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AMBRONS

non loin d'Orange , une de ces défaites complètes bien rares dans l'histoire de Rome.

Quatre -vingt mille soldats turent tués, et un immense butin tomba entre les mains des vainqueurs Eutrope et Orose nomment quatre peuples qui eurent part à cette victoire : les Cinibies, les Teutons, les Tigurins et les Ambrons. Plularque en attribue le principal honneur aux Ambrons, qui formaient à eux seuls an corps de trente mille hommes , corps qu'il appelle le plus belliqueux de l'armée des barbares. Trois ans après, Marius fit prendre aux Romains une éclatante revanche. Il rencontra les ennemis prés d'Aix ( Aquœ Sexliœ), et ce furent précisément les Ambrons qui engagèrent la bataille. Ils s'avancèrent en bon ordre, frappant leurs armes en cadence , et répétant à grands cris leur propre nom : Ambrons! Ambrons! l\ se trouva par hasard que les Liguriens marchaient à la tête de l'armée romaine. Or ce nom , Ambrons, était l'ancien nom de leur nation . Us se mirent donc à le répéter de leur côté, et ce fut au bruit de ce cri de guerre, qui retentissait des deux parts, que les Ambrons furent culbutés dans la rivière, poussés jusqu'à leur camp, et là, massacrés, malgré l'opiniâtre courage de leurs femmes , qui se jetèrent dans la mêlée, frappant également l'ennemi afin de protéger les fuyards, et ceux qui fuyaient, pour les punir de leur lâcheté. On peut inférer de ce récit, emprunté à Plutarque (1), que les Ambrons avaient déjà, aune époque reculée, émigré dans le nord de l'Italie, et que les Liguriens descendaient de ce peuple. C'est en effet une opinion adoptée par quelques savants. Mais d'où venait cette émigration ? C'est une question pleine de doute et d'obscurité. Cluvier et quelques autres géographes font des Ambrons une des quatre prétendues peuplades helvétiques, donnant pour origine à leur nom celui de la rivière d'Emme, et les placent dans le pays qui comprend aujourd'hui les cantons de Berne , de Zurich , de Lucerne et de Pribourg. Festus les cherche aux environs d'Embrun , Ou- <)in dans la Bresse, Lindenbrog sur le Bas-Rhin, près d'Emmericb, etc. Mais toutes ces conjectures , basées seulement sur des ressemblances de noms , sur des consonnances hypothétiques, n'ont rien de certain, et il est probable que la véritable origine des Ambrons restera toujours un problème insoluble.

aménorrhée. ( Médecine. ) On désigne sous ce nom (dérivé de à privatif, pWjv , rvôç, mois, menstrues, et ^é<d, je coule ), le défaut d'écoulement du flux menstruel.

La menstruation est, comme on lésait, un phénomème physiologique normal, qui doit s'établir à l'époque de la puberté, con-

(1) v\* de Marius. - Rollln. Histoire Romaine, *.Utronae,l.yiU, p. fi.

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tinuer pendant toute la période de fécondité de la femme, et ne se suspendre que pendant la grossesse , l'allaitement et à l'Age dit de retour ou critique. On comprend en conséqueneeque le défaut d'établissement des règles à l'Age de la puberté ou leur suppression avant l'âge critique et sans qu'il y ait grossesse , constitue un phénomène anormal , morbide, qui ne peut résulter que d'un trouble plus ou moins considérable de l'économie, et auquel il convient de remédier.

On distingue trois espèces d'aménorrhées :

l'aménorrhée par rétention, l'aménorrhée par suppression , et l'aménorrhée par dé' faut d'excrétion. La première espèce est constituée par l'absence d'établissement des règles à l'époque de la puberté, la deuxième par leur suppression, lorsqu'elles ont déjà existé; enfin il y a aménorrhée par défaut d'excrétion lorsque le flux menstruel est retenu par un obstacle quelconque au sein des organes génitaux. Ces trois espèces différant par leurs causes, leurs symptômes et les moyens de traitement qu'elles réclameut, nous les étudierons séparément.

Aménorrhée par défaut d'excrétion.

Lorsqu'il existe chez une jeune fille une imperforation de la vulve , ou lorsque le vagin se trouve fermé par une membrane anormale, par une cicatrice résultant d'ulcère, de brûlure , etc., on comprend que la présence de cet obstacle est sans inconvénients tant que les règles ne sont point établies, mais qu'il n'en est plus de même lorsque la menstruation commence à se faire. Dans ce eas, le sang exhalé à la surface interne de l'utérus ne peut point être rejeté au dehors, et s'accumule derrière l'obstacle ; sa présence est sans inconvénients dans les premiers temps, à cause de sa faible quantité, mais cette quantité s'accroît assez promptement par le retour des époques menstruelles, et l'accumulation du liquide ne tarde pas à produire des phénomènes plus ou moins graves. Le vagin se remplit et se distend, puis l'utérus à son tour; des phénomènes de compression sur le rectum et la vessie se manifestent; les malades ressentent de la pesanteur dans le bassin, des fourmillements dans les membres inférieurs ; plus tard l'abdomen prend un développement qui peut faire supposer une grossesse , qui en réalité n'existe pas. Quelques (ois de la fièvre, des phénomènes de putridité dus à la décomposition du sang retenu dans les organes, se manifestent , et la mort peut être la conséquence de cette espèce d'empoisonnement ; d'autres fois, enfin, les organes distendus se rompent dans la cavité de l'abdomen, et il en résulte une péritonite mortelle. Dans des cas plus heureux , le sang, par son poids et par la pression qu'il exerce, finit par déchirer l'obstacle et par

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