‹ Encyclopédie moderneChapitre 41 sur 308 · AMARYLLIS — AMBIGU-COMIQUE · texte numérisé non relu

AMARYLLIS — AMBIGU-COMIQUE

ryllis formosissima, Linn. ). Aucune espèce n'est plus brillante que celle-ci par ses couleurs, plus séduisante par sa forme. 8a fleur est très-grande , son tube Tort long; les divisions des limbes profondes , lancéolées ; les trois inférieures, rapprochées, enveloppent les étamines et le style, et se courbent avec eux ; les trois supérieures sont redressées et s'écartent l'une de l'autre. La couleur est d'un rouge velouté tirant sur le carmin ; au soleil, elle parait parsemée d'une poudre d'or qui en relève l'éclat. Mais ces rayons qui l'embellissent ne lui donnent cet éclat qu'au prix de sa vie, et on n'arrive à la faire vivre deux ou trois jours qu'en la Mettant soigneusement à l'abri. Le lis de Saiut- Jacques nous vient du Mexique ; 11 a été introduit en Europe vers l'an 1593.

L'amaryllis à longues feuilles {amaryllis longifolia, Linn.), qui produit dans les serres chaudes, vers le milieu de l'hiver, une ombelle de dix à vingt fleurs d'un pourpre foncé, exhalant une odeur très-agréable.

L'époque de sa floraison, le besoin qu'elle a de chaleur, la destinent d'avance aux jardinières des appartements.

L'amaryllis à fleurs roses (amaryllis rosea,Encycl.),qu'on nomme aussi bella-donnat porte, à l'extrémité d'une tige de deux pieds, un bouquet de grandes fleurs, qui, blanches d'atwrd, se colorent ensuite d'un riche incarnat, puis enlin d'un rose tendre. L'odeur de ces fleurs ressemble à celle de la jacinthe. L'amaryllis à fleurs roses, qui fleurit en septembre, peut se conserver en pleine terre, dans les plates-bandes , au pied d'un mur, à l'exposition du levant. Elle est originaire des Antilles et de Cayenne.

ambigu-comique. (Histoire théâtrale.) Le théâtre de l'Ambigu-Comique est un des théâtres parisiens élevés le long des boulevards depuis la porte Saint-Martin jusqu'à la rued'Angouléme. C'est une curieuse histoire que celle de ses vicissitudes, une histoire qui peut servir à prouver une fois de plus que les obstacles font souvent le 6uccès, et que les grandes fortunes naissent la plupart du temps des grandes difficultés.

En 1769, Audinot, acteur de la Comédie Italienne, mécontent de ses camarades, mécontent d'une administration qui trouvait ses prétentions exagérées, fit fabriquer par un habile ouvrier un assortiment de inariounettes, s'établit à la foire Saint -Germain , et fit jouer à ces acteurs improvisés une piïce intitulée Les Comédiens de Bois. Tout Paris y courut : on sait quel attrait ont toujours eu pour le public les personnalités satiriques, et , grâce à l'artiste qui avait confectionné les artistes d'Audinot, on reconnaissait en chacun d'eux la caricature de quelque acteur ou de quelque actrice de la Comédie-Italienue. Na-

turellement l'amour - propre des originaux ainsi représentés, amour -propre plus développé que toutes les vanités du monde , puisqu'il appartenait à des comédiens, regimba sous le fouet qui le frappait , et il fallut ta protection du prince de Contl pour détendre les marionnettes d'Audinot contre les exigences des trois grands théâtres de Paris. Grâce à cette haute tutelle, et plus tard à la bonne volonté du lieutenant de police, M. de Sarlines, Audinot put venir s'établir sur le boulevard du Temple, remplacer ses marionnettes par des enfants , et voir uue foule empressée attendre tous les jours avec impatience la levée de ce rideau quelque peu pédantesque, sur lequel il avait inscrit ce calembonrg latin : sicut infantes audi nos. Ce ne fut pas sans subir des persécutions acharnées. Pour apaiser les uns, Audinot consentait à ne jouer que des pièces retouchées, arrangées ou plutôt dérangées parles comédiens français ou italiens. Pour désarmer les autres, il se soumettait à payer tribut. En 1780 il s'engagea par traitéà payerà l'Opéra six francs par représentation de nuit donnée sur son théâtre, et douze francs pour chaque représentation de jour. En 1784 un traité plus avantageux encore pour les persécuteurs remplaça ce droit fixe par un droit proportionnel, et força Audinot à payer à l'Académie royale le dixième de ses recettes. Comptez d'ailleurs que le droit des pauvres, cette sangsue attachée encore aujourd'hui au flanc malade des théâtres, n'épargnait pas la caisse du directeur, si violemment pressuré : il lui demandait tout simplement, et par un compte des plus rouds, le quart de ses recettes brutes. Pourtant la faveur publique était un si gras pâturage pour celte vache à lait universelle , que l'Ambigu- Comique résistait, et trouvait moyen de réaliser encore d'assez beaux bénéfices. Ses ennemis résolurent alors de frapper un grand coup en le privant de ses directeurs (Audinot s'était depuis longtemps adjoint un associé, nommé Arnould). En conséquence , ceux-ci se virent dépouillés de leur privilège , qui fut donné à d'autres : c'étaient les sieurs Gaillard et Dorleuille , lesquels avaient déjà dirigé le théâtre des Variétés- Amusantes, au Palais- Royal. Pourtant la protection de M. de Sar- Unes était encore fidèle à ces victimes de l'arbitraire, et Audinot et Arnould reprirent leur direction dès la mêmeannée. Bientôt leurs affaires arrivèrent à un tel degré de prospérité, qu'ils purent faire construire une nouvelle salle, dont l'inauguration eut lieu le 30 septembre 1786. Trois ans après, la révolution française commençait; grâce à l'abolition de tout ce qui ressemblait à la réglementation môme d'une sage liberté, les directions théâtrales devenaient complètement libres, les théâtres pullulaient, les faillites directoriales foisonnaient :

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