ANTÉE
huitième dynastie. Anoukis y est représentée donnant le sein au jeune prince. D'autres dédicaces à cette déesse sont du temps de Nectanèbe, et d'autres d'Alexandre le Grand. Elles montrent la persistance des traditions religieuses des Égyptiens, qui sous les Ptolémées et les empereurs romains, en relevant leurs temples tombés de vétusté, les dédiaient aux mêmes divinités auxquelles ils avaient été consacrés dans le principe. L'assertion d'Hérodote indique donc seulement que de son temps l'assimilation d'Anoukis et d'Heslia n'avait pas encore été faite, et nous ignorons sur quels caractères communs elle se base.
Peut-être Hérodote n'a-l-il même pas connu cette divinité égyptienne, dont le culte parait restreint aux contins de l'Égypte et de la Nubie. Elle joint habituellement au titre de Dame ou Souveraine du ciel (t) ceux de dame d'Éléphantine (2) et de la Nubie. La coiffure de plumes variées qui la caractérise, assez semblable à celle des anciens Mexicains, était particulière aux Nubiens. Anoukis était adorée conjointement avec Chnoubis et Satis.
On les trouve réunis sur une chapelle en bois du musée égyptien de Turin.
W. B. de P.
ANTÉE. (Mythologie.) Géant libyen, fils de Neptune et de Grca ( la Terre). Doué d'une force prodigieuse, il semblait invincible à la lutte ; car chaque fois qu'il touchait la terre le contact de sa mère lui donnait une vigueur nouvelle. Les étrangers qui s'aventuraient dans ses domaines devaient lutter avec lui, et payaient de leur vie une défaite certaine. 11 bâtit avec les crânes de ses victimes un édifice consacré à Neptune. Sa force, sa taille immense (la fable lui donne soixante-quatre coudées de haut ) , sa cruauté n'effrayèrent pas Hercule, qui accepta le combat, et le renversa trois fois; mais chaque fois le géant, après avoir mesuré la terre de sou corps, se releva plus leste et plus vigoureux. Alors Hercule, comprenant que son adversaire empruntait à chaque chute une force nouvelle, le souleva de terre une dernière fois, et l'étouffa dans ses bras. Plus tard, dit-on, il transporta ses osa Olympie (3).
Tel est le mythe grec que M. Creuzer fait venir de l'Égypte en rapprochant Antée de Typhon (4), et c'est aussi l'opinion de M. Jomard, qui, dans la Description de l'Égypte publiée par le gouvernement français, s'exprime ainsi : « Typhon périt sous les coups d'Horus, dans les mêmes lieux où Antée était tombé sous ceux d'Hercule, le parent et le ministre
(0 Mon. de VÊg.. pl. XCI ter.
(S) Not. descript^ p. S».
(3) Apoll.. Il, v, 11. - Hyg.,F. si. — Dlod.,IV,lT. - Pind., Isthm., IV, 82 (87). - Lucan., Phars., IV, 490 ssq. - Eustath., ad Hom., p. 1700. - Mel., III, 10.
(4) Religions de l'Antiquité, 1. 1, p. **0 cl suiv.