AMPHITRYON
d'un renard furieux qui ne pouvait être atteint à la course; ainsi l'avait décidé le destin. Amphitryon alors emprunta à Céphate , roi d'Athènes , un merveilleux chien, qui, de son côté, tenait du destin la faculté d'atteindre nécessairement la proie qu'il poursuivait. La chasse commença, et il est fort difficile d'imaginer ce que ce même destin aurait décidé entre deux arrêts aussi contraires, si Jupiter n'eût tranché la difficulté en changeant en pierre le chien et le renard. Créon s'exécuta de bonne grâce ; l'expédition eut lieu , et le pays des Taphiens fut ravagé de fond en comble. Toutefois, il ne pouvait être soumis tant que vivait Ptérélaûs, et Jupiter avait caché dans sa chevelure un cheveu d'or qui le rendait immortel. Il fallut, pour triompher de cet obstacle, la trahison de sa fille Cornétho, qui, s*étant éprise d'amour pour Amphitryon, coupa le cheveu fatal, et livra ainsi la vie de son père. Amphitryon partagea le royaume du vaincu avec ses alliés Céphale et Héleius; mais plein d'horreur pour la parricide dont le crime lui valait la victoire, il la fit mourir. Puis pour apaiser les dieux il consacra, avec sa part du butin, un trépied dans le temple d'Apollon Isménien, àThèbes (1). Cependant Alcmène attendait son époux. Jupiter, qui l'aimait, saisit cette occasion ; il prit la ressemblance d'Amphitryon, se présenta à sa place, et annonçant à Alcmène le succès de sa vengeance, il passa près d'elle une nuit qu'il fit durer autant que trois nuits ordinaires. Amphitryon revint à son tour, et reconnut aux propos de sa femme qu'elle avait été victime d'une erreur fatale à son honneur. Le devin Tirésias lui apprit que c'était le père des dieux qu'il avait pour rival, et ueuf mois après Alcmène mit au monde deux jumeaux : Hercule, qui était fils de Jupiter, et Iphiclès, qui était fils d'Amphitryon. Amphitryon fut tué en combattant, avec Hercule, contre Erginus, roi des Minyens. On voyait à Thèbes au temps de Pausanias les ruines de sa maison (2) et son tombeau (3). Le mythe d'Amphitryon a été plusieurs fois le sujet de peintures ou de sculptures dans l'antiquité ; mais il est presque toujours dépendant du mythe d'Hercule, protagoniste des représentations de ce genre (4).
N.des V.
anachronisme. (Histoire littéraire.) De àv£, à rebours, et xpma(u><, laps de temps. Un anachronisme est une erreur dans la sup-
(i) Hérod., V. M.-Païu., t. V, p. Sft.
(I)ld., t. V,p.69.
(S) Id., t. I, p. sss. — Cf. ApoU., II,*, Ht; Bon., Orff a.,XI, m et seq.; Ha.Scut. Here., ab inlt.; Eus!., ad. Hom., p. 308 et lt«i Scbol. Plnd., Nem., X. ** ; Dlod., IV, 9; Hyg., F., ta, ilk; Ottf. MiiUer, Cesch. Heifen. St., p. «07.
(4) Voy. Mtu. Pio-Clemmt, t. IV, XXXVII, XXXVII 1 et XXXIX; Musco Borbon., IX, S4; D'Hancarirille, V, 106.