‹ Encyclopédie moderneChapitre 58 sur 308 · ANDROMÈDE — ANET · texte numérisé non relu

ANDROMÈDE — ANET

enchaînée à an rocher, pour y attendre l'horrible mort qui la menaçait. Persée, qui venait de combattre les Gorgones, et qui avait aux pieds les brodequins ailés de Mercure, traversait la mer, et passait au-dessus du roc sur lequel gémissait la jeune fille. Enflammé d'amour à sa vue, il tua le monstre, et délivra ainsi Andromède, dont il obtint la main pour prix de sa victoire. 11 en eut six fils : Perses, tige des Perses, la race d'or, comme les nomme Eschyle; Alcée, Sthénélus, Hélius, Nestor, Electryon, puis une fille, nommée Gorgophone. Après la mort de son époux, Andromède fut placée par Minerve au nombre des astres (1). On montrait son tombeau en Arcadie , près de celui de CalUsto. Mous parlerons à l'article Prrsbb des différentes manières dont ce mythe est rendu dans l'antiquité figurée.

andros. (Géographie.) (37-38 latit.

nord, 22-23 longit. est de Paris.) Llle d'Andros, aujourd'hui Andro, est une des Cyclades. Diodore (V, 79 ) fait venir son nom de Andros , général de Rhadamanthe , qui y amena une colonie; Étienne de Byzance le fait dériver d'Andriée, fils d'Ananios. C'est l'Ile la plus rapprochée de la pointe sud-est de l'Eubée (Négrepont ). Elle aenviron dix lieues carrées. Elle produit de la soie, du coton, de l'huile, du vin, de l'orge, des oranges et beaucoup d'autres fruits. La population est de 12,000 habitants grecs ou arnautes, répartis dans une ville et cinquante villages.

Le chef-lieu s'appelle Arna (2). Il a un port commode et accessible aux petits navires. C'est la résidence d'un évéque. On y trouve quelques ruines et des inscriptions qui mentionnent le sénat et le peuple d'Andros.

Sous la domination turque , l'Ile d'Andros était l'apanage d'une princesse impériale , et donnait 30,000 piastres de revenus.

Ferd. Hoefbr.

AN ENCEPHALE , ANENCÉPHALIB. Voy.

Monstre.

ANBSTHBS1E. Voy. ÉTHÉBISATION.

an et. ( Géographie et Histoire.) Bourg de France , dans le départemeut d'Eure-et-Loir.

C'est le chef-lieu de l'un des cantons de l'arrondissement de Dreux. Sa population est de 1,500 habitants. Dès le onzième siècle Anet apparatt dans l'histoire comme ancienne châlellenie, et une charte datée de l'an 1131, puis reproduite en 1167 et 1169, mentionne le nom d'un certain Simon d'Anet. Charles le- Mauvais, comte d'Évreux et roi de Navarre, possédait en 1340 les quatre châtellenies d'Anet, Bréval,

(l) Apolt., Il, iv, 3.— Arat., Phœn., 198. — Rratostb., Catast., 17. — Hyp.. Poct. Àiir., Il, 10, f. fi*.

(1) Il y avait beaucoup d'autres villes du nom d //m« : en Lycie , en Ombrie, m Espagne, en Thcssalie , en Beotle.

Monlchauvet et Nogent-le-Roi; en 1378 ce prince, accusé d'avoir voulu empoisonner le roi Charles V, vit ses terres confisquées et ses châteaux démolis. En 1444 Charles VII, voulant reconnaître et récompenser les services que Pierre de Brézé avait rendus à la France en chassant les Anglais de la Normandie, inféoda en sa faveur les quatre chàtellenies qu'avait possédées le roi de Navarre, moyennant redevance d'une baquenée blanche ou d'une somme de cent livres parisis, payable le I er mai de chaque année. Louis de Brézé , petit-fils de Pierre, étant veuf de Catherine de Dreux, épousa en 1514 Diane de Poitiers, à laquelle il laissa en mourant la jouissance de tous ses biens, et en 1552 le roi Henri II, voulant que la seule femme qu'il ait jamais aimée eût un palais digne d'elle et de lui, l'engagea à faire bâtir parle célèbre Philibert deLorme le château d'Anet. C'est là que Diane se retira après la mort de Henri II, et qu'elle mourut elle-même, en 1566. Anet échut alors à l'une de ses filles, qui avait épousé le duc d'Aumale. Charles de Lorraine, leur fils atné, obtint de Henri III qu'il érigeât Anet en principauté. Le roi consentit; mais les lettres patentes, datées de 1583, ne furent jamais entérinées. En 1615 Anet sortit de la famille de Brézé, après cent soixante-et-onze ans de possession : acquis à cette époque par Marie de Luxembourg, duchesse douairière de Mercœur, il fut apporté en dot par sa fille unique, Françoise de Lorraine, à César de Vendôme, fils naturel de Henri IV et de Gabrielle d'Estrée. Il appartint ensuite à la famille des Condé , puis au duc et à la duchesse du Maine. En 1775 le roi en fit l'acquisition, moyennant la somme de douze millions, et le céda plus tard au duc de Penthièvre. A l'époque de la révolution le château d'Anet fut mis en vente comme bien national. Il appartint successivement à divers particuliers, et est devenu en dernier lieu la propriété de M. le comte Adolphe de Caraman, qui en 1840 l'acheta de M. Passy.

Le contrat qui rendit M. de Caraman propriétaire du château d'Anet fut l'avènement d'une ère de salut pour tout ce qui restait de ce précieux monument. Construit aux plus beaux jours de la renaissance, par un artiste de génie, le château d'Anet a toujours été considéré comme une des plus charmantes créations de l'art français. Mais il était temps qu'un homme de goût, joignant à un profond sentiment des arts le culte de souvenirs historiques qui touchent à la fois au siècle brillant de François I er et aux bienfaisantes vertus du duc de Penthièvre, vint arrêter la destruction de ce chef-d'œuvre d'architecture , destruction qui menaçait de devenir bientôt complète.

Déjà, pendant la terreur, Anet avait souffert des mutilations qui semblaient irréparables.

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