‹ Encyclopédie moderneChapitre 40 sur 308 · AMAN — AMARYLLIS · texte numérisé non relu

AMAN — AMARYLLIS

voyés par les ennemis des musulmans. Défense de porter des armes et de monter à cheval avec des selles. Défense d'acheter des esclaves sur lesquels des musulmans auraient des droits.

A l'entrée d'un musulman dans leurs lieux de réunion, les chrétiens se lèveront; mais les musulmans en cas pareil resteront assis. Les chrétiens n'adopteront jamais les noms propres ni les surnoms des musulmans ; ils ne se serviront pas de cachet à légende arabe ; ils ne chercheront pas à imiter les musulmans dant leurs vêtements ou leur coiffure , mais au contraire se distingueront autant que possible par les accessoires du costume, et porte* ront des ceintures particulières.

Défense aux chrétiens d'avoir des maisons plus hautes que celles des musulmans, de chercher à regarder dans les habitations de ceux-ci; d'allumer des feux dans les marchés fréquentés par les musulmans ou sur les grande» routes; d'employer des pleureuses dans leurs funérailles et d'ensevelir leurs morts près des tombeaux musulmans.

A ces prescriptions Omar ajouta que les chrétieus ne pourraient jamais frapper un musulman ; qu'ils seraient obligés de stipuler solidairement pour eux et pour leurs coreligionnaires, et que dans le cas de violation de quelqu'une de ces conditions , ils ne seraient plus traités en dhimmis, mais en ennemis.

Après quoi il écrivit sur la charte : « Omar accorde ce qu'ils lui demandent. »

Cependant le temps, les hommes, les circons* tances, amenèrent quelques changements, le plus souvent des aggravations, à l'ordonnance d'Omar. Par exemple, nous voyons dans quelques occasions, et spécialement dans un récit d'Ibn-Khaldoun lui-môme, qu'il fut défendu complètement aux chrétiens et aux juifs de monter à cheval ; d'élever la voix en présence des musulmans; de marcher au milieu de la rue ; d'acheter des esclaves musulmans ; de vendre du vin ; et qu'on enjoignit aux chrétiens de porter des turbans bleus et aux juifs d'en porter des jaunes ; qu'où punit de mort les chrétiens convaincus de commerce avec des femmes musulmanes, etc. De temps en temps, lorsque la rigueur des règlements se relâchait un peu, lorsque la richesse, l'adresse ou la capacité des infidèles leur donnait trop d'influence; lorsque d'autres causes excitaient le fanatisme desmusulmans, les docteurs demandaient ou des princes trop dévots ordonnaient l'observance de la charte d'Omar dans toute sa rigueur, et même avec des rigueurs supplémentaires. Mais en général cet aman modèle peut être considéré comme la sauvegarde des peuples, qui ont eu pendant douze siècles le malheur de rester sous la domination musulmane.

The Hedaya or Suide, trantlated by Ch. fUmtiton ; Loodoo «M.

D'OIiMon, Tableau général de l'Empire Ottoman.

Ibn Khaldoan, Grand ouvrage hittorique.. Vt c Motion, r». de il BlbL Impériale. Suppl. Arabe, 741. V fol. 181, recto seqq.

amaryllis. (Botanique.) Genre de plantes qui a servi de type à la tribu des amaryllidées, une des divisions de la famille des amaryllidacées. Les botanistes antérieurs à Linné connaissaient déjà plusieurs espèces d'amaryllis : ils les ont rapportées, les unes aux narcisses, les autres aux colchiques. Linné, les réunissant dans un seul genre, l'a désigné par le gracieux nom d'amaryllis, bien choisi, et à cause des souvenirs poétiques qu'il rappelle , et à cause aussi de son étymologie grecque, àu-apuaveo, je brille. Ën effet, quoique intérieure aux éclatantes espèces exotiques, notre amaryllis jaune (amaryllis lutea, Linn.) a été accueillie avec distinction dans nos parterres comme propre à en faire l'ornement, surtout dans uue saison où les autres fleurs deviennent rares. La fleur de l'amaryllis ne parait qu'au mois de septembre. Elle a quelque ressemblance avec celle du colchique ou du safran. Elle est solitaire, en forme de cloche, d'un beau jaune; les étamines sont droites: trois d'entre elles sont plus courtes que les autres. Des feuilles planes, allongées , obtuses, disposées sur deux rangs, sortent d'une bulbe couverte de tuniques brunes. Cette plante croit au milieu des prés dans les contrées méridionales, en Espagne, en Italie. On la place dans les plates-bandes des jardins, en lignes entremêlées de colchiques, de safran d'automne. Elle exige peu de soins, croit en pleine terre, dans un terrain sablonneux, un peu frais, à l'exposition du midi. Elle se multiplie aisément par ses caïeux, que l'on sépare dans le courant de juillet.

Les espèces étrangères les plus remarquables, et qui se cultivent dans les jardins de l'Europe , la plupart avec le secours des serres, sont :

L'amaryllis grénésienne (amaryllis &arniensis, Linn.). On raconte que, vers le milieu du quinzième siècle, un vaisseau qui revenait du Japon, rapportant de ces amaryllis, fit naufrage sur les côtes de France. On recueillit ces plantes à Guernesey, où elles réussirent 6i bien, qu'elles y sont devenues une branche de commerce. Cette plante produit , en octobre, une ombelle de très-belles fleurs, d'un rouge vif, paraissant au soleil parsemées de points d'or; leurs divisions sont lancéolées, un peu étroites, recourbées, et même un peu roulées.

L'amaryllis dite lis de Saint-Jacques (ama-

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