une levée en masse depuis les Alpes jusqu'à l'Océan. Deux mit cinquante mille hommes accoururent au secours d'Alésia. César, à son tour assiégé, soutint une première attaque. Une grande bataille s'engagea le lendemain. Elle fut longtemps indécise : la double action des Gaulois fut mal concertée, l'ensemble manqua dans leurs efforts, et la fortune de César, qui fat près de succomber, l'emporta à la fin.
Verciogétorix vaincu alla se livrer lui-même à son vainqueur ; la garnison et la population d'Alésia furent réduites en esclavage : César en fit le partage à ses soldats.
Améoéb Renée.
a lg Es iras. (Géographie.) Ville maritime d'Espagne, située sur la baie de ce nom, dans la province de Séville (Andalousie). Selon Malte- Brun, sa population était en 1826 de (3,000 habitants; des ouvrages plus récents la portent seulement à 4,800. Algésiras fut enlevée aux Maures, en 1344, par Alphonse IX, roi de Castille, après un siège de deux ans. L'amiral français Linois soutint près de cette ville, en 1801, un combat glorieux contre une division anglaise, plus forte du double que la sienne ; il s'empara d'un vaisseau de ligne, en démâta trois, et parvint à joindre la flotte espagnole dans le port d'Algésiras. Cette ville est située à 8 kil. O. de Gibraltar. Latitude N. 36° 8', 0". Longitude O. 7° 46' 27". Son port est bon; elle possède une citadelle , un bel aqueduc. On trouve à peu de distance des mines de houille , qui font sa principale branche de commerce.
Amédée Renée.
ALGidb ( Fièvre ). (Médecine.) Forma de lièvre pernicieuse qui s'observe communément dans les pays de marais , et qui constitue «ne des plus dangereuses espèces de fièvre intermittente. Elle est caractérisée par un
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refroidissement du corps, qui n'est ordinairement pas perçu par le malade, par l'arrêt de la circulation et la conservation des facultés intellectuelles.
L'algidité commence ordinairement au milieu ou au début du stade de chaleur de l'accès de fièvre; la face, les extrémités, une partie du tronc se refroidissent d'une manière extrême, et donnent la sensation que l'on éprouve en touchant du marbre ; le pouls se ralentit, devient rare et ne tarde pas à disparaître. La facé se décolore , les yeux s'enfoncent dans les orbites, l'haleine est froide, la voix cassée, l'urine se supprime. L'intelligence est conservée , le malade n'a pas conscience de sa position , et quelquefois il se complaît dans l'état de calme qu'il éprouve. Quelquefois des vomissements et des déjections, alvines viennent compliquer cet état si grave , et lui font prendre l'aspect du choléra. L'algidité est quelquefois suivie d'une vive réaction fébrile qui sauve le malade, mais le plus souvent elle est funeste.
La fièvre algide est d'autant plus dangereuse qu'elle est ordinairement mortelle au premier ou au deuxième accès, et qu'elle survient souvent sans cause connue, dans le cours des fièvres intermittentes bénignes.
En conséquence, dans les pays de marais, on devra surveiller la marche des fièvres d'accès, accorder beaucoup d'attention aux moindres modifications des symptômes, et, pour peu qu'on observe un refroidissement trop prolongé, se hâter de donner au malade une forte dose de sulfate de quinine, le réchauffer, etc.
D r Racle.
allantoIde. Voy. Œuf humain.
allegham. ( Géographie. ) Les monts Alleghanis, situés dans l'Amérique du Nord, s'étendent, dans la direction du sud-ouest au nord-est, depuis le 34* parallèle jusqu'à l'embouchure du Saint-Laurent.
En admettant, avec les géologues modernes, que les montagnes ne sont que les arêtes plus ou moins saillantes d'énormes soulèvements circulaires anciennement opérés dans l'écorce de la terre, il est facile de comprendre comment les chaînes des montagnes américaines, dont l'Alleghani est une dépendance, se rattachent à la chaîne des montagnes de l'ancien monde. Dans ce système, la masse montagneuse qui traverse toute l'Amérique du nord au midi serait la continuation des grandes élévations qui, sous le nom de plateau de Cafrerie, d'Arabie , de Perse et de Mongolie, forment comme l'épine dorsale des anciens continents, et qui, à peine interrompues par le détroit de Behring, forment également en Amérique les monts Rocheux, les plateaux du Mexique, et la longue chaîne des Andes.
ALLEGUA NI — ALLOPATHIE
On a remarqué que cette grande arête, dirigée perpendiculairement au méridien, garde dans tonte l'étendue de ses deux faces, l'orientale et l'occidentale, une disposition presque constante , qui est d'avoir des pentes beaucoup plus rapides et plus courtes vers le grand Océan que du côté des océans Atlan tique et Glacial. Dans la partie septentrionale du Nouveau Monde (l'Amérique du Nord), elle forme deux systèmes de montagnes, l'un plus à l'ouest, comprenant les Cordillères et les montagnes Rocheuses, et l'autre plus à l'est, auquel appartiennent les monts Allegbanis. Ces montagnes ont cela de particulier dans l'ensemble de leur formation , que les plateaux qui serrent de support aux plus hautes cimes se lient aux terres basses par des pans brusquement coupés; ainsi les monts Alléguants situés au premier plan vers l'est, au lieu de se rattacher en arrière aux Cordillères par une pente longue et graduée, s'y joignent par de courts plateaux ou de simples escarpemeuts. Les plaines qui s'étendent à leur pied se maintiennent elles-mêmes à un niveau bas et uniforme, qu'Interrompent à peine quelques coteaux peu élevés.
L'Alleghani , à partir de son extrémité méridionale, est formé d'abord d'énormes et longues masses de grès , qui vont en s'abaissanl vers le golfe du Mexique . Plus au nord on trouve une région de schistes ardoisiers et de marnes bleues, à laquelle succède, en s'approchant des bords du Saint-Laurent, des masses basaltiques et d'autres formations ignées.
allopathie. ( Médecine. ) Les médecins qui suivent la doctrine de Hahnemann établissent qu'il y a trois manières d'agir dans le traitement des maladies : la première consiste à attaquer l'affection morbide par des moyens contraires à»sa nature ; la deuxième à lui opposer des agents qui sans lui être absolument contraires sont propres cependant à en troubler les symptômes et la marche ; la troisième , enfin , consiste dans l'emploi de moyens qui sont de nature à produire chez l'homme sain des symptômes semblables è ceux de la maladie qu'il s'agit de combattre , ou au moins le plus rapprochés de ceux de cette affection. Cette dernière méthode constitue la médecine homœopathique , la seule et la vraie médecine, suivant l'opinion des adeptes : les deux autres ont reçu des sectateurs de celte école les noms d'Énantiopathie, ou médecine des contraires, et à' Allopathie, ou médecine dérivative ou révulsive.
Comme on le voit, l'allopathie n'est qu'une des personnes de la trinité formée par les doctrines médicales, et c'est la personne la moins opposée à l'essence, au dogme homœopathique* Nous devrions en conséquence,
pour restreindre les discussion aux limites posées par les homœopatliistes eux-mêmes, nous borner à l'étude de la médecine dérivative; mais l'usage n'a point consacré le terme d'énanliopalhie, celui d'allopalhie au contraire personnifie la médecine prise dans son ensemble , et contre laquelle Hahnemann a levé l'étendard de la révolte ; en conséquence nous devons faire comme tout le monde , en étudiant simultanément la médecine des contraires (énantiopalhie) et la médecine perturbatrice (allopathie) dans leur antagonisme avec fhomœopathie. Dans celte étude, nous ne pouvons pas rappeler et justifier tous les principes de la médecine que nous défendous : ce travail nous eutratnerait trop loin ; il nous suffira de montrer toute la vanité et l'impuissance de l'Iiomreopathie au point de vue du droit et au point de vue du fait, dans la théorie et dans la pratique.
§ I er . Rappelons d'abord les principes de la doctrine de Hahnemann en les présentant dans un ordre logique et facile à saisir. Les médecins homœopalhistes prétendent :
1° qu'on peut produire chez l'homme sain des symptômes semblables à ceux des maladies spontanées ; 2° que ces effets s'obtiennent a l'aide des médicaments dynamisés ; 3° et enfui que c'est en déterminant une maladie médicamenteuse qu'on peut guérir une maladie ordinaire. Voilà la base de la doctrine dégagée de ses formules et de son langage particulier. Étudions chacun de ces trois points en particulier.
1° Et d'abord est-il possible de produire des maladies médicamenteuses? Sans aucun doute, on peut déterminer, par l'usage des médicaments, de la fièvre, des empoisonnements , le vomissement , l'augmentation d'un grand nombre de sécrétions, des phénomènes nerveux, des palpitations, etc., etc. Nous ne contestons pas non plus qu'Hahnemaou ait produit sur sa propre personne des phénomènes de fièvre intermittente par l'usage périodique du quinquina ; mais que l'on puisse ainsi faire naître à volonté toutes les maladies ou les symptômes de toutes les maladies, c'est ce que nous nions d'une manière formelle. 11 n'est pas un seul médicament qui soit capable de produire les symptômes de la pneumonie ou fluxion de poitrine, tels que la douleur de côté, la toux , les crachats sanglauts ou roui liés et le râle crépitant perçu par l'auscultation. On peut mettre au défi l'homœopathiste le plus habile de produire ces symptômes chez un homme en santé , soit à l'aide d'un seul médicament, soit à l'aide de plusieurs : la bryone, l'aconit, la pulsatille, le charbon, le soufre, n'ont jamais , et fort heureusement , amené ces effets désastreux ; qu'on ouvre l'Organon d'Halinemann, et l'on