‹ Encyclopédie moderneChapitre 57 sur 308 · ANDROMÈDE · texte numérisé non relu

ANDROMÈDE

toutes les lacunes du texte latin , d'en apprécier exactement l'étendue et la valeur historique. Restitué ainsi par les efforts de MM. Franz et Zumpt ('édition spéciale du monument, publiée à Berlin en 1845) et par M. Phil. Le Bas (Histoire Romaine, Paris, 1846, t. H, p. 481 et suiv. ), le Testament politique d'Auguste ne présente plus aujourd'hui qu'un petit nombre de lacunes ou de passages douteux, et l'on ne doit pas désespérer d'en obtenir un texte plus parfait encore, car, d'une part, la traduction grecque d'Ancyre n'a pu être jusque ici retirée tout entière des constructions modernes où elle se trouve engagée, et, de l'autre, quelques lignes d'une seconde traduction grecque, découverte à Apollonie de Pisidie ( Corpus Inscriptionum Grœcarum,n. 397 1 ), permettent de croire que les copies de ce monument étaient fort nombreuses sur le sol de l'empire romain, et qu'il pourra s'en retrouver ailleurs d'autres débris authentiques.

Quoi qu'il en soit, Y Index rerum gestarum divi Augusti est aujourd'hui un des actes les plus intéressants à consulter pour l'histoire de ce long et mémorable règne. L'auteur l'a écrit a soixante-seize ans, quelques mois avant sa mort, au sein d'une paix profonde et glorieuse , loin des agitations et des crimes qui avaient signalé la première moitié de sa vie, sous le coup récent, et pourtant affaibli , de grandes misères nationales et domestiques ; il l'a écrit d'une main calme et confiante, avec une simplicité de langage, qui ne se dément presque jamais, et qui parfois touche au sublime. Ce n'est pas à dire que nous ayons dans de telles pages un résumé fidèle en toutes choses du demi-siècle qui s'étend de la mort de César à celle d'Auguste. Au point de vue où il se place, l'empereur septuagénaire voit en beau des événements et des actes que l'histoire juge avec sévérité. Il omet absolument, ou il atténue par des expressions d'une étrange complaisance , tantôt certains désastres essuyés par les armées romaines, tantôt les horreurs de la guerre civile et des proscriptions; il se fait gloire de générosités envers le peuple romain , auxquelles sans doute sa fortune privée ne put suffire, et qui furent souvent payées sur l'argent des provinces et sur le produit d'odieuses confiscations.

Ce sont là les côtés et comme les aspects trompeurs du tableau. Mais rien n'autorise à douter de la sincérité d'Auguste quand il énumère ses victoires, celles de ses lieutenants, de ses fils et de ses petits-fils ; les jeux publics célébrés par lui ou par quelqu'un des siens, les temples relevés ou construits à neuf, beaucoup d'autres travaux d'art ou d'utilité publique. Le chiffre des divers recensements accomplis sous son règne, le

nombre des gladiateurs ou des animaux tues dans le cirque, celui des colonies fondées par lui en Italie et dans les provinces, le dénombrement des peuples rattachés par la guerre ou la diplomatie à l'alliance ou à fanion lé de Rome; tous ces détails doivent au nom même d'Auguste un caractère inestimable d'authenticité. La plupart, d'ailleurs, ne se retrouvent plus chez aucun autre historien.

Quelques lignes de récapitulation , tracées par un secrétaire après la mort de l'empereur, terminent le double texte d'Ancyre , et complètent en certains points le témoignage solennel adressé dans cet acte à la postérité. En lisant aujourd'hui le Testament politique d'Auguste, on s'étonne de n'y pas rencontrer un seul mot qui se rapporte à l'histoire des lettres. Ce prince apparemment n'avait pas oublié, dans le cours de son règne, les hommes de génie qui devaieut tant en relever l'éclat. Littérateur lui-même , il avait admis les Horace et les Virgile à l'honneur d'une familiarité délicate et affectueuse. Mais au dernier jour de sa vie Auguste se souvenait avant tout qu'il était le chef d'un peuple de soldats et de législateurs ; il ne parlait aux Romains que de leurs vieilles mœurs et de leurs vieilles institutions : Tu regere imperio populos, Romane, mémento; Hx tibi eruni artes, etc . Cette maxime que Virgile a mise en beaux vers, le silence môme d'Auguste y rend hommage; et en cela l'acte que nous avons appelé son testament politique est aussi une des plus vivantes images du génie qui a fait l'originalité de Rome et la grandeur de ses destinées.

Pour plus de renseignements sur les textes d'Aocjrc et sur les divers travaux dont ils ont été l'objet , on pourra consul 1er l'Examen critique des historiens anciens de la vie et du règne d'Auguste (Paris 1SM) et le Corpus Inscriptionum Grœcarum, n. *ow.

E. Egcer.

Andromède. (Mythologie.) Fille de Céphée, roi d'Ethiopie, et de Cassiopée.

Sa mère ayant osé disputer le prix de la beauté aux Néréides , ces nymphes prièrent Neptune de les venger de cette iusoleoce, et le dieu les satisfit en inondant d'abord le pays, et en envoyant ensuite un monstre marin qui y porta la désolation. Céphée alla consulter l'oracle d'Ammon, et obtint pour réponse qu'une seule victime pouvait apaiser le monstre et mettre fin à la calamité publique. Cette victime, c'était Andromède, qucledieu désignait pour ce fatal sacrifice, et qui devait expier, en devenant la proie du monstre, la folle vanité qui avait porté Cassiopée à se comparer à des immortelles. Malgré tout son amour pour sa fille, Céphée, contraint par ses sujets, dut obéir à l'oracle, et la jeune princesse fut

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