AMEN
s'échapper au dehors. On voit alors s'écouler un liquide brunâtre, épais, grumeleux, plus ou inoins putride, et dont l'issue soulage conbidérahlemcnt la malade; sa quantité est variable : on cite l'exemple d'une femme qui en rendit jusqu'à trente deux livres. Ce mode de terminaison est le seul qui puisse guérir les malades , car il est impossible de provoquer la résorption du liquide exhalé; aussi tous les efforts des médecins doivent tendre à imiter le procédé de la nature. Mais auparavant il faut bien reconnaître la cause de l'aménorrhée, en faisant une exploration attentive, qui permette de constater l'existence d'uue membrane , d'une cicatrice , etc. La méthode curalive est alors tout indiquée : il suflit de détruire l'obstacle, soit à l'aide de l'instrument tranchant, soit par tout autre procédé.
Aménorrhée par rétention. Cette affection, qui ne reconnaît plus pour cause un obstacle à l'écoulement du sang, mais qui est l'elfet d'un défaut d'exhalation de ce liquide à la surface interne de l'utérus , ne s'observe que chez les jeunes filles ; mais elle ne constitue jamais par elle-même une maladie : elle n'est qu'un effet, un symptôme d'uue autre affection qui l'a précédée.
Le plus ordinairement elle reconnaît pour cause la chlorose ou Vanémie, maladies caractérisées toutes les deux par une diminution de la proportion des globules rouges du sang. Les affections cachectiques , les scrofules, le scorbut, la syphilis constitutionnelle, la tuberculisalion pulmonaire, la diathèse cancéreuse , la cachexie paludéenne, en un mot, toutes les alfections qui détériorent la constitution y donnent naissance ; le tempérament nerveux et irritable , l'hystérie , agissent de même. Enfin , et par une disposition fort singulière, la pléthore, état opposé à l'anémie, coïncide quelquefois avec l'aménorrhée, et parait en être la cause.
Les effets qui résultent de cette rétention sont très-variables, et se confondent avec les symptômes de la maladie première. Généralement cependant les malades éprouvent des douleurs lombaires, un malaise général, de l'oppression, des palpitations; quelquefois des phénomènes nerveux se manifestent , le caractère s'altère, s'aigrit, des attaques de nerfs éclatent; enfin, c'est dans ces cas que l'on assure avoir observé des hémorrhagies supplémentaires, c'est-à-dire qui sembleraient avoir pour but du remplacer l'hémorrhagie absente ; de ce genre seraient quelques variétés d'épistaxis, d'hématémèses , d'hémoplysies, et enfin les prétendues sueurs sanglantes.
La rétention est dite incomplète quand il se manifeste tous les mois une fluxion utérine, qui avorte ou qui n'est suivie que d'un
FARHÉE ne
écoulement de quelques gouttes de sang, et qui laisse la malade en proie à des accidents semblables à ceux de la rétentiou complète.
Cette menstruation douloureuse et i m par laite se nomme dysménorrhée.
L'aménorrhée par rétention , complète ou incomplète, est très-facile à reconnaître , mais moins facile à guérir. Dans tous les cas , on ne devra le plus souvent s'occuper que de la maladie dont elle est le symptôme, et dont la guérison , si elle est possible , sera infailliblement suivie de l'éruption des règle*. Ainsi, si l'on parvient à guérir la chlorose, l'anémie, par l'emploi des toniques, des ferrugineux, par l'exercice, un régime substantiel et une hygiène appropriée , on verra promptement l'aménorrhée disparaître; il en sera de même si l'on parvient à modifier l'état scroful eux, scorbutique des malades. Dans tous les cas, il conviendra d'ajouter au traitement, et comme moyens agissant plus particulièrement sur l'utérus , les médicaments désignés sous le uom à'emménagogues , tels que l'armoise, le safran, l'absinthe, la tanaisie, l'aloës, Il rue, la sabine, que l'on donnera en tisane, en potions , etc. On pourra employer égalementdes fumigations déplantes aromatiques, des bains chauds, des pédiluves irritants, des sinapismes. Il est bien entendu que des moyens antiphlogistiques ( saignée, etc. ) ou antispasmodiques ( musc , castoréum ) , seraient indiqués dans les cas où l'aménorrhée reconnaîtrait pour cause la pléthore ou une affection nerveuse, comme l'hystérie.
Aménorrhée par suppression. Cette espèce est la plus commune de toutes; c'est celle qui se manifeste chez les femmes qui ont déjà été réglées. Toutes les causes que nous avons énumérées dans le paragraphe précédent peuveut lui donner naissance; mais de plus elle reconnaît aussi la foule si nombreuse des maladies organiques de l'utérus lui-même, telles que la congestion, l'inflammation de cet organe , son engorgement chronique, sa dégénérescence cancéreuse, etc. ; quelquefois aussi elle est le résultat d'une maladie des ovaires ou des organes voisins de l'utérus. Enfin, il n'y a pas une seule maladie aiguë grave , comme la fièvre typhoïde , les fièvres éruplives , la pneumonie . etc., qui ne produise une suspension des règles pendant un ou plusieurs mois.
Dans ces derniers cas, les règles se suppriment ordinairement d'une manière brusquée! complète pour reparaître plus tard. Dans les affections chroniques de l'utérus, au contraire, les congestions mensuelles diminuent progressivement et s'éteignent ; et la fonction se supprime souvent sans retour.
L'important n'est pas de constater l'absence des règles, mais d'en déterminer la cause.
117 AMÉNORRHÉE
Ce diagnostic ne peut être établi , comme on le conçoit , que par la réunion de tous les symptômes observés chez les malades, et par l'appréciation exacte de chacun d'eux , opération difficile, qui demande toute l'habileté du médecin, et «pie nous ne pouvons pas même indiquer; car il nous faudrait passer en revue presque tout le cadre de la pathologie.
Quoi qu'il en soit , nous devons dire que l'aménorrhée qui tient à des causes générales curables , telles que la chlorose , l'anémie, est susceptible elle-même de guérir, mais qu'il n'en est pas de même de celle qui tient à des affections organiques, telles que le cancer, les tubercules; que dans ces circonstances il est presque impossible d'obtenir le retour des règles, et que daus tons les cas ce retour, s'il était possible, serait sans aucune influence avantageuse sur la maladie principale.
Pour ce qui est du traitement, nous ne pouvons que répéter ce que nous avons dit dans le paragraphe précédent à propos de l'aménorrhée par rétention.
D r Racle.
amenthès. (Mythologie.) AMeNTé ou AMeSTHi. Ifom de l'enfer égyptieu,donl l'Hadès des Grecs, avec son I>thé, son Cocyte , son Tartare et ses Champs-Élyséens, semble être une imitation introduite, selon Diodore (l), dans la religion des Hellènes par Or* pfiée et les instituteurs des mystères .
Le nom tfAmenté s'est conserve dans la langue copte, et on l'y trouve employé dans les traductions de l'Ancien et du Nouveau Testament pour exprimer l'enfer (2). Plutarque dit que les Égyptiens nomment Amenthès le lieu souterrain où ils croient que les âmes se rendent après la mort ; et ce nom, ajoute-t-il , signifie celui qui reçoit et qui donne (3). Il existe en efiet en copte les verbes amorti, apprehendere, et Ti, dare (4). Il est douteux cependant que telle soit la véritable étymologie de ce nom, bien que Plutarque l'ait probablement recueillie de quelque interprète égyptien. Mais les hiérogrammate* semblent avoir été conduits par la nature de leur écriture à jouer sur les divers sens que les mots de leur langue pouvaient présenter à l'oreille et à chercher des analogies d'idées , là où il n'existait qu'on rapport fortuit de sons. C'est ce que Von peut inférer de plusieurs des interprétations des hiéroglyphes d'Horapollon. lablonski (5) a émis la conjecture que le nom d'Amenthé n'était que celui VÉment, l'Occi-
(i) UhXl. 1, 96.
(«) Strach., XI, XtH.-SalntLuc, XVI . ^ef. Ap., I. tf, etc.
(S De Itid., % î9.
(I) l'eyron. Lexic. Copl. t p. s.
p) Panthton égyptien.