AMPHION
Antiope, femme de Lycus, avait été déjà violée par Épopéus , et répudiée par son mari , lorsqu'elle céda à l'amour de Jupiter. Dircé, seconde femme de Lycus , Tayaut fait charger de fers ; Jupiter la délivra , et la conduisit sur le mont Cythéron , où elle eulanla ses deux fils.
Amphion, ayant reçu la lyre, soit d'Apollon , soit de Mercure , soit des Muses , devint un chantre célèbre, tandis queZéthus chas* sait ou gardait les troupeaux (I). Ils fortifièrent Eutrésis , bourg près de Tbespies, et s'y établirent (2). Antiope, cependant, était toujours prisounière, accablée de mauvais traitements par Lycus et Dircé. Enfui, elle parvint à s'enfuir, et se réfugia auprès de ses fils, qui, l'ayant reconnue, résolurent de la venger. En effet , ils s'emparèrent de Thèbes, tuèrent Lycus , attachèrent Dircé aux cornes d'un taureau furieux, qui, d'après un fragment d'Euripide (3) , la traîna à travers les rochers et les forêts du Cilhéron , puis jetèrent son cadavre dans une fontaine, qui prit le nom de la victime, à laquelle elle servit de sépulture. Devenus maîtres de Thèbes, après en avoir chassé Laïus (ou Cadmus) (4), ils fortifièrent la ville conquise, et l'entourèrent de murailles. Zéthus, qui était robuste, apportait d'énormes pierres; mais Amphion chantait en s'accompagnant de sa lyre , et des pierres plus grosses encore quecelles que pouvait soulever son frère venaient d'elles-mêmes, à ses accents, se ranger les unes sur les autres (5). Amphion épousa Niobé, fille de Tantale, eut d'elle sept (ils et sept filles, qui périrent sous les traits d'Apollon et de Diane. Sa mort est racontée de différentes manières. Selon les uns, il fut tué par les Spartiates (6) ; d'autres disent qu'ayant attaqué le temple de Delphes, de concert avec Phlégyas , qui voulait venger sa fille Coronis, déshonorée par Apollon, il tomba sous les coups du dieu (7) ; selon d'autres, enfin, il se donna la mort dans le désespoir où il était d'avoir vu périr toute sa postérité (8). On croyait que la vengeance des en» fants do Latone avait poursuivi Ampliion jusque dans les enfers (9). Cependant il fut placé avec son frère parmi les astres (10). Le tombeau commun d'Amphion et de Zéllios se voyait près de Thèbes au temps de Pausanias (11). Le musée de Florence possède
(i) Hor., Ep., I, xvin, 4i.
(9) Steph. Byr , *. v. Evzçrpiç,.
(5) Eurlpldls Fragmenta, éd. Flrrato Dldot, p. 669. (4) Syoc, p. 657.
(6) Apoll., A.. 1,740. — Hor., A. Pfféff.,394.
(6) Schol. Eurip., Phœn., 16S.
(7) Hygln., F., 9.
(8) O»., Jlfrt..VI,970.
(9; Pans., éd. Clavier, t. V, p. 31.
(10) Art., Pfuen. Gcraian. C. - tutcrprelt. Gemini.
(11) Paua., t. V, p. 96.
ÀMPHION - AMPHITRYON
une statue d'Amphion pleurant ses enfants.
Mais c'est surtout le supplice de Dircé qui a fourni au ciseau d'Apollonius et de Tauriseus le sujet d'un groupe en marbre , le plus grand morceau que l'antiquité nous ait légué. Cette sculpture, retrouvée au milieu du seizième siècle, et connue sons le nom de Taureau Farncse (1), est placée maintenant dans le musée de Naples. Un médaillon de bronze de Tlijatire en Lydie (2) et un camée fragmenté du musée Borbonico , une pierre gravée publiée par Gori (3) et reproduite par Millin dans sa Galerie Mythologique (4) représentent le fait d'une manière à peu près identique. Plusieurs vases italo-grecs représentent Amphion et Zéthus avec leur mère Antiope.
N.des V.
amphitrite. (Mythologie.) Amphitrite , que quelques mylhographes comptentau nombre des Néréides (5), tandis que d'autres la regardent comme uneOcéanide (6), était la déesse de la mer, le Neptune féminin. Dans Homère, Neptune n'a pas encore d'épouse ; le mythe de son union avec Amphitrite est d'invention plus récente. Demandée en mariage par le dieu des mers, la jeune immortelle, cédant aux alarmes de sa pudeur, s'enfuit chez Atlas.
Neptune envoya à sa recherche quelques-uns des habitants de son empire. Le dauphin, plus adroit on plus zélé que les autres, la trouva, la ramena, et le dieu l'en récompensa en plaçant son image parmi les astres (7). D'après one autre tradition, Amphitrite n'eut pas le temps de prendre la fuite, et Neptune l'enleva pendant qu'elle dansait avec ses compagnes dans l'Ile de Naxos (8). La résistance opposée par Amphitrite aux vœux de son divin amant ne rempécha pas de l'aimer quand il fut son époux. Devenue jalouse de la nymphe Scylla, elle jeta dans la fontaine où celle-ci se baignait des herbes magiques , qui métamorphosèrent sa rivale en un monstre affreux (9). Amphitrite donna à Neptune trois enfants : Triton, Rhode et Benthesicyme (10). La plastique, qui a souvent reproduit cette déesse, lui accorde une beauté semblable à celle de Vénus; mais il est facile de la reconnaître au réseau qui retient ses cheveux, et aux pinces d'éc revisse de mer placées au sommet de sa tête. Elle avait une statue dans le temple de Neptune, sur l'isthme de Co riuthe(ll), une autre statue, ouvrage deGlau-
(I) Heyne, JUém. sur l'archéologie classique, II, p. i«, «17.
tf) Bckhcl.fte Numis veter. Anecdot., Ub. te, n. t. (S) Colnmbar. Livlx Prsef., p. xxxv.
(») Pl. CXL, In. 51*.
(S) Hé»iod., Théog., M.- Apoll., 1,1,7.
(«; Apoii., 1. 1. a; i, 4. e.
(7) Ératosth., Catast., 3i.— Hjr.. Aitr. Poet., II, 17. (S) Eut, ad Hom., p. 1458, 4o.
t») Tietx., Lycophr., XLS, 619.
(10) Besiod., Theoç., 930.— Apoll., 1,4,6; Uf, 14,4.
(II) Paus., éd. Clavier, 1. 1, p. 331.