‹ Encyclopédie moderneChapitre 42 sur 308 · AMBIGU · texte numérisé non relu

AMBIGU

l'Ambigu fut enveloppé dans la ruine générale, et ceux qui avaient vécu si longtemps victimes de l'abus du privilège périrent, tués par la suppression du privilège lui-même. Après avoir été exploité pendant quatre ans par une société d'acteurs, l'Ambigu ferma définitivement en 1799. Il rouvrit Tannée suivante, d'abord sous une administration dont les ressources, insuffisantes, ne la soutinrent (pie pendant quelques mois, puis sous la direction de Labenette-Corsse, ancien acteur de la Galté. Le bon temps était revenu alors ; mais Audinot n'avait eu que le temps d'en voir l'arc-eo-ciel : il était mort en 1801. Labenette-Corsse sut profiter avec une rare intelligence des heureuses circonstances où il se trouvait , et quand il mourut, en 1815, il laissait, dit -on, une fortune de plusieurs millions. Le fils d'Audinot , qui était propriétaire du théâtre, en devint alors le directeur. Mais Audinot père avait usé ta veine de la famille ; Audinot, associé avec madame Puiwye, puis avec Frauroui jeune, puis avec Sénepart , n'obtint jamais que de médiocres résultats. En 1826 il mourut, et en 1827 PAmbigu brûla. Madame Audinot et Sénepart firent construire un nouveau théâtre, à Vendrait où il est maintenant. L'ouverture eut lieu le 7 juin 1828. Celle inauguration fut brillante : la salle, construite par MM. Hitlorf et Lecointe , décorée de belles peintures par MM. Jouanis, Desfontaines et Gosse, était vaste, élégante, commode. La duchesse de fierri assistait à la représentation, et on avait remarqué que sa présence portait bonheur.

Pourtant le public, attiré ailleurs par les importantes tentatives qui inauguraient à la porte Saint-Martin une littérature dramatique toule nouvelle, se montra sourd au* séductions déployées par le nouveau théâtre. Après de vains efforts, voyant que leurs ressources, gravement entamées par les dépenses qu'avait nécessitées l'installation de la salle , allaient s'épuiser, h-s directeurs cédèrent la place à M. Tournemine. Celui-ci ne réussit pas à franchir le ressac soulevé par la révolution de 1830. Il eut pour successeur M. d'Aubigny, qui, après une courte administration, fui remplacé par M. Leméleyer, auquel succéda, vers 1832, le baron de Cès-Caupenne. L'Ambigu se releva alors; et lorsque M. de Cès- Caupenne, après avoir obtenu le privilège du théâtre de la Galté en cumul avec celui de l'Ambigu, fut obligé d'opter entre les deux directions, et se décida pour la Galté, il laissa à ses successeurs, MM. Courniol et Cor mon , une exploitation en voie de prospérité. Après de nouvelles alternatives de bien et de mal , M.Antony Béraud, devenu directeur en 1841, parvint à obtenir autre chose que des succès isolés, et l'Ambigu florissait sous sa gestion ,

Page 1