‹ Encyclopédie moderneChapitre 44 sur 308 · AMBIGU-COMIQ · texte numérisé non relu

AMBIGU-COMIQ

dramatique, brillamment terminée au Théâtre Français; Mayeur rie Saint-Paul , auteur spirituel eo même temps que comédien distingué ; Bordier. surnommé le Molé du boulevart , et qui mou ru l courageusement et gatment à Rouen , pendu pour avoir pris part , en 1789, à une émeute de grains ; Mlle Louise Masson , qui lit courir tout Paris dans La Belle au bois dormant, qui, recherchée pour sa rare beauté, dépensa follementdes sommes énormes, et finit par demander l'aumône en chantant dans les rues ; Mlle Chevigny, qui devintdanseuse à l'Opéra ; Mlle Miller, qui fut Mme Gardel. Parmi les auteurs de pantomimes, il faut nommer Cuvelier : ses ouvrages, C'est le Diable ou la Bohémienne, V Enfant du Malheur, V Héroïne américaine , joués par Vicherat , Billimer, Flore et la célèbre Julie Diancourt, ont lait la fortune du théâtre.

Sous la direction de Corsse, une ère nouvelle commença. D'un côté, le fameux Aude , le père des Cadet- Roussel, donnait Mme Angot au Sérail de Constanlinople, dont 200 représentations consécutives furent loin d'épuiser le succès. De l'autre, Guilbert de Pixérécourt et Caignez, le Corneille et le Racine du mélodrame, mettaient onze cent mille francs en quinze ans dans la caisse du directeur, en faisant jouer Le Jugement de Salomon, La Forêt d'flermanstad, Tékéli, La Femme à Deux Maris. Cette heureuse inauguration di:

mélodrame fut suivie d'une seconde période, non moins brillante que la première. De nouveaux auteurs , parmi lesquels il faut citer Victor Ducange, Frédéric , MM. Mélesville, Nézel, Ovemay, A. Béraud.etc, marquèrent leur passage par La Bataille de Pultawa, Thérèse, Clara, Le Fils Banni, Calas, Lisbeth, Cardillac, etc. Parmi les comédiens qui faisaient frémir, pleurer, ou rire les spectateurs dans ces lamentables productions, mentionnons Tautin, Frénoy, Raflile, Dumont, Stockley père et fils, Cbristmann, Joigny, Révalard,i-t enfin et surtout Adèle Dupuis. Cette troupe, dont chaque nom réveille encore des souvenirs chers au boulevart, vieillissait déjà, lorsqu'un jour un acteur, déjà remarqué, mais bien peu de chose encore à côté de ces célébrités, encourut l'iudignalion de MM. Benjamin Anlier, Polyanthe et Sainl-Amand, en excitantdes rires inextinguibles dans le terrible rôle du brigand Robert M araire : c'était le traître d'un mélodrame , pour lequel ces trois auteurs avaient broyé leurs plus sombres couleurs. La pièce était intitulée L'Auberge des Adrets : tombée à plat à sa première représentation, elle a été jouée depuis quelque chose comme trois ou quatre cents fois. L'acteur, auquel un des auteurs n'a jamais pardonné, dit-on, l'irrévérencieuse audace avec laquelle il a changé eu celais de rire (es sifllets du public, se- nom»

E — AMBRONS n:

mait Frédérick Lemaltre. Ce n'est pas le seul nom, parmi tes illustres d'aujourd'hui, que l'Ambigu-Comique ait le droit de citer : Bocage s'y est fait applaudir ; bien des larmes y ont coulé sur les communicatives douleurs de Mme Dorval ; Guyon y a commeucé en maître sa carrière, qui devait trop tôt aboutir aux ablrr.es de la folie; Albert y est resté jeune pendant de nombreuses années ; Monligoy et Francisque y ont été chez eux; Mélingue, Moutdidier, Fechter y ont passé; Mme Mélingue est partie de là. Avec de tels interprètes, l'Ambigu a pu marcher dans la voie ouverte par le théâtre de la Porte Saint-Martin, son voisin. Abandonnant les pièces à spectacle, comme Le Festin de Balthazar , Le Juif errant , Nabuchodonosor, qui l'avaient naguère enrichi, il essaya du drame, et s'en trouva bien : M. Malelille y lit jouer Glenarvon, sa première œuvre; M. Bouchard) y embrouilla ces éche veaux de (il qu'il sait si habilement dénouer, dans Gaspardo, Lazare le pdtre, Jean le Cocher; M. Dennery, auteur des Bohémiens de Paris, y lit, après M. Cormou, l'auteur de Paris la nuit, chanter, rire et chouriner une espèce de drame de mœurs, neuf alors, usé aujourd'hui; M. Alexandre Dumas y déroula, dans sa manière facile et amusante, les nombreux tableaux des Mousquetaires; MM. Paul Féval et Saint-Yves y lirent jouer Le Fils du Diable; MM. Anicet Bourgeois et Michel Masson, Marianne; enliu Frédéric Soulié, le véritable soutien de la direction Béraud , et dont la mort contribua pour beaucoup à la ruine de cette administration, remplit la caisse à plusieurs reprises avec les œuvres de sa puissante imagination, avec les Amants de Murcie, Gaétan il Mammone, Les Étudiants, avec La Closeriedes Genêts, restée le chef-d'œuvre elle modèle des drames joués au boulevart.

M. Desnoyers, le directeur actuel, qui a obtenu lui-même un immense succès avec le drame intitulé Le Facteur, s'annonce comme devant suivre des errements tout à fait littéraires. Il jouera des drames, qu'il choisira luimême, et qui seront bien choisis ; il parait vouloir faire uuc place assez importante au vaudeville, qui fut autrefois fort en honneur à l'Ambigu, et auquel il va reudre ses ancicus droits. Sa troupe est, au reste, bien composée, lia garde Sainl-Krnest et Chilly , deux des vieux soutiens du théâtre ; il a gardé Mme Guyon, qui se recommande par de grandes qualités ; et à ces noms aimés il en a ajouté d'autres, qui le sont déjà ou qui le seront bientôt : ainsi Paulin Ménier, Mlle Thuillier, etc.

Saint-Acnan Choleb.

ambrons. ( Histoire. ) L'an de Rome 647 (av. J. C. 105), les deux généraux romains Mallius et Cappion essuyèrent dans la Gaule ,

Page 1