D' RACLE
alphée. (Mythologie et Géographie.) Fils de l'Océan et de Tûthys, Alpbée était la divinité du fleuve grec qui portait ce nom. La tradition dont il est l'objet présente plusieurs versions différentes. Selon la première, il aima Diane. La trouvant insensible, U voulut satisfaire sa passion par la violence. Diane s'enfuit; arrivée à Létrines, en Élide,ellese couvrit le visage de fange et en fit autant à ses nymphes, de telle sorte qu'elle échappa à son persécuteur, qui ne put pas la distinguer parmi ses compagnes. Les Létriniens perpétuèrent la mémoire de celle aventure , en élevant un temple à Diane Alpheiaea. La déesse fut longtemps adorée en Élide sous ce nom, qui plus tard se corrompit et se changea ta celui d'Élaphiœa. D'autres mythographes prétendent que Diane fut poursuivie par Alphée jusque dans l'Ile d'Ortygie , située dans le port de Syracuse, où se trouvait aussi un temple de Diane Alpheiaea (l). Cependant, à Olympie il y avait parmi les six autels qu'Hercule, selon Hérodote, consacra à douze dieux, un autel où l'on offrait des sacrifices communs à Alphée et à Diane Alpheiaea (1).
Une autre tradition veut qu' Alphée ait été amoureux non de Diane , mais de la nymphe Arélhuse. Poursuivie par le fleuve , dans les eaux duquel elle était venue se baigner, celte nymphe se sauva dans l'Ile d'Ortygie, où elle fut changée en source. Mais Alphée à son tour, traversant la mer sans y mêler ses eaux, alla se réunir à celle qu'il aimait ( 3 ). Enûn , d'après une troisième version , Alphée , pelit-fils du soleil , tua Bon frère Cercaphus en luttant avec lui. Poursuivi par les Furies , il se précipita dans le fleuve IS y dirons , qui prit dès lors son nom (4). Le fleuve Alphée (aujourd'hui Ronfia) formait la limite entre le
(1) Schol. Pind , PyfA., Il, 11.
(D Schol. Pind., Olymp., V, 10. - Paus., éd. Clavier, t. III. p. 103.
(I) Pau» , t. III. P- — Schol. Pind., Nem„ \, t.— Oïld., Met., V, 576, seq. - Sert. Vlrg., Ecl. x, 4; En., tll. »9*.-Stace,S<f» , l,»,«©3; Tkeb.,}, i,*7i; IV,
(*). PMrado-Plut., lit Flum.,1»
territoire de Lacédémone et celui de Tégée.
Sa source était à Phylaque, en Arcadic; à quelque distance de là il recevait les eaux d'un grand nombre de fontaines peu considérables, ce qui avait fait donner à ce lieu le nom de Symbola. Il passait à Hérée, et arrivait à Olympie, grossi déjà par les eaux de plusieurs rivières de l'Arcadie, et par celles du Cladeus, qui venait de l'Élide. H se jetait dans la mer Ionienne au-dessus de Cyllène. Ce qui favorisait les différentes traditions répandues sur l'Alphée, c'est qu'il disparaissait plusieurs fois sous terre. En sortant de Phylaque, il se perdait dans une fissure du sol sur le territoire de Tégée, et reparaissait à Aséa, où il coulait dans le même lit que TEurotas. Disparu une seconde fois, il se montrait de nouveau è l'eudroit que les Arcadiens nommaient Les Fontaines, à Pèges, surle territoire de Mégalopolis (1) .
Cette particularité de son cours indique suffisamment l'origine de la fable qui réunissait, dans Plie d'Ortygie, l'Alphée à la fontaine Arélhuse. A l'appui de celte fable, on racontait qu'une coupe jetée dans l'Alphée avait été retrouvée dans le bassin de l' Arélhuse; et on ajoutait que le sang répandu aux sacrifices d'Olympie troublait à Ortygie l'eau de la fontaine (2). Une peinture retrouvée autrefois à Rome sur le mont Esquilin, et perdue depuis, mais dont on a conservé un dessin, représente Alphée à la poursuite d'Arélhuse.
Parmi plusieurs personnages secondaires, on dislingue facilement le dieu du fleuve, qui sort précipitamment des rochers el jette des regards inquiets sur la jeune nymphe se cachant à demi dans I onde qui va l'engloutir, et doot les traita indiquent la frayeur que lui fait éprouver la poursuite de son amant (3).
aluminium. Voy. Préparation dk l'A-