‹ Encyclopédie moderneChapitre 56 sur 308 · ANACHRONISME — ANCYRE · texte numérisé non relu

ANACHRONISME — ANCYRE

au pas des Thermopyles, des maréchaux de camp. Bref, il n'est pas jusqu'à la Campante dont Une fasse la Champagne (t). » Ces expressions dépaysées produisent l'effet d'un travestissement. Les mots ne répondent plus aux choses, la couleur locale disparaît, les époques se confondent : c'est un anachronisme littéraire. 11 y a aussi des anachronismes épigraphiques : ainsi on a traduit par fabricant de lunettes l'expression latine faber oculorar rius, qui signifie un fabricant d'yeux d'argent, comme on en fixait dans la tête des statues ( Qréïïi,' amplin. coll. n° 4 185 ) . Mais.qu'est-ce que ces anachronismes en beaux-arts, en épigrapbie, en littérature, auprès de l'anachronisme en morale et en religion ? Celui-ci est de la pire espèce. Quoi de plus triste en effet que de voir une jeune épouse se parer comme une Phryné, un publiciste se poser en Brutus , un magistrat se donner des airs d'Alcibiade? Est-il un anachronisme plus inconséquent et plus funeste que de vivre de la vie païenne , en disciples d'Aristippe et dtpicure, à une époque où la philosophie et la religion s'unissent pour élever les âmes et purifier les mœurs ? Deh.

anceiesmë. ( Géographie anc.) Au nordest d'Athènes s'élève une haute colline , au pied de laquelle on a construit il y a quelques années le palais du roi de Grèce. Celte colline est appelée par les Grecs modernes la montagne de Saint-George; mais les ançjeos voyageurs , Spon , Wheler, Chandler, avaient cru pouvoir y reconnaître le mont Ancbesme, sur lequel, d'après Pausanias, on rendait un culte à Jupiter, qui en avait pris le surnom de Jupiter Anchesmien. Quelques antiquaires ont contesté dernièrement ce point de peographieancienne, et ont vu dans cette montagne le Lycabette, dont Platon semble avoir parfaitement déterminé la position lorsqu'il dit dans le Critiai : « Autrefois l'Acropolis s'étendait jusqu'à PÉridan et l'Uyssus, puis se terminait au mont Lycabette. Ses limites du côté opposé étaient le Pnyx. » Il était en effet difficile de préciser la question d'une manière plus absolue. Le rocher de l'Acropole, couronné des belles ruines du Parthénon , est terminé au couchant par le Pnyx, dont il parait même avoir été détaché violemment par quelque cataclysme, ainsi que le dit Platon dans le même* passage. Au levant , il n'est séparé du mont Saint-George , successivement pris pour l'Anchesmc et le Lycabette, que par une étroite vallée. Voilà donc ses deux limites bien reconnues, puisque de tous les autres côtés le rocher est bordé par la plaine. Cependant, on a trouvé au pied du mont Saint- George une inscription antique portant ces

CD M. Auédée Pommier, auteur de illoge d'Amyot couronne en is«.

mots : AIOE OPO£, montagne de Jupiter.

On peut concilier deux opinions qui d'abord sembleraient s'exclure, en disant que la colline nommée aujourd'hui montagne de Saint- George a été appelée par les anciens Grecs d'abord le mont Lycabette, puis plus tard le mont Anchesme. En effet ce dernier nom ne se trouve cité que dans Pausanias , auteur comparativement plus récent , tandis que Aristophane, Platon, Xénophon et d'autres encore parient du Lycabette comme d'une montagne trop importante dans le voisinage d'Athènes pour qu'on puisse la confondre, ainsi que Ta fait Chandler, avec la petite colline des Nymphes auprès du Pnyx.

A. N. des V.

anctre ( Monument d'). On désigne ordinairement sous ce nom la plus importante des inscriptions trouvées dans la ville d'Ancyre (aujourd'hui Angora), en Galatie, et Tune des plus longues de toutes celles que l'antiquité nous ait trausmises.EUe-offre un double texte , latin et grec, d'un écrit de l'empereur Auguste, n Après la mort de ce prince , nous dit Suétone, on apporta dans le séuat son testament... avec trois autres rouleaux scellés du même cachet. Une de ces pièces contenait des ordres pour ses funérailles; une autre l'état des forces et des ressources de l'empire ; la troisième , enfin , un sommaire de sa vie, qu'il ordonnait de graver sur des tables d'airain destinées à être placées en avant de son mausolée. » C'est précisément une copie de cette dernière pièce qui nous est parvenue, et que l'on a recueillie sur les murs du temple jadis élevé , dans la capitale des Galates , à la divinité de César Auguste. Malgré le vif intérêt qui devait s'attacher à une telle découverte, on peut dire que, commencée vers 1544, elle s'est seulement achevée de nos jours.

La transcription rapportée d'Orient par Busbecq, ambassadeur de Ferdinand auprès de la Porte-Ottomane , était fautive et incomplète , tant à cause du mauvais état où se trouvait déjà le monument, que par la négligence du copiste employé à ce travail. Celles qui suivirent, jusqu'à la fin du dix-septième siècle, n'apportèrent que peu de secours à la critique pour améliorer le texte, dont elle avait tout de suite compris l'importance. Ail'aide de meilleures copies, Fabricius d'abord (Notatio temporum Augusti, Hambourg, 1727), puis et surtout Chishull (Antiquitates Asialicœ, Londres, 1728), purent donner du monument d'Ancyre une reproduction plus complète et plus exacte. Mais c'est seulement dans ces dernières années qu'uue copie de la traduction grecque , aperçue jadis par Pococke , en grande partie découverte et publiée par M. Hamilton (Researches in AsiaMinor, etc.; London , 1842 ), a permis de remplir presque

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