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A M MON

AMPHIARAUS

Amosis, dans la vingt-deuxième année de son règne, fit ouvrir des carrières pour la construction du temple d'Ammon à Thèbes. Ses successeurs immédiats, les Aménopliis et les Thouthmogis, qui précédèrent les Rhamsès, joignaient à leurs noms les titres d'aimé ou d'approuvé d'Ammon, seigneur des trônes du monde ou souverain des dieux. Les princesses de leur famille ne montraient pas une dévotion moins grande àcette divinité, comme le témoignent même leurs noms Amoun mait, Amounset, etc : Calmée ou la fille d'Ammon. Leurs cartouches royaux sont souvent surmontes du disque et des deux plumes, symboles de ce dieu. Parmi les sépultures les plus splendides retrouvées dans la Vallée des Reines, près de Thèbes, quelques-unes paraissent avoir appartenu à ces Pallades ou prêtresses d'Ammon dont parlent Hérodote (I, 182 ) et Strabon (XVII, 88), que l'on choisissait parmi les jeunes filles les plus belles et les plus illustres par la naissante, et qui consacraient au dieu leur virginité, comme cela avait lieu à Babylone dans le temple de Bélns.

U parait que, vers le milieu de cette même dix-huitième dynastie, une révolution religieuse interrompit quelque temps le culte d'Ammon ; car sur plusieurs monuments qui appartiennent à cette époque l'image du dieu est muulée avec intention. Peut-être fut-ce durant un retour agressif des peuples pasteurs, qoi, selon l'historien Manéthon, soumirent la religion égyptienne à une persécution plus violente que lors de leur premier séjour, mais de courte durée. Le culte d'Ammon fut rétabli, et se maintint à Thèbes durant une lougue suite de siècles. Il était pratiqué lors du voyage d'Hérodote, et des documents grecs contemporains des Lagides constatent que sous les rois grecs les processions annuelles d'Ammon avaient toujours lieu selon l'antique usage.

Dans les premiers siècles du christianisme, on voit figurer sur les monuments gnostiques le nom de Chnouphis, qui est, ainsi que nous l'avons dit, une des (ormes d'Ammon, et qui, par son essence, plus spiritualiste que celle des autres divinités égyptiennes, pouvait mieux s'assimiler aux dogmes nouveaux et leur servir de manteau dans les moments de persécution.

L'oracle d'Ammon en Libye, queSémiramis avait, dit-on, visité, était encore dans toute sa réputation au temps d'Alexandre , lorsque le conquérant macédonien bravait avec son armée les fatigues et les dangers de la traversée du désert pour le consulter en personne, et se décorait du titre de fils de Jupiter, dont le prophète du dieu l'avait salué. Les cornes de bélier qui sur les médailles accompagnent souvent la tête des rois macédoniens succes-

seurs d'Alexandre rappellent cette circonstance et le culte d'Ammon. .Mais avant même la naissance de Jésus-Christ l'oracle d'Ammon, ainsi que la plupart des anciens sanctuaires fatidiques, était à peu près tombé; ce que Strabon attribue à l'extension de la domination des Romains, qui n'avaient confiance qu'à leurs augures et aux vers sibyllins.

Wl. B. de P.

kMPBiknkiis. (Mythologie.) Fils d'Apollon ou d'oïclès, et d Hypermneslre, ou de Cly temnestre ( I ) ; mari d'Eriphyle ; père d'Alcméon, d'Ampliiloque, d'Eurydice et de Démonasse. Virgile (2) lui donne encore trois lils, Ti* burtus , Catillus et Coras , qui furent les fondateurs de Tibur (3). Descendant de la race des Mélampodides d'Argos, Amphiaraus figura parmi les chasseurs de Calydon, et prit part à l'expédition des Argonautes. Doué de la connaissance de Tavenir,il avait l'art d'interpréter les songes, et prévit ainsi la malheureuse issue de la guerre contre Thèbes. Mais il fit en vain tous ses efforts pour s'abstenir d'y prendre part. 11 était convenu avec Adrasle, roi d'Argos, de s'en rapporter sur ce sujet à la décision de son épouse Ériphyle, et celle-ci , gagnée par Polynice, au bénéfice de qui s'engageait celte guerre, et qui la séduisit par le don du fameux collier qu'Harmonie avait autrefois reçu de Vénus, prononça qu'Amphiaraùs devait accompagner les autres chefs à cette fatale expédition. Il y alla. Toutefois, prévoyant le triste sort qui l'attendait , il chargea son fils Alcmœou d'ôter la vie à Ériphyle pour la punir d'avoir sacrifié son époux à une puérile vanité. Amphiaraus, arrivé devant les murs de Thèbes, y accomplit son destin. Poursuivi dans un combat par leThébain Péryclirnène, il s'enfuit le long des bords de l'ismènc, espérant échapper à son ennemi; mais, parvenu au lieu où s'éleva plus tard la ville de H aman, la terre s'entr'ouvritpar l'ordre de Jupiter, qui voulait faire un dieu d'Amphiaraùs, et engloutit le devin et son char (4). — Amphiaraus reçut les honneurs divins dans plusieurs localités. A Orope, c:t Béotie, iJ avait un temple magnifique, où il rendait des oracles. Ce temple s'élevait non loin d'une source qui était consacrée au devin, et près de laquelle , disait-on, il était sorti des entrailles de la terre pour s'élever vers l'Olympe. Les réponses de l'oracle se rendaient là sous la forme onéiromantique, c'està-dire par l'intervention des songes. Ceux qui venaient le consulter immolaient un bélier, s'endormaient sur la peau de la victime, et

(1) Pau*, éd. Clavier, t. Il, p. M. - Hygln., F., To, 350 — Apoll., 1, 8, t.

(1) Én., VII, 671.

(S) Pline, XVI. U. ST.

(4) Piod.. Olymp., V|, u et Mq.; Nem., IX, 11, seq. - Plut., Paratl. gr. et r. M*., 6. - Cic., De Div., I, 40.

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recevaient pendant leur sommeil la révélation attendue (1). Il y avait aussi à Argos un temple consacré à Amphiaraùs , qui avait encore un héroon à Sparte (2). On voyait sa statue dans un temple d'Orope , dans le Tholus d'Athènes ; son char avait été consacré dans le temple de Delphes (3). Sur le trône d'Apollon Amycléen on avait sculpté le combat d'Araphiaraûs et de Lycurgue, fils de Pronax (4).

Enfin , sur le coffre de Cypsèle , le héros devin était représenté quittant sa demeure , le pied sur son char , l'épée nue à la main , tourné vers Ériphyle, qui tenait encore le collier d'Harmonie (5), et lui témoignant, par ses regards irrités, tout le ressentiment qu'il avait conçu contre elle. Plusieurs monuments parvenus jusqu'à nous, urnes étrusques, terres cuites, pierres gravéesou vases italo-gvecs, nous offrent des épisodes du mythe d' Amphiaraùs (6).

amphion. ( Mythologie.) Plusieurs personnages des temps mythiques ont porté ce nom. C'était celui de l'un des Argonautes, fils d'Hypérésius et frère d'Astérius, de Pallène en Achaïe (7) ; puis, encore, d'un roi d'Orchoméne , fils de Jasus , époux de Perséphonéet père de Chloris (8). Les poètes épiques le distinguent de l'Amphion thébain, dont nous allons parler tout à l'heure, tandis que les traditions plus anciennes les confondaient probablement tous deux (9). Le troisième Amphion , le plus célèbre de tous ces personnages , était fils de Jupiter et d'Antiope , fille de Nyctée. Selon les uns, A nliope, séduite par Jupiter et devenue enceinte, s'enfuit à Sicyone, chez Épopée ou Épaphus, qui la prit pour femme. Nyctée, désespéré du déshonneur de sa fille , se donna la mort; mais seulement après avoir recommandé à son frère Lycus de punir Antiope. Lycus obéit, alla assiéger Sicyone , tua Epopée , -et ramena Antiope à Éleuthères , où elle mit au monde deux jumeaux, qu'elle exposa après leur naissance. Les deux enfants furent trouvés par un bouvier, qui les appela Amphion et Zé* thus (10). Suivant une antre tradition (il),

(1) Pans., 1. 1, p. us.

(t) ld., t. I, p. 484; II, 96.

(3) Id., t. I, p. SI, «44; V,88l.

(4) ld., t. II. p. 1«8.

(«)Id., t. III, p. 197. — Cf. Oltf. Millier, Gttch. Hellen. St., I. p. 146, 486; Meyer, Cesch. cUr &1tnste, II. p. 16.

(6) ADtonloll. Antica Gemma Etr., Pis. 1786. - Wlnckelmao, il/., I, p. Ut.— ScotU, Illutt. d'un vaso italO'ffreco t Nap. 1811. — Millengen. Div., 90, tl. — Insr' lrami, Mon. Et., I, p. 183 et 649. — Ann. dell' Intt.Archeoloç., 1889, p. Ml. — Gerhard, Mém. de l'Aead. de Berlin, 1896, p. 858 sqq., et pl. 1-1V.

(7) A poil.. A., 1, 176. — Orph., A., 9i4.

(8) Hom., Od., XI, S83.

(9) OUI. MÛUer. Gesch. Hellen. St., 1. p. 931, 870 - Kosth., ad Hom., p. 1684. 18.

(10) Apollod., L. IU. 8. ».

( «») Hyg-, F., 7.

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